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Enseignement technique et professionnel/Le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire » se prononce sur les travaux de réhabilitations

Par Prof. Séraphin Prao*

Depuis la rentrée scolaire 2025-2026, certains établissements de l’enseignement technique et professionnel connaissent des réhabilitations d’infrastructures. Ces réhabilitations qui vont durer deux ans font suite à celles intervenues dans le courant 2018-2020.

Lors de son discours de nouvel an du 31 décembre 2017, le Président Alassane Ouattara avait annoncé un décaissement de 133 milliards de francs CFA pour la construction, la réhabilitation et l’équipement des infrastructures scolaires dans le cadre d’un programme couvrant les années 2018, 2019 et 2020. 23 établissements d’enseignement technique et professionnel, 40 écoles de proximité et bien d’autres établissements scolaires ont bénéficié de ce programme. Aujourd’hui encore, depuis la rentrée scolaire 2025-2026, les mêmes établissements font l’objet de réhabilitation.

La réhabilitation améliore le confort des infrastructures et le bien-être des apprenants, de l’administration et du personnel enseignant, elle joue sur la qualité de l’apprentissage parce que certains bâtiments scolaires sont vétustes, peu ventilés et peu adaptés à un environnement d’apprentissage adéquat. Cela a un impact sur la santé et les performances de travail des apprenants et des enseignants. Les rénovations améliorent aussi l’accès à l’éducation et renforcent les capacités locales.

Si le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire » reconnait que l’initiative de réhabilitation des établissements est louable et salutaire, il ne comprend pas le choix de l’année scolaire pour l’exécution des travaux. En effet, c’est pendant que les élèves ont cours, sont censés être en classe, que les travaux de réhabilitation ont lieu, alors qu’il y a des moments où les écoles restent vides pendant des mois.

Le président du mouvement « Les Démocrate de Côte d’Ivoire Séraphin Prao note que « la réhabilitation améliore le confort des infrastructures et le bien-être des apprenants…« .

Le choix fait par le ministère de l’enseignement technique, de la formation professionnelle et de l’apprentissage de sacrifier la formation des apprenants et les apprentissages est incompréhensible et interroge, surtout que beaucoup d’initiatives sont prises par le même ministère pour améliorer la qualité de l’enseignement technique et de la formation professionnelle en Côte d’Ivoire.

Les réhabilitations en cours et qui se font en pleine année scolaire sont contre-productives pour la formation et l’apprentissage, même si l’on comprend la nécessité de tenir dans l’exercice budgétaire et dans le programme. Elles perturbent les enseignements et jouent dangereusement sur la qualité de la formation et de l’apprentissage. On ne peut pas à la fois construire et détruire parce que des heures de cours ou d’apprentissage perdues, c’est des années de formation perdues aussi. Et, au niveau du secteur éducation-formation, les lacunes accumulées durant des mois ou des années sont difficilement rattrapables et créent des retards ou des manques dans l’acquisition des compétences.

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Selon les informations dont dispose le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire », certains établissements dont la réhabilitation a commencé juste après la rentrée scolaire ont perdu des mois de cours. Certaines filières au lycée professionnel 2 de Treichville, par exemple, ont perdu plus d’un mois de cours comptabilisé par des enseignants.

 Et, deux mois après la réhabilitation, les nouveaux brasseurs installés perdent déjà leurs hélices. De l’avis des observateurs, le lycée technique de Cocody a, de loin, connu la réhabilitation la plus réussie. Le CELIA de Treichvile est, lui, à moitié réhabilité pendant que le CBCG de Cocody attend toujours d’être réhabilité.

Au Lycée professionnel de Jacqueville, des filières et certaines années au sein de certaines filières n’ont pas fait cours depuis la reprise du 05 janvier 2026. Ceci résulte d’un constat de terrain par des équipes missionnées. Certains enseignants prennent le prétexte des travaux de réhabilitation pour ne pas assurer les activités pédagogiques, sabotant ainsi la formation des apprenants. Ces heures et semaines de cours perdues ne seront certainement pas rattrapées, impactant négativement les 33 semaines et 1188 heures de cours retenues pour valider les enseignements de l’année.

Quant aux élèves, beaucoup parmi eux ont préféré rentrer en famille pour minimiser le coût des allées et venues inutiles à l’école. Ceux qui décident d’aller à l’école trouvent des salles de classe en chantier, parfois arrêté, et des enseignants absents. Les réhabilitations ont commencé sans une réflexion institutionnelle sur les mesures palliatives comme si l’on demandait aux responsables d’établissement de se débrouiller, alors que le ministère connaît une vague de mutations de ces mêmes responsables d’établissement.

