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Syrie, Afghanistan, Irak: vers la fin de l’hégémonie militaire des Etats-Unis?

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Par Carell Bohoui-Baclaud, Stratégies politiques et Sociales. 

L’hégémonie américaine incontestée depuis l’entrée en guerre à l’internationale des Etats-Unis à la faveur de la deuxième guerre mondiale pourrait être sérieusement ébranlée et remise en cause par les dernières frappes de l’US Army contre une base militaire syrienne.

Un coup de Bluff

Ces frappes qui s’apparentent davantage à un coup de bluff qu’à une volonté réelle des USA d’entrer en guerre contre la Russie, le principal allié de Damas, font courir au pays de l’oncle Sam, le risque de se voir contester sa suprématie militaire forgée depuis la 2ème guerre mondiale.

Les objectifs de la réaction américaine en représailles à une attaque chimique prétendument attribuée, sans enquêtes, aux forces de Bachar El Assad, ne visent visiblement que trois principaux buts politiques et militaires.

C’est un signal à l’endroit du bloc Chino-Russe et ses alliés,  de l’Otan puis enfin et surtout à direction de l’Amérique profonde.

En effet, Il s’agit dans un premier temps,  de réaffirmer la suprématie et la capacité de réaction d’une Amérique en doute face à la montée en puissance militaire et économique de la Russie et de ses alliés dont la chine et l’Iran.

Ces frappes visent ensuite à démontrer les capacités de l’Amérique à agir de manière solitaire face aux défections de l’Otan dont de nombreux pays membres sont à la traine et pas toujours favorables à ses visées.

Il est enfin question pour  Donald Trump de se réconcilier avec  son parti en démontrant par la même occasion sa liberté d’Agir face à la Russie avec qui il est soupçonné d’affinité.

USA, une puissance en plein effondrement

Même si l’Amérique mise sur l’incapacité (la volonté) de la Russie à riposter à ses attaques par crainte de représailles, le pays de l’oncle Sam n’ignore pas les nombreux avertissements des experts.

Le conflit américain contre les insurgés en Irak et en Afghanistan a déjà montré ses limites militaires, tandis que l’effondrement des marchés financiers mondiaux a ébranlé les fondements du système économique desquels elle puise sa puissance.

Selon l’Institut international des études stratégiques à Londres, dirigé par John Chapman, la part américaine du pouvoir mondial (au niveau militaire et économique) est en régression, quelque soient les méthodes utilisés pour la mesurer.

Le directeur du centre d’études  Chatham Hous, Robin Niblett abonde dans ce sens. Il indique pour sa part que  la montée de l’influence de la Chine, de l’Inde, de la Russie et de l’Union européenne ont compliqué la tâche aux États-Unis d’exercer leur suprématie. Ce dernier estime que  « quoique les États-Unis demeurent la nation la plus puissante du monde, il est certes difficile pour eux d’imposer leur pouvoir et d’influer sur les autres’’

Outre ces rapports, les services de renseignements américains eux- mêmes estiment que la Chine, la Russie, l’Iran et la Corée du nord sont capables de menacer les intérêts des Etats-Unis via des moyens traditionnels (force militaire et espionnage) et avancés (cyber-opérations).

Un expert militaire américain se veut plus précis. « Non seulement l’armée russe est devenue plus professionnelle, mais elle a aussi mis en place un arsenal d’armes conventionnelles sophistiquées, tandis que les Etats-Unis et leurs alliés n’ont pas investi suffisamment de ressources dans les nouvelles technologies »

Le réveil militaire de la Russie

Les militaires américains reconnaissent que l’armée russe surpasse celle des Etats-Unis dans plusieurs domaines. Les frappes à grandes distances, l’utilisation des systèmes électroniques, la cyber guerre et les guerres hybrides. Les armes antichars russes constituent également une menace majeure pour les blindés américains, indique-t-il.

Vu ces différents rapports, il est aventureux pour l’Amérique de poursuivre sur  sa lancée guerrière. Si un conflit ouvert ne semble pas d’actualité entre les deux blocs, Vladmir Poutine a bien conscience du danger que représente pour la Russie la reprise en main totale du leadership mondial d’une Amérique en perte de vitesse dans la guerre géostratégique que se livrent ces deux puissances à distance. Et la perte de la Syrie représenterait une défaite majeure pour Poutine.

Fort de ces différents paramètres, la Russie a  affirmé sa détermination à riposter à toutes nouvelles attaques.

L’exécutif américain prend ces menaces très au sérieux car plus que par le passé, la Russie en a les moyens. Les américains qui ne l’ignorent pas, auraient bien tort de s’engager une nouvelle guerre en plus des bourbiers afghan et irakien dans lesquels elle est enlisée depuis plus de 10 ans face à des forces moins puissantes.

La visite du Secrétaire d’Etat Américain à la défense au pays de Poutine est le signe d’une volonté de Donald Trump d’apaiser les tensions avec la Russie après son coup de Bluff.

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