Situation au Mali /Quand Macron infantilise les chefs d’Etats de la Cédéao/Uémoa

Par Dr Brahima Fomba*

 Le Président Macron, dressé sur ses ergots, au milieu de ce qui ressemble à une basse-cours de la Cédéao/Uémoa où il règne en maître absolu, continue d’instruire ses Chefs d’Etats toujours prompts à obtempérer à ses moindres caprices. Une honte pour les Africains de l’Ouest ressortissants communautaires de ces deux organisations sous régionales, ne brillant plus que par les gémissements du supplice de leur vassalisation sous l’emprise du Président Macron.

 Deux organisations sous-régionales manipulées  

Deux organisations sous-régionales qui dysfonctionnent comme des marionnettes institutionnelles sans foi ni loi, instrumentalisées par les intérêts extra régionaux de la France impérialiste. Deux organisations- qui méprisent autant leurs textes fondateurs que les peuples et les nations de leurs Etats membres au nom desquels elles prétendent agir. Deux organisations- avec leurs Chefs d’Etats au statut rabaissé à celui de petits Gouverneurs de la France coloniale, incapables du moindre sursaut d’orgueil face à l’arrogance condescendante de la France et de son Président Macron.

Selon le Dr Brahima Fombaou, « toutes les activités institutionnelles majeures de la Cédéao/Uémoa n’ont brillé que par le rôle de simples marionnettes de la France joué par les Chefs d’Etats dans leur animation ».

Pauvres chefs d’Etas mis à plat ventre  

Pauvres Chefs d’États Cédéao/Uémoa ! Alors que, toute honte bue, ils consument leur énergie du désespoir à convaincre de leur autonomie de décision et d’actions engagées contre le Mali, le Président Macron qui incarne leur déshonneur, ne porte même plus de gant ni de masque pour expliquer au monde entier qu’ils ne sont rien d’autres que de petits marionnettes dont il tire les ficelles qui orientent docilement la Cédéao/Uémoa dans la direction voulue par la France. Parce qu’en toute souveraineté, le Mali a engagé une procédure de suspension de RFI et France 24, Macron dans tous ses états, hors de ses gonds. On apprend de lui que la Cédéao/Uémoa sont de véritables organisations passe-partout, attrape- tout, à sa solde ou plutôt à ses bottes, qui doivent également exceller en matière de liberté de la presse française importée et installée dans notre considéré comme sans maître. Des excroissances territoriales de la France métropolitain en somme !

S’en prendre à la « liberté de la France » ?  

S’en prendre à la liberté de la presse française qui est au-dessus de liberté de la presse ?  Quel sacrilège ! Sanctionner des organes de presse étrangers pour raison de propagande alors qu’on ne s’appelle ni l’Union européenne ni la France de Macron : quelle témérité de la part d’un Etat souverain comme le Mali ! L’outrecuidance malienne de vouloir suspendre RFI et France 24, à l’instar de la France et de l‘Union Européenne qui pour les mêmes raisons viennent de suspendre les médias russes RT et Sputnik, ne peut mériter que des sanctions exemplaires. Macron ne va bien sûr pas d’emblée se salir les mains, tant que restent disponibles les Nègres blancs de la Cédéao/Uémoa pour accomplir le sale boulot. Comme d’habitude, il met en mission commandée la Cédéao/Uémoa en la personne du Président Ghanéen Nana Akufo-ADO. L’anti Kwame Nkrumah ?

La Cédéao/Uémoa Sommée de laver l’affront du Mali

Toutes les activités institutionnelles majeures de la Cédéao/Uémoa n’ont brillé que par le rôle de simples marionnettes de la France joué par les Chefs d’Etats dans leur animation. Validant publiquement et une bonne fois pour toute, ce qu’on s’évertuait à faire passer pour un faux procès instruit à l’encontre du petit club de nos Chefs Cédéao/Uémoa, Marcon, tel un repenti, est ainsi passé aux aveux ce 17 mars 2022 : « Depuis 2021, je l’ai dénoncé en appelant la Cédéao à agir avec beaucoup plus de fermeté…Nous avons ensuite renforcé notre pression… Je souhaite que les Maliens et les Maliennes puissent avoir les autorités démocratiquement élus qu’ils méritent… J’en appelle à la Cédéao et à l’UA pour prendre les décisions qui conviennent et que la France appuiera…Je compte m’entretenir avec le Président Nana Akufo-Ado Président en exercice de la Cédéao pour l’appeler à prendre toutes les décisions utiles en la matière ».

L’insolence humiliante du président Macron  

Quelle insolence de la part du Président Macron performant dans la comédie de ce rôle paternaliste d’un autre âge, à l’accent de mélodrame d’humiliations qu’il inflige au passage aux Chef d’Etats de la Cédéao/Uémoa. On frôle ici l’indécence mal emballée dans une couverture diplomatique déshonorante pour l’Union Africaine, la Cédéao/Uémoa et les peuples conscients du monde, d’Afrique, d’Afrique de l’Ouest et du Mali !

Nos Chefs d’Etats de la Cédéao/Uémoa à la légitimité venue d’ailleurs pour la plupart, ne sont-ils pas condamnés à n’être que des machines programmées comme des robots, formatées pour instaurer des gouvernances extraverties sous le label du « démocratiquement élus », devenu l’arbre qui cache la forêt d’hypocrisie des narratifs de l’arrogance française des choix politiques souverains de nos pays ? Si le Président Macron et la France appuyés par une insignifiante racaille de politiciens peu recommandables s’agite comme un beau diable pour imposer des autorités « démocratiquement élus » au Mali, à l’instar d’un bébé qui pleurniche pour son biberon, chacun sait que ce n’est nullement pour les intérêts supérieurs de la nation malienne. Pourquoi le Président d’un pays extra africain, de surcroît ex colonisateur, aurait-il de la légitimité à déterminer ce qui est bon pour le Mali et les Maliens ?

Questions aux chefs d’Etats Cédéao/Uémoa    

Nana Akufo-Addo et les Chