Développement/L’État a-t-il mis aux oubliettes la commune d’Aboisso ?

Par Keren Bossouma/afriquematin.net

La salle des mariages de la mairie d’Aboisso a abrité la tenue de la deuxième réunion ordinaire de l’exercice 2021 du conseil municipal. Cette séance a été présidée par le préfet de région, préfet du département Coulibaly Gando.

 Érigée en commune de plein exercice en 1980, la capitale du Royaume Sanwi, Aboisso, ne connait pas depuis des lustres des signes de développement de ce nom. Contrairement à plusieurs localités, qui bénéficient jusque-là d’infrastructures dignes d’une cité moderne, « Aboisso reste une ville agonisante, où l’Etat a peu investi.

A l’image des autres communes, Aboisso doit bénéficier du programme de développement mis en place par le gouvernement.

Pour preuve la préfecture de région est un ancien bar-dancing et des bâtiments administratifs dont les travaux ont débuté depuis plus de dix (10) ans n’ont jamais été achevés.

La route internationale qui traverse la ville reste au niveau d’Assouba le cauchemar des camionneurs en raison des nombreux accidents qui s’y produisent.

Le Conseil municipal d’Aboisso qui s’est réuni le vendredi 27 août 2021, en session ordinaire, s’est indigné à travers la lecture d’une résolution faite par le premier responsable de la commune, Alfred Jérémie N’gouan relative au bitumage des rues de la cité.

Le premier magistrat de la commune a notamment rappelé à l’assistance « qu’au cours de la réunion du 13 mars 2019, dans le bureau de Monsieur le Préfet de région, l’annonce du bitumage des rues de la ville a été faite et les tronçons à bitumer arrêtés pour une longueur de huit (8 km). Plus de deux (02) ans après cette réunion, les travaux n’ont pas démarré dans la commune d’Aboisso, alors que ceux des autres villes et villages du sud-Comoé comme Ayamé, Maféré, Krindjabo, Noé, Adiaké, Grand-Bassam et Bonoua sont presque achevés », a-t-il révélé en présence du Préfet de région, préfet de département, Coulibaly Gondo.
Dans la résolution adoptée par le conseil municipal, celui-ci dénonce la politique du «  deux poids, deux mesures, alors que Aboisso est le Chef-lieu de région », fait-il remarquer.

Et pour préserver ainsi la quiétude au sein de la communauté, le Conseil municipal vient-il de donner mandat au maire à l’effet de relancer la mise en œuvre de ces travaux de bitumage de la commune d’Aboisso, « afin que la population ne pense pas qu’elle est victime d’injustice ou de partialité », de la part de l’Etat de Côte d’Ivoire.

Faut-il rappeler qu’Aboisso se situe au nord de la lagune Aby, juste à sa verticale, sur la route du Ghana voisin. Au plan touristique,  la région revêt une importance historique majeure.

Chef-lieu de la région du Sud-Comoé et berceau du Royaume Sanwi, cette petite ville située dans une zone verdoyante de forêts, collines et vallées est traversée par la rivière Bia qui prend sa source au Ghana et rejoint l’océan Atlantique par la lagune Aby.

A noter qu’Aboisso bénéficie d’un climat de type attiéen qui se caractérise par une abondante pluviométrie et une forte humidité ayant permis un développement important, avec une population composée d’autochtones, d’allochtones et une forte communauté  des ressortissants de  la sous-région.

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