Grogne sociale contre la Cie/Qui paiera la note des dégâts ?

De notre envoyée spéciale  à Bouaké Iris Fabiola Yaëlle/afriquematin.net

 

Le monde d’aujourd’hui qui est un monde de globalisation, l’on voit se multiplier les formes de violence qui vont bien au-delà de la simple volonté d’aboutir à un résultat dans un conflit. Les formes traditionnelles de violence, qu’elles soient excessives ou extrêmes sont instaurées par qui détient le pouvoir, ou par qui veut exercer un contre-pouvoir. La fronde sociale qui est en ébullition depuis quelques jours en Côte d ‘Ivoire rentre dans un cadre exceptionnel  et elle doit interpeller plus d’un citoyen.  Les étudiants ont tout cassé et brûlé à l’Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody, quelques jours avant, suivi du mécontentement généralisé des consommateurs du courant électrique, qui trouvent abusive l’augmentation du prix de l’électricité. Conseil régionalN’en pouvant plus de se faire escroquer par l’Etat de Côte d’Ivoire, quand on sait que   ce pays, la Côte d’Ivoire  produit assez d’électricité et en revend aux pays voisins, cela est inconcevable. Le Liberia, le Mali, le Burkina Faso, la Guinée, voire même le Ghana sont les grands bénéficiaires de cette main tendue génératrice de revenus. Douloureux de supporter cette humiliation, les Ivoiriens, enfin certains, ont pris leur responsabilité.   Et de Yamoussoukro, en passant par Korhogo, Daloa, San Pedro, Bouaké et à d’Abidjan, ce mécontentement a pris d’autres allures. Par exemple le vendredi dernier à   Bouaké, des bandits encagoulés se sont violemment exprimés en pillant des établissements financiers.  Ces revendications d’une telle violence ne doivent pas étonner, car venant de Bouaké. Cette ville d’ores et déjà  considérée  comme  le fief de la rébellion, une ville qui a gardé toute son image de ville désordonnée. Une ville qui « n’appartient plus à la Côte d’Ivoire », lance un habitant désabusé. Une ville où tous les vices sont permis, une ville  où tout a pris forme en matière de braquage de banques, (suivez mon regard), alors, il serait bien étonnant de ne pas comprendre le degré de menace qui plane toujours sur la  capitale du Gbêkê. Ces rebelles illettrés attendaient une telle occasion pour s’adonner à leur jeu favori. Le pillage systématique du siège de la Cie n’a été qu’un simple alibi ou un prétexte, pour exprimer encore une fois de plus cette sauvagerie d’être. Outre  les locaux de la Cie, il est difficile de comprendre l’esprit de ces barbares, de ces malfrats  qui se sont permis de  détruire, de voler, de saccager les locaux  d’autres structures qui n’ont rien en commun  avec la Compagnie Ivoirienne d’Electricité, (Cie). A commencer par la  Préfecture de Police, la Préfecture de Région, le Conseil régional, la résidence du maire Djibo Nicolas, ont été leurs cibles. Deux établissements financiers ont été pillés, ainsi que des commerces détruits. Pour mémoire, il faut rappeler que   ces hors- la loi ont bénéficié de plusieurs années durant de la consommation gratuite de l’électricité sans débourser un « piquini ».  «Non c’est inadmissible, cette barbarie. NsiaJe crois qu’ils devraient avoir profil bas ; malheureusement nous avons affaire à des individus qui n’ont aucune culture. Bouaké est vraiment méconnaissable et j’en souffre », regrette K. N,  les larmes aux yeux et agent d’une des structures qui a été attaquée. Après le briefing des membres de l’’équipe de reportage d’afriquematin.net, qui a sillonné la quasi-totalité de la ville de Bouaké ce samedi a déduit que « Qui paiera la note de ces dégâts » ? La question reste posée. Malheureusement, nos démarches menées, tant téléphoniques que physiques  pour joindre les autorités de la ville sont restées sans suite, au grand désespoir de l’équipe. Aussi regrettable que la piscine a disparu, sinon que nous aurions fredonné « Bouaké et sa piscine et ses grandes rues bien éclairées ». Dommage  pour cette belle capitale défigurée. Ces individus sans foi ni loi doivent se souvenir qu’ils ont bénéficié gratuitement la fourniture de l’électricité dans leur différents domiciles pendant dix(10), sans débourser un sou. A cet effet, ils devraient observer un  profil bas, car ces actes de barbaries venant d’eux, présentent un aspect odieux. Et comme le dirait l’autre, « le chien ne change jamais sa position assise ». Pauvre Bouaké.

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