Yaye 2019: la Mairie de Dabou et les organisations communautaires officialisent leur soutien au SND de Lath Meless

Par Léon SAKI – Afrique Matin.Net

M. Lath Meless entouré de ses membres

Pour une gestion participative du Yaye et une implication effective des populations du département dans l’organisation de l’édition 2019 du festival des arts et cultures du peuple Odjoukrou, le SND (Socraff N’gbafrè de Dabou), organisateur principal, a tenu une séance de travail avec les communautés autochtones et Allochtones, la jeunesse, les femmes et les associations de Dabou, ce samedi 02 mars au centre culturel de la ville. Cette rencontre qui s’est déroulée sous le regard bienveillant des Eb Ebu, patriarches et détenteurs du pouvoir dans la sphère Odjoukrou a donné lieu à deux communications. La première, rendue par l’impétrant Lath Meless, Président du SND, portait sur l’histoire du Yaye Festival de Dabou. Il s’agissait ainsi pour lui de restituer la vérité sur la paternité du festival disputée avec d’autres personnes.

Selon le président du SND, commissaire général du Yaye 2019, la création du festival des arts et cultures du peuple Odjoukrou, dont il est l’initiateur, a été motiviée par l’absence d’activités culturelles louables capables de promouvoir le riche patrimoine du peuple Odjoukrou. « Dabou peut devenir un autre pôle culturel à travers la promotion de la civilisation Odjoukrou. Une civilisation grande et glorieuse qui assume, depuis des siècles, son destin à travers une créativité féconde: danses, musiques, instruments, jeux, saveurs gastronomiques, costumes, parures, ornements … repères esthétiques de grande valeur, incrustées dans des fêtes générationnelles, qui n’ont de référence que par rapport à elles- mêmes. Malheureusement, elles sont peu promues. Il est vrai, des efforts importants et louables ont été faits par les populations, les artistes, les cadres et les entités décentralisées et déconcentrées pour la promotion des us et coutumes de cette région, mais force est de reconnaître que beaucoup reste à faire pour cette culture riche du point de vue patrimonial et dont le fort potentiel créatif n’est plus à démontrer », a-t-il reconnu. 

Une vue de la salle


C’est fort de ce constat, dira-t-il, que des jeunes du département de Dabou, avec lui à leur tête, ont mis sur pied l’ONG Soccraf N’gbafrê de Dabou en juin 2006. Une association à caractère culturel qui veut donner un coup d’accélérateur aux initiatives existantes, intégrer les objectifs culturels aux stratégies de développement, encourager la coopération culturelle interne, impliquer les forces vives (et surtout les femmes) et développer toutes les valeurs dynamiques du patrimoine culturel du peuple ODJOUKROU par l’appropriation réelle du capital historique existant, élément fondateur de son identité afin de les promouvoir.
Une meilleure définition de la politique culturelle impliquant de véritables travaux de réflexion et une participation de toutes les consciences, le SND organisa le samedi 27 septembre 2014, selon le conférencier, un séminaire au centre Hôtelier Akparo de Dabou pour définir « la politique de valorisation du patrimoine culturel du peuple Odjoukrou ». « Placé sous le parrainage de la Ministre Jacqueline Oble, cette activité qui a vu la participation des cadres du département, des autorités administratives et coutumières a été sanctionnée par plusieurs résolutions dont les plus importantes sont : la mise en place de relais dans tous les villages et l’organisation d’un festival ». Le festival des arts et cultures Odjoukrou dénommé LE YAYE DE DABOU qui suscite aujourd’hui tant de passion, est né au lendemain de ce séminaire, notamment le 18 novembre 2014, et non pas en 2017 comme veulent le faire croire certaines personnes, a précisé le président Lath Meless.

Le Patriarche LEKRE Bedi Badra


Durant les trois années qui vont précéder l’organisation de la première édition du Yaye, le SND va alors investir villages et hameaux afin d’impliquer tout le monde. C’est dans cette ambiance, dira le président, que le Yaye 2017 a lieu avec succès. Mais des dissensions vont apparaître lorsque ceux qui avaient au départ qualifié le projet de « non fiable » s’activeront à l’accaparer pour en faire leur instrument personnel, créant par la même occasion un compte parallèle pour « détourner » les fonds du festival. « Au finish, ils écartent tous les initiateurs du Yaye de l’organisation pour mettre à exécution leur projet d’usurpation. Mais ils étaient loin d’imaginer que le SND avaient déjà pris les précautions idoines pour protéger son projet à l’OAPI et dans toutes les instances culturelles et industrielles », explique le président Lath Meless. Dès lors, il s’en suit, dira-t-il, une crise de paternité de l’événement que tente de régler, sans succès, les EB Ebu, dépositaires de la tradition Odjoukrou, rabroués au passage par les Obdjlou Afokr. Devant un public très attentif, le Président Lath Meless, met ainsi au grand jour toute la vérité liée à la crise du Yaye. Une crise dans laquelle, la grande chefferie traditionnelle Odjoukrou, les élus, la jeunesse et les communautés allochtones se sont accordés pour apporter leur soutien au SND. La mairie de Dabou n’a pas attendu les délibérations de cette affaire pendante à la justice pour accorder son soutien au SND reconnu par elle, comme l’initiateur du Yaye. Une reconnaissance formulée dans un document délivrée et confirmée lors de cette assemblée par le deuxième Adjoint Maire, M. Getro. « Je le dis et le confirme ici devant tout le monde que la Mairie de Dabou, reconnait le SND comme l’organisateur officiel du Yaye de Dabou », a déclaré solennellement l’adjoint au Maire. Si toutes les voix officielles reconnaissent désormais le SND comme organisateur principal du Yaye de Dabou, le président Lath Meless lui, continue de tendre la main « aux dissidents » en les invitant à se joindre à eux pour faire triompher la culture Odjoukrou longtemps demeurée dans l’antichambre malgré ses potentialités indiscutables et inégalables.
La deuxième communication du jour a été faite par Théophile Meless, Secrétaire Général du SND. Elle portait sur « la place des communautés autochtones et allochtones dans l’organisation du Yaye 2019 ». Après avoir brandi, une à une, toutes les pièces justificatives de la paternité du Yaye, il s’en est suivie une série d’échanges et d’interventions dont les plus pertinentes furent celles de Jean Agnimel dit Picket et du patriarche LEKR Bedi Badra. Les deux hommes ont invité le SND, qui prône la cohésion sociale et le développement, à avancer sereinement dans l’organisation de l’édition 2019, parce que l’ancienne équipe, selon eux, a montré ses limites à tous les niveaux. La rencontre s’est achevée par l’appel du Président du SND invitant les organisations présentes à s’impliquer dans l’organisation du Yaye 2019.

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