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Société/Voici comment les crimes rituels sont commis sur les albinos africains…

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« Qui a tué Titi, le petit albinos ? » est le tout nouveau roman de Colbert Kouadjo, écrivain et defenseur des droits de l’Homme ivoirien. Après « Holyçane la chanteuse de Jazz et les chasseurs d’albinos », paru en 2015, il embraie sur sa bonne cause à l’égard des personnes atteintes d’albinisme, cibles de crimes rituels. Le roman a été dédicacé le 18 décembre 2020 à l’Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody à Abidjan. 

Résumant l’ouvrage, l’auteur fait savoir que Titi le petit albinos, Marot, Dago et Mélissa sont des jeunes amis du lycée classique. Inséparables comme les doigts de la main, ils nagent chaque samedi en piscine chez Mélissa, la fille unique du Directeur de cabinet du Président de la République Grospin.  Ce samedi-là, après une agréable baignade, Titi le petit albinos est mystérieusement porté disparu. Grospin et les autres enfants le cherchent, mais en vain… Où est-il passé ? Véritable énigme ! Dix ans plus tard, les amis du porté disparu devenus grands, portent l’affaire devant la justice. L’instruction du juge permet de découvrir les crimes rituels commis sur les albinos africains…

 « Qui a tué Titi le petit albinos ? » dénonce le phénomène des sacrifices humains qui ont existé et qui existent encore en Afrique. En tant que défenseur des droits de l’homme très engagé, l’auteur met un accent particulier sur les crimes rituels commis contre les albinos africains. En effet, depuis la nuit des temps, l’albinisme constitue un mystère en Afrique. Comment deux parents « noirs » peuvent-ils engendrer un bébé « blanc » ? La mauvaise interprétation de ce phénomène simplement génétique conduit les Africains à croire fermement que les albinos sont des filles et des fils d’esprits maléfiques, donc des êtres mystérieux dotés de grands pouvoirs ! C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, les grands marabouts, les grands guérisseurs africains n’hésitent pas à ordonner le sacrifice d’albinos à ceux qui sollicitent leurs services.

Cet ouvrage retrace le phénomène des sacrifices humains qui ont existé et qui existent encore en Afrique sur les albinos.

Enfants albinos kidnappés, albinos mutilés et démembrés, tombes d’albinos profanées, jeunes filles albinos violées, trafics d’organes d’albinos…telles sont les traces de ces crimes rituels sur le continent africain. Ikponwosa Ero, Experte indépendante des droits de l’homme des Nations Unies, elle-même albinos, a révélé qu’au cours de ces dix dernières années, plus de 700 cas d’attaques visant des personnes atteintes d’albinisme ont été répertoriés dans 28 pays d’Afrique subsaharienne.

Si on tient compte des estimations de l’Organisation mondiale de la Santé qui précisent qu’une personne sur 15.000 en Afrique subsaharienne est atteinte de l’albinisme alors la population des albinos en Afrique de l’ouest est vraiment menacée. Ainsi la naissance d’un albinos en Afrique, considérée comme un phénomène surnaturel et mystique, complique amèrement l’existence des parents.

Le chanteur Salif Kéita, soutenait que « les marabouts, les féticheurs qui gèrent la vie de tous les Maliens et de presque tous les Africains… demandent le sang des albinos ou certaines parties du corps des albinos. Donc nous assistons à une chasse aux albinos. La cinéaste Suisse, Audrey Brohy qui a réalisé plusieurs documentaires aux quatre coins du monde, et qui a préfacé le roman « Qui a tué Titi, le petit albinos ? » déclare que « Ceux qui pensent que ces croyances sont marginales et le fait de gens pauvres et sans éducation, ont tous tort ! »

Au mois de  mai 2018, quand la petite albinos de cinq ans, nommée Djénéba Diarra a été décapitée au Mali, le secrétaire général de la Fédération des associations atteintes d’albinisme d’Afrique de l’Ouest, Mamadou Sissoko a révélé qu’à « chaque fois qu’il y a des élections, nous (albinos) devenons du gibier pour des gens qui veulent faire des sacrifices rituels. C’est pour cette raison que depuis quelques années, à la veille des élections dans certains pays africains, l’ONU et certaines organisations des droits de l’Homme font un communiqué pour attirer l’attention des autorités sur les crimes rituels contre les albinos »… On peut alors deviner les mains noires qui se cachent derrière ces crimes rituels et qui empêchent la justice et la police de mettre la main sur les assassins et de les punir ». C’est pour dénoncer cette indifférence et cette impuissance de la justice et de la police que, lorsque vous lisez « Qui a tué Titi le petit albinos ? », il y a des chapitres qui ressemblent à une série des « Enquêtes impossibles ». La police scientifique et des juges d’instruction coriaces interviennent pour résoudre l’énigme Titi Les amis de TITI le petit albinos, eux sont décidés à démasquer son assassin.

En lisant « Qui a tué Titi le petit albinos » l’on se pose automatiquement des questions de savoir pourquoi cette Afrique qui se dit émergente, aujourd’hui, peut-elle fonder son avenir sur des sacrifices humains ?

 L’albinisme, est une maladie génétique non contagieuse due à l’absence du gène responsable de la production de mélanine. Cela entraîne une dépigmentation de la peau, des yeux et des cheveux. C’est très simple…Pourtant ! Que de préjugés et de superstitions ! Le rôle de la mélanine est de protéger la peau des rayonnements ultra-violets du soleil. C’est pourquoi il faut éviter que les albinos se promènent sous le soleil.

 Source : agoravox.fr avec l’auteur  et afriquematin.net

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