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Développement local en Côte d’Ivoire/Un expert affirme : « La décentralisation est un échec total »

Par Jean Levry – Afrique Matin

Invité par les étudiants de l’Université internationale privée d’Abidjan (UIPA), à l’occasion de leur semaine socio-culturelle et sportive, Kouamé Yao Séraphin, Maire de la Commune de Brobo, région du Gbèkè (Centre, 15 km de Bouaké), a  animé, au sein de ladite université sise à Cocody- Riviera M’Badon, ce mardi 9 avril 2019, une conférence publique sur la décentralisation en Côte d’Ivoire.

 « La décentralisation : une solution négligée au mal-développement de la Côte d’Ivoire », tel est le thème autour duquel l’expert en décentralisation a instruit ses auditeurs. De prime à bord, le conférencier a affirmé que « la décentralisation est un échec total en Côte d’Ivoire ». Les raisons, selon lui, sont multiples. Les premiers facteurs résultent du fait les structures de l’administration locale ont été reconduites après l’indépendance. « On n’est pas sorti de la colonisation en terme de décentralisation », déplore-t-il, en dénonçant un manque de volonté politique parce qu’on a l’impression que « l’Etat a peur de la décentralisation ».

Toutefois, poursuit le conférencier, bien que la communalisation soit effective depuis 1980 et qu’on compte à ce jour 201 communes en Côte d’Ivoire, avec des Conseils régionaux, les collectivités décentralisées se sont vues transférer des compétences sans moyens de la part de l’Etat. « La fiscalité locale est inadaptée et les gouvernants rechignent à laisser la décentralisation aller jusqu’au bout », martèle-t-il.

Pour le premier magistrat de la commune de Brobo, un autre talon d’Achille de la décentralisation en Côte d’Ivoire est « la politisation de la décentralisation », car, poursuit-t-il, « le découpage des communes obéit à une logique politicienne ». Kouamé Yao Séraphin a expliqué aux étudiants venus nombreux l’écouter que « la question de l’autonomie des collectivités décentralisées est centrale »  si l’on veut que celles-ci participent pleinement au développement du pays. Car, il est anormal, selon lui, que le budget des mairies, une fois voté, doit être approuvé par l’Etat avant son exécution par le Maire. De même qu’il est inconcevable que ce soit seulement 0,5%  du budget national qui soit alloué aux collectivités, alors que « l’Etat aurait pu créer des pôles de financement pour celles-ci en élargissant l’assiette fiscale au niveau local ».

Très à l’aise sur son sujet, l’expert en décentralisation qui pose la problématique « comment faire pour que la décentralisation participe pleinement au développement de la Côte d’Ivoire ?» ou encore « l’émergence de la Côte d’Ivoire passe par l’émergence des collectivités locales » donne les pistes de solutions.

Il propose une réforme de la territorialité et du développement local, une réforme du mode d’élection des maires et des conseillers municipaux pour donner plus de pouvoir aux populations. Plus audacieux encore, il préconise « la suppression des sous-préfectures et des préfectures qui ne servent plus à rien aujourd’hui en 2020 ». Enfin, il propose une communalisation totale de la Côte d’Ivoire pour encore plus rapprocher le développement des populations avec en prime une réforme de la fiscalité des collectivités.

Notant que le jeune Maire de  Brobo, Kouamé Yao Séraphin est Diplômé de l’Ecole nationale d’Administration (ENA), Administrateur des services financiers, Doctorant en Droit, et Expert en décentralisation.

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