Transfert du siège de l’ICCO en Côte d’Ivoire : Quelles retombées pour les producteurs de Cacao ?

Par Christ Zorro Afriquematin.net

Ce mardi 25 avril 2017, le vice-président de la république de Côte d’Ivoire, Mr Kablan Duncan, accompagné de plusieurs personnalités politiques, d’hommes d’affaires et de chefs coutumiers, ont procédé à l’inauguration du nouveau siège mondial de l’organisation international du cacao(ICCO). Les producteurs bénéficieront-ils réellement de ce transfert du siège en Abidjan ?

Si l’implantation du siège, de Londres à Abidjan, vise, selon le directeur exécutif de l’ICCO, Mr Jean Mark Anga, un meilleur accès à l’information et aux nombreuses opportunités dans ce secteur d’activité, cela constitue à coup sûr une réelle bouffée d’oxygène pour nombre d’opérateurs de ce secteur.  En effet, l’opacité dans la gestion des flux financiers  liés  au négoce dans l’industrie cacaoyère et la fixation des prix du cacao à l’échelle mondial a de tous temps été perçue par les producteurs comme l’entrave principale à leur bien être. S’il s’avère donc que l’implantation de l’ICCO en Abidjan a pour but principal de lever ces verrous, une ère nouvelle s’annonce pour ainsi dire pleine d’espoir pour nos paysans et tous ceux qui vivent du travail du cacao.

Depuis plus de trois décennies, les cacaoculteurs de Côte d’Ivoire  recevaient moins de 50% du prix fixé à L’international tandis que ceux d’autres pays se faisaient la part belle avec un prix avoisinant les 80%. Les mécanismes de fixation de ce prix et le poids des chocolatiers internationaux permettront-ils la transparence dans ce marché comme le préconisent les dirigeants de l’ICCO ? Rien n’est moins sûr. Une implication directe des producteurs dans la gestion de l’industrie cacaoyère est-elle l’une des innovations majeures dans cette volonté de rapprochement du siège mondial de l’ICCO vers les pays producteurs? L’avenir nous le dira. Pour l’Heure, la chute du cours  mondial de la fève continue toujours de semer la désolation au sein des producteurs et des petits exportateurs. La fixation du nouveau prix du kg à 700 par l’autorité gouvernementale n’est pas du goût des travailleurs du secteur, malgré les justificatifs de l’exécutif.

Espérons seulement que le rapprochement du siège de l’organisation mondiale d’avec les dures  réalités de la production du cacao dans un pays comme la Côte d’Ivoire permettra davantage aux véritables décideurs de s’imprégner des difficultés en amont et en aval du système.

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