Elections municipales à San-Pedro : de graves révélations sur le Préfet.

 Réalisée par Fatime Souamée – Afrique Matin.Net

Après les élections municipales du 13 octobre 2018 qui ont fait couler beaucoup d’encre et de salive, le maire de San-Pedro M. Nabo Clément fait le grand déballage dans une interview exclusive accordée à Afriquematin.net.

Afriquematin.net : Des rumeurs nous parviennent de façon récurrente que San-Pedro traverse le calme avant la tempête, suite aux élections régionales et municipales entachées d’irrégularités.   M. le Maire, ces rumeurs sont-elles fondées ou pas ?

le Maire Nabo Clément : Effectivement, la ville de San-Pedro est dans la psychose totale après les élections du 13 octobre 2018 derniers.

Quelles sont selon vous, les raisons de cette psychose ?

Vous savez San-Pedro me connait et je connais San-Pedro. Il y a eu fraude massive lors de l’élection municipale à San-Pedro. Depuis lors, les populations se sentent frustrées. Elles réclament justice par le rétablissement de la vérité.

Quelle vérité M. le maire ?

Celle de donner les vraies résultats des élections où je suis le vainqueur, car les PV le montrent très clairement. Les populations se sont soulevées, elles ont décidé de venir à la CEI locale pour protester contre les fraudes massives perpétrées pendant ces élections. Les fraudeurs ne se sont pas cachés ! Le préfet a affiché sa position de façon claire en faveur de mon adversaire. Tout San-Pedro le sait et peut en témoigner puisque tout le monde l’a vu à l’œuvre. Figurez-vous que la population a été gazée par les militaires sous les ordres du préfet de région. La cours royale n’a pas été épargnée, ainsi que celle du chef centrale des Kroumens.  Nous dénombrons de nombreux blessés, notamment la reine mère, ainsi que l’une de ses collaboratrices et bien entendu le chef central des Kroumens. Ce dernier aurait pu trouver la mort asphyxié, n’eut été la vigilance des personnes de bonne volonté qui l’on exfiltré de la fumée des gaz lacrymogène lancés dans sa maison par les militaires à la solde du préfet.

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Quel rôle le préfet a-t-il donc joué exactement lors de ces élections ?

Après les proclamations des résultats dans les bureaux de vote, avec les PV signés, j’ai gagné dans tous les bureaux. Mais au quartier Bardot, contre toute attente, le préfet a demandé à tout le monde de sortir des bureaux, y compris nos représentants, sans aucune raison valable. C’était vers 17 heures. Cela est une grave violation que nous dénonçons. De quel droit peut-il faire sortir ceux que nous avons mandatés, alors que les décomptes ne sont pas encore faits ?

Que s’est-il passé par la suite ?

Dans la journée, il était en civile, mais l’après midi, il s’est mis dans une tenue militaire (treillis), suivi d’un groupe de militaires avec des desseins inavoués. Mieux, aux environs de 16 heures, des agents de la CEI ont approché les assesseurs des bureaux, leur demandant de signer les PV sans même que les bureaux ne ferment ses portes, encore moins les résultats proclamés.

Et quelle a été la réaction de vos représentants ?

Mes représentants ayant refusé, le préfet se voyant en difficulté car son candidat allait perdre, use d’un autre stratagème malsain pour arriver à ses fins. Tout le monde est vidé des locaux sous la contrainte des armes. Il reste seul avec les agents de la Cei. Et c’est après que nous apprenons que des urnes ont disparu pour n’apparaitre que le lendemain matin.

Et comment les résultats ont été proclamés à San-Pedro ?

Les résultats n’ont pas été proclamés à San-Pedro. C’est à Abidjan que les résultats ont été rendus publics par la CEI, nous donnant perdant. Ce qui est une autre violation. La population très en colère se soulève, entre temps les militaires avaient pris d’assaut toute la ville. Ils avaient peur de la réaction de la population car ils sont conscients qu’ils n’ont pas gagné.

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Comment avez-vous réussi à calmer cette population ? 

Vous savez, j’ai dirigé cette commune pendant plusieurs années sur la base de la confiance entre la population et moi. Nous sommes en phase et nous nous comprenons parfaitement. Je leur ai parlé, elles m’ont entendu, et elles m’ont compris. On peut parler à un peuple et il peut nous écouter, mais on ne peut pas duper un peuple tout le temps. Nous devons éviter les frustrations qui nous ont plongés dans une guerre depuis 2002. Que les frustrations ne nous fassent pas revivre cela. Si on est démocratique, il faut que les choses se fassent dans la légalité, dans la transparence.

Quelles sont les démarches entreprises dans ce sens pour que la vérité si telle est le cas, soit dite ?

Nous avons saisi la cours suprême, et nous faisons confiance à notre justice. Nous croyons que la vérité triomphera pour apaiser les populations.

Quelle est votre adresse à la population à la fin ce cet entretien M. le Maire ?

Je suis confiant, la population est confiante que la vérité l’emportera. Je fais confiance à la justice ; c’est pourquoi nous attendons la décision de la cours suprême qui nous sera favorable car les preuves sont là. Cela fait des années que je gère la commune, jamais d’affrontement ni de division. Or, San-Pedro regorge d’une population cosmopolite. Nous voulons maintenir le cap. Que rien ne vienne troubler cette quiétude. Quand un pays se fait démocrate, il se doit de s’imposer la vérité et la justice comme ligne de conduite absolue. J’en appelle au bon sens de tous.