La Chronique du vice-président du PDCI-RDA, Kobenan Tah Thomas «  A minima de nos besoins de paix ! »

La Chronique ‘’Les Actualités Politiques Ivoiriennes’’, numéro 41 du mercredi 10 Août 2022 du vice-président du PDCI-RDA, Kobenan Tah Thomas.

 

Bonjour chères concitoyennes et chers concitoyens.

Actualité oblige, comment ne pas commenter les événements de la commémoration de l’accession de la Côte d’Ivoire à la souveraineté nationale ! Et comment surtout ne pas mettre en corrélation le déroulement de cette fête, disons plutôt essentiellement les décisions politiques prises par le Chef de l’Etat, et l’événement de la rencontre du 14 juillet dernier, qualifié de « rendez-vous de réconciliation et d’apaisement », destiné, nous avait-on dit, à devenir le premier d’une série ! Sans se faire prophète annonciateur de décrets mauvais, la fête nationale du 07 août 2022 et ses contours (officiels et officieux) auront marqué un coup de sabre à l’élan enthousiaste du dialogue de haut niveau qui s’était dessiné déjà au soir du 14 juillet ivoirien.

Sur cet agenda de décrispation de l’atmosphère politique, du renforcement de l’unité nationale, de l’inclusion de tous les acteurs dans le long processus de réconciliation, notre moisson est restée bien chétive, mièvre même !

Evidemment, dire qu’il n’y a rien eu de bon dans l’adresse à la nation du 06 août, ce serait insulter la capacité d’appréciation de nos concitoyens. Et ils sont nombreux à savourer encore à leur pleine mesure, les décisions relatives à l’amélioration des allocations familiales. En effet, l’extension du bénéfice de l’indemnité contributive au logement à l’ensemble des fonctionnaires et agents de l’Etat est une belle parade, une excuse pour dribbler l’opposition politique et pour amadouer les syndicats. D’ailleurs, elle concernera désormais l’ensemble de la corporation et elle se bonifie de surcroit car depuis 1993, elle n’avait l’objet d’aucune attention. Il en est de même pour la prime mensuelle de transport qui se bonifie elle aussi. Et la cerise sur le gâteau, la revalorisation de l’allocation familiale qui passe de 2500 FCFA à 7 500 FCFA par mois et par enfant, selon les modalités d’application habituelle, pour tous les fonctionnaires et agents de l’État, y compris les Forces de Défense et de Sécurité ; mesure inédite peut-être ! Si nous complétons la liste avec la promesse d’une prime exceptionnelle de fin d’année, on aura compris que finalement, Ado a choisi son angle d’attaque pour se prémunir contre la tenue d’un dialogue franc qui servirait à résoudre les questions de base.

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Ruse politicienne ou stratégie de boulangerie politique ?

Les maîtres de l’économétrie calculeront à posteriori les incidences sur le budget dont les déficits ne sont plus à démontrer ! Mieux, le financement de ces augmentations destinées à satisfaire des visées politiciennes va exiger d’approfondir une dette déjà pesante – plus de 21 mille milliards de FCFA de cumul. Ceux qui jubilent donc doivent comprendre que les populations concernées par cette faveur présidentielle – si faveur il y a – ne représentent pas plus de 2% de la population nationale qui subit la cherté du coût de la vie. Si nous appliquons la fiscalité sur ces « avantages », ils cessent d’être avantageux pour les bénéficiaires.

Et pour clouer le bec à l’opposition au cas où elle risque de geindre, le Chef de l’Etat lâche une grâce présidentielle à Gbagbo Laurent, une grâce-piège dirait-on, un silence radio à l’endroit de Soro et Blé, idem pour les militaires de la crise post-électorale, aucun mot  et tant pis pour Bédié, le vagabond du dialogue national inclusif. Les fastes de la fête de Yamoussoukro furent un bon théâtre pour sacrifier le peu d’espoir engrangé à l’issue du coup d’envoi du match de la réconciliation engagé le 14 juillet dernier.

Merci et à la semaine prochaine.