Retour à la politique de contractualisation/Des paysans expriment leur mécontentement

Enquête réalisée par Haidmond Kaunan /afriquematin.net

Selon une annonce d’un ingénieur des Eaux et Forêts, l’Etat se prépare au retour à la politique de contractualisation. Des paysans en colère ont exprimé leur mécontentement dans les colonnes du journal afriquematin.net que nous vous proposons. Enquête.

Yves Brahima Koné, directeur général du Conseil Café-Cacao

La quasi-totalité des forêts classées de Côte d’Ivoire est en voie de destruction, voire de disparition  en raison des occupations illégales et des défrichements. Le directeur général de la Société de développement des plantations forestières (Sodefor), Mamadou Sangaré rappelle que des « 234 forêts classées d’une superficie globale d’environ 4,2 millions d’hectares en 1960, il ne reste plus que 1,3 millions d’hectares de forêts encore non dégradée »

Préoccupé par cette situation, en 1999, le gouvernement avait préconisé le système de la contractualisation des forêts classées qui consiste à permettre à l’exploitant agricole, a priori de créer des plantations forestières avec 100 pieds d’essences locales de lente révolution, à l’hectare.

Le loyer de la contractualisation était adopté de 12000 (douze mille) francs à l’hectare pour toutes les plantations agricoles avec une durée de cinq (5) ans renouvelable. Mais, cette décision n’avait pas pu être mise en œuvre. Cependant, des éléments factuels annoncent le retour de la politique de contractualisation. Cela est nettement perceptif avec la déclaration d’un ingénieur de la Sodefor et des recensements des paysans dans les zones forestières.

La quasi-totalité des forêts classées de Côte d’Ivoire est en voie de destruction, voire de disparition

 « Nous nous préparons à mettre en pratique la politique de la contractualisation proposée au gouvernement par Dr Venance Kouadio Nguetta, notre ancien directeur général qui n’a pu s’achever après sa phase expérimentale. Cette fois-ci nous allons collaborer avec le conseil du café et du cacao(Ccc) pour réussir l’opération », a fait savoir EK, ingénieur des Eaux et Forêts, chef de service à la Sodefor.

Les producteurs de café/cacao n’ont pas accueilli cette nouvelle avec joie. Ils protestent contre le loyer de la contractualisation qui s’élève à 12000 (douze mille) francs à l’hectare.

Le président du conseil d’administration de l’association nationale des producteurs de café et de cacao de Côte d’Ivoire(Anaproci), Kanga Koffi,  a fait savoir que cette décision n’est pas salutaire. « Nous ne nous sentons pas concernés par ce recensement de producteurs. Comment voulez-vous faire le bonheur de quelqu’un sans son avis ? (…) Nous sommes déjà trop fatigués pour les nombreux prélèvements sur chaque kilogramme de cacao. Ce qui ne fait que nous rendre davantage esclaves », martèle le PCA de l’Anaproci.

Les producteurs de café/cacao protestent contre le loyer de la contractualisation

Michel Konan, producteur de cacao à Watté (département de San-Pedro) se frotte aussi les mains. Pour lui, ils ont été recensés sans toutefois savoir que cette action était une politique de contractualisation. « Nous avons été informés trop tard. Ici, nous les avons reçus comme des princes et les avons logés pendant près de trois mois. La quasi-totalité de nos plantations a été mesurée et nous avons été nous-mêmes, identifiés. C’est maintenant que nous venons d’être informés que cette opération a pour but de faire payer des impôts fonciers », regrette le représentant de la communauté Baoulé à Watté.

De Duékoué à Daloa en passant par Guiglo et Divo, des producteurs agricoles qui ont eu le nez creux ont demandé à leurs paires ne pas se faire recenser. Noël Kouamé, producteur de café et de cacao à Bloléquin en témoigne. « Nous avons fait du bon travail sur le terrain dans les zones de production cacaoyère dans le grand -Ouest. A l’exception des localités où notre message est arrivé tard. Aucun agent du conseil café et cacao n’a été accueilli ici, nous savons déjà leurs objectifs poursuivis… Nous apprenons que dans certaines localités, ils bernent les producteurs pour les convaincre ». Pour conclure, il rassure que ce bras de fer avec le gouvernement sera à la faveur des producteurs.

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