La fin du premier semestre commencé le 08 septembre 2025 est prévue pour le 23 janvier prochain dans l’enseignement technique et professionnel. Mais, jusqu’à ce jour où le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire » produit cette déclaration et depuis la rentrée scolaire, certains enseignants n’ont fait aucune évaluation, ni formative ni sommative.

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Et pourtant, ils fabriqueront pour les élèves des moyennes à partir des notes de participation et de correction des cahiers, ce qui n’est pas la meilleure manière en docimologie d’évaluer les connaissances, l’apprentissage et les compétences ou habiletés. On ne fait pas de l’exception une règle : l’évaluation doit permettre de mesurer des compétences pratiques et transversales. Agir ainsi, c’est tricher et fausser la transmission des savoirs et savoir-faire, tromper l’institution et offrir à la société et au marché du travail des agents aux compétences professionnelles douteuses ou médiocres.

Le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire » dénonce ce sabotage en règle de la formation des apprenants auquel se livrent certains acteurs et souhaite que ces attitudes qui nuisent à la qualité de notre système de formation et d’apprentissage soient vigoureusement réprimées et découragées. Il ne faut pas que quelques individus viennent nuire au travail produit par l’ensemble et, surtout, par ceux dont la conscience professionnelle est hors de tout reproche et à saluer.

Le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire » interpelle le nouveau gouvernement qui sera formé bientôt pour qu’il trouve une solution qui sauve l’année scolaire et la formation et l’apprentissage des élèves d’autant plus que les travaux de réhabilitation sont prévus pour durer 2 ans selon les informations reçues.

Le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire » recommande aussi un partage d’expériences pédagogiques entre l’enseignement général et l’enseignement technique et professionnel parce que certains acteurs n’ont pas la maîtrise des méthodes pédagogiques et il est constaté un total manque de suivi sur le terrain. Il faudrait aussi songer à la mise en place d’un calendrier national d’évaluation comme c’est le cas dans l’enseignement général. Cela permettra d’instaurer un rythme d’évaluation et de rationaliser la pratique. Et il faudra s’assurer de son exécution effective par les différents acteurs.

Des séances de comptes rendus d’évaluations (en théorie ou en pratique, des interrogations ou des devoirs) doivent précéder la remise des copies pour favoriser les remédiations. Ne pas le faire systématiquement après un devoir est une entorse à l’apprentissage d’autant plus que les stages qui suivent la formation à l’école servent à une pratique immédiate du contenu des cours. Des enquêtes menées auprès de certains élèves et enseignants de plusieurs établissements publics d’Abidjan et de l’intérieur du pays révèlent la pratique courante de corrections dites « chap-chap » de moins d’une heure qui ne sont pas des comptes rendus dignes de ce nom.

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C’est bien d’avoir des statistiques réjouissantes dans le système de formation mais il est bon d’interroger les conditions dans lesquelles ces statistiques sont obtenues. La qualité de notre système d’éducation et de formation incombe à chacun des acteurs qui doit pleinement jouer son rôle en respectant l’éthique et la déontologie de la fonction. Une main-d’œuvre de qualité suppose un système de formation de qualité.

Le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire » interpelle aussi la coopération française, dont le projet d’Education Formation (PEF) financé par le C2D et piloté par l’Agence française de développement permet d’équiper certains établissements, pour qu’elle s’assure de l’utilisation effective des équipements offerts et que les établissements ainsi fournis répondent aux normes d’utilisation de ces équipements.

Il se trouve que des équipements offerts et distribués moisissent toujours dans leurs cartons à l’intérieur de certains magasins dans certains établissements de formation alors que d’autres qui n’en pas reçus en ont effectivement besoin. La répartition des équipements offerts doit répondre à des planifications rigoureuses.

L’avenir de la Côte d’Ivoire se trouve dans l’enseignement technique et la formation professionnelle qui jouera un rôle essentiel dans la réduction du chômage, dans la création d’une ingénierie locale et dans l’industrialisation durable de la Côte d’Ivoire. C’est la conviction du mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire ». Chaque acte posé par chacun des acteurs du secteur éducateur-formation n’engage pas seulement l’avenir des apprenants mais engage aussi l’avenir du pays tout entier.

                                                                                                                                                               *Président du Mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire ».