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Front Populaire Ivoirien/L’heure du bilan et de la réunification

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Par Nazaire Kadia (analyste politique)/Afriquematin.net

L’actualité ces derniers temps, c’est la disparition du premier ministre Hamed Bakayoko qui a succombé à « un cancer foudroyant ». Cette disparition de l’homme, allonge la liste des hommes politiques ivoiriens disparus depuis 2011 : Désiré Tagro, Bohoun Bouabré, Séry Bailly, Jean-Jacques Béchio, Marcel Gossio, Mahan Gahé, Aboudramane Sangaré, Abouo N’dori, Gaumon Diagou, Dibonan Marcel, Gon Coulibaly, Sidiki Diakité…et aujourd’hui Hamed Bakayoko. Que Dieu dans son infinie miséricorde leur accorde son pardon !

L’actualité, c’est également l’épilogue de la campagne législative du 6 mars dernier. Une première, depuis 2011 qui a vu la participation de tous les partis politiques significatifs du pays et surtout qui ouvre la voie du premier mandat de la troisième république, entériné par tous.

Chaque parti, à n’en pas douter, fera à son niveau le bilan, en tirera les leçons pour se projeter sur demain. Pour le Front Populaire Ivoirien (toutes tendances confondues), la moisson a été maigre au-delà des soupçons légitimes qu’on pourrait avoir à l’endroit de l’organe organisateur des élections et du juge de ces élections.

Dix (10) années d’absence sur le terrain des élections pour la tendance FPI-EDS, laissent des séquelles et des difficultés à surmonter. L’eau a coulé sous le pont et les responsables de cette entité du FPI ont dû noter que les choses ne sont plus ce qu’elles étaient ou auraient dû être. Beaucoup d’électeurs, ont migré ailleurs soit pour préserver « le tabouret », soit au nom d’une mystique du développement local, soit encore ont vu leur ardeur émoussée du fait de nombreuses années d’inactivité.

En 2010, les électeurs, âgés de 20 à 25 ans, ont aujourd’hui 30 ou 35 ans, un âge où la préoccupation essentielle est la recherche de réponses aux préoccupations existentielles. Ceux qui avaient 10 à 15 ans, sont aujourd’hui âgés de 20 et de 25 ans. Ils n’ont nullement été imprégnés du combat et des idéaux défendus par le FPI. Pour ceux-ci, les convictions, la croyance à un idéal ou la noblesse d’un combat n’ont aucune espèce d’importance.

Les élections auxquelles ils ont participé d’une façon ou d’une autre, ont été marquées par la distribution à tout va d’espèces sonnantes et trébuchantes ou de babioles. Formatés par cette façon de faire la campagne, ils ne pouvaient nullement avoir d’oreilles pour un discours sur la noblesse d’un quelconque combat. Ceux qui étaient sur le terrain ont dû faire la remarque.

Quant au FPI tendance Affi, il a participé à toutes les élections depuis 2011. Les résultats obtenus n’ont jamais été à la hauteur des attentes. La dernière est la plus catastrophique où il s’en sort avec seulement deux (2) députés.

Mis ensemble, le résultat des deux tendances aux dernières élections législatives n’est guère flatteur. Face à cette situation, faut-il continuer d’entretenir ce schisme inutile ? Ou tout au contraire ne faut-il pas changer de fusil d’épaule ?

L’heure est arrivée pour que chaque tendance fasse son examen de conscience en examinant le bilan de ses actions depuis 2011. Ces actions ont-elles eu une quelconque influence sur la gouvernance du pouvoir RHDP, ou sur les grandes décisions qui impactent la vie des ivoiriens ? Peut-on mesurer la portée de ces actions au-delà des déclarations dans les journaux ? Ce qui est certain, les ivoiriens, désemparés et désespérés ont vainement cherché un porte-voix…mais il n’en eut pas.

L’heure a donc sonné pour fumer le calumet de la paix et donner une chance à la réunification. L’antagonisme inutile a fait régresser l’estime du parti dans l’opinion publique nationale.

Beaucoup de personnes estiment que le retour du président Laurent Gbagbo sera l’acte fort qui permettra la réunification du FPI. Cela est vrai. Mais les dirigeants des deux tendances doivent décharger Gbagbo de ce fardeau. L’homme a souffert le martyr et il ne serait pas bon d’en rajouter à sa croix. Ces dirigeants ont l’impérieux devoir de prendre des initiatives pour le rapprochement, dans un esprit d’ouverture, pour tracer les sillons, rendre droit les sentiers tortueux, aplanir les collines et Laurent Gbagbo viendra pour parachever ce qu’ils auront commencé. Le salut du FPI en dépend. Mais il y a  eu un matin en Eburnie, il y aura assurément un soir et l’ivraie sera séparé du vrai.

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