Côte d’Ivoire/ risque de propagation du Coronavirus: le gouvernement au banc des accusés.

Par Léon SAKI – Afrique Matin.Net 

Pour juguler la crise sanitaire liée au Coronavirus, le gouvernement ivoirien a pris une série de mesures parmi lesquelles, l’interdiction de rassemblement des populations de plus de 50 personnes, et la “suspension pour une période de 15 jours renouvelable, à compter du 16 mars 2020 à minuit, de l’entrée en Côte d’Ivoire des voyageurs non ivoiriens en provenance des pays ayant plus de 100 cas confirmés de maladie à coronavirus (COVID-19). Les ressortissants ivoiriens et les résidents permanents non ivoiriens seront soumis à une mise en quarantaine obligatoire pour 14 jours dès leur entrée sur le territoire ivoirien dans les centres réquisitionnés par l’Etat”. Ces dispositions ont été saluées par l’ensemble des populations qui ont vu en elles, la volonté politique du gouvernement de se dresser contre cette maladie de plus en plus conquérante dans le monde. Mais voilà, aussitôt ces mesures prises, qu’elles sont immédiatement violées par auteurs.

Le mardi 17 mars 2020, 248 parlementaires RHDP, des deux Chambres du Parlement notamment le sénat et l’Assemblée Nationale, se sont réunis en congrès à Yamoussoukro pour adopter les projets de loi portant révision constitutionnelle et modification du code électoral. La disposition portant interdiction de rassemblement de plus de 50 personnes venait ainsi d’être violée pour des besoins politiques.

24 heures après les parlementaires, ce sont des personnalités ivoiriennes de premier plan qui violent la première disposition des mesures prises par le le Conseil National de Sécurité. A’salfo, Anoma, Bictogo, Max Gradel etc. et leurs familles arrivés de Paris, une zone importante de contamination, refusent de se soumettre à la quarantaine obligatoire de 14 jours. Ils sont rentrés chez eux sans être inquiétés, alors que certains d’entre eux peuvent être porteurs du virus. Un tel mépris vis-à-vis des lois et le mutisme du gouvernement empirent davantage les inquiétudes quant à la lutte contre cette pandémie.

Devant cette impunité flagrante, nous sommes en droit de croire que le pays est en danger. A cela même, il faut ajouter la faillite du dispositif sanitaire à l’aéroport et la défaillance totale de la mise en quarantaine. L’INJS où la première vague de personnes mise en quarantaine a été logée, est un lieu propice à la contraction et à la propagation de la maladie. Ne se sentant pas en sécurité, les confinés ont violemment manifesté pour demander leur départ.

En finira-t-on un jour avec cette politique de catégorisation? Comment comprendre que des citoyens d’un même pays ayant voyagé dans le même avion sont traités différemment à cause leur statut social? Nous attendons des explications du gouvernement de Gon dont l’avenir politique dépendra certainement de sa gestion de cette pandémie.

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