Linda yoh, Fondatrice de TELESS : «L’éducation apparaît comme l’un des instruments les plus puissants pour un développement durable ».

Interview réalisée par Nadège kondo et Vouzo Zaba / Afriquematin.net.

Dynamique, passionnée, ce ne sont pas  les qualificatifs qui manquent pour  désigner  Linda  Yoh, présidente-Fondatrice de l’association TELESS.  Malgré son planning très chargé, elle a bien voulu  s’ouvrir à nos  lecteurs. De la motivation essentielle qui l’a poussée  à la création de l’association dont elle tient les rênes à  la mission qu’elle s’est assignée, tout ou presque a été dit.  Nous vous proposons ci-dessous le verbatim de l’interview qu’elle a bien voulue  accorder  à Afriquematin.net  dans la  seconde quinzaine du mois de janvier 2020.   

 

Vous êtes très impliquée dans la cause de l’Education à travers l’association TELESS dont vous êtes la Présidente. Pourtant, peu sont ceux qui en savent réellement sur votre parcours.

Bonjour et merci de me donner l’occasion de m’adresser à vos lecteurs. Je suis  Linda Yoh, juriste et présidente de Teless dont le but est de faire la promotion de l’éducation. Il faut tout d’abord savoir que j’ai fait une grande partie de mes études en Côte d’Ivoire où j’ai été diplômée en master, option carrières judiciaires. Puis en France,  j’ai obtenu  un master en fiscalité et droit des affaires dans une école de commerce. Actuellement juriste dans une entreprise, mon travail consiste à piloter toute l’activité juridique de l’entreprise. Cela se traduit au quotidien par la rédaction et la relecture d’actes, le conseil aux différents services et à la direction etc.

D’où vous est venue l’idée de créer l’Association TELESS ?

Au cours d’une convention de jeunes en Suisse en 2017, un jeune européen m’a posé la question « pourquoi l’Afrique n’arrive t-elle pas à se développer malgré les nombreuses aides apportées depuis tant d’années ».Cette question est finalement devenue une véritable problématique que je me suis moi-même posée. J’ai donc pensé au célèbre adage : « Si tu donnes un poisson à un homme il mangera un jour; si tu lui apprends à pêcher, il mangera toujours.» C’est ainsi que j’en suis arrivée à la conclusion selon laquelle, structurer une plateforme associative pour former les personnes à s’auto-réaliser serait le meilleur moyen de parvenir à un développement durable plutôt que d’apporter une aide matérielle ponctuelle. D’où l’idée du développement par l’éducation.

 Quelle est l’activité exacte de l’association ?

 L’association TELESS, créé en 2018,  a pour objet la promotion de l’éducation. Nos actions sont déclinées sous forme de projets et ont trois buts principaux : Sensibiliser, Former et Aider. L’association compte à ce jour une vingtaine de membres actifs et plus d’une cinquantaine de bénévoles un peu partout dans le monde.

 Quelles sont les actions que vous mettez en place pour atteindre vos objectifs ?

 Depuis 2018, nous  organisons le prix « Afortuè » de TELESS qui est un prix d’excellence annuel au cours duquel nous offrons des kits scolaires aux meilleurs élèves des écoles sélectionnées. Nous avons par ailleurs développé des Ateliers de formation et de partage d’expériences à destination des jeunes. L’association a déjà ouvert une bibliothèque scolaire et compte en ouvrir une chaque année. Elle travaille également pour l’approvisionnement de bibliothèques scolaires ainsi que la rénovation d’écoles.

D’où votre Association tire-t-elle son financement ?

 Les actions de TELESS sont financées par des dons qui proviennent des membres de l’Association et des bienfaiteurs, principalement des personnes physiques. Pour collecter ces fonds, nous organisons des activités publiques ou lançons des collectes de fonds ou encore des dons en nature tels que les livres, jouets, vêtements…Nous espérons que plusieurs structures privées ou publiques se joindront à nous par des partenariats ou des sponsorings.

Où agissez-vous ?

Nous avons démarré nos actions en Côte d’Ivoire parce que c’est un terrain que nous maîtrisons mieux et la demande y est très forte. Mais les projets ont vocation à se développer partout ailleurs. Nous travaillons notamment sur des projets et programmes à mettre en place en région parisienne.

Vous avez dit plus haut être juriste d’entreprise, alors comment arrivez-vous à concilier ces deux charges ?

Quand bien même cela paraîtrait difficile, la passion qui m’anime me rend la tâche supportable. Il faut aussi souligner que je ne travaille pas seule mais avec une équipe dynamique et impliquée, que je remercie d’ailleurs.

Quelle organisation mettez-vous en place pour concilier tout cela ?

D’une part en tant que manager, j’ai subdivisé mon équipe en commissions  de travail. Certains se chargent de la communication, d’autres de la planification des projets et de la mobilisation des ressources et enfin un autre groupe gère la trésorerie. D’autre part en tant que femme et salariée, j’essaie de rentabiliser le peu de temps dont je dispose. En journée, pendant mes pauses, j’envoie des mails, des messages écrits ou vocaux. Les soirs ou les weekends,  j’anime des réunions ou participe à des activités ou rendez-vous. Enfin j’organise quelques fois mes vacances en fonction du calendrier de l’association afin de participer physiquement à certaines activités.

Avez-vous une  devise ?

Ma devise est « Surtout ne lâchez rien ! ». Avec TELESS, j’ai fait l’expérience de la réussite par le travail acharné. Nous sommes partis de rien mais à force d’insister et de persister, l’association se développe et le nombre des bénéficiaires et nos projets ne cessent de grossir.  Alors j’encourage vivement les lecteurs à travailler sans relâche et à surtout croire en ce qu’ils entreprennent.

Quel est le Programme d’activités de TELESS pour l’année 2020 ?                                                                     

Pour cet exercice, nous avons les ateliers de TELESS, dont le prochain aura lieu à  l’université Catholique de l’Afrique de l’ouest (UCAO),  toujours en  Côte d’ivoire  le 07 mars prochain  et va porter sur l’engagement de la jeune femme dans la société.Le prix Afortuè est aussi en cours de préparation. Nous avons déjà sélectionné les écoles et sommes à l’étape de la mobilisation des ressources. Pour ce faire, des tickets de tombola sont mis en vente en France comme en Côte d’Ivoire et une collecte de fonds est ouverte. Nous aurons en France la 2e édition du « Barbecue de TELESS » qui est un moment de partage entre les membres et les donateurs dans un cadre conviviale et en Côte d’Ivoire le lancement de la 1ère édition du « Maracana de TELESS ». L’Association continuera par ailleurs de prendre part à différentes activités organisées par d’autres structures afin de continuer sa mission de promotion de l’éducation. Bien d’autres projets sont en phase de rédaction par notre équipe.

Avez-vous un dernier message à lancer ?                                             

Benjamin Disraeli disait et je cite: « De l’éducation de son peuple, dépend le destin d’un pays ». Vu sous cet angle, l’éducation apparaît de toute évidence comme l’un des instruments les plus puissants pour un développement durable. TELESS a ainsi l’ambition de changer les choses. C’est pourquoi j’invite  tous les lecteurs à nous rejoindre pour ensemble relever de grands défis dans ce secteur. Je ne saurais terminer sans un mot de remerciement à l’endroit des membres, les bienfaiteurs et toutes les personnes qui nous soutiennent. Que Dieu exauce les vœux les plus importants des uns et des autres pour  cette année 2020. Je vous remercie.

 

 

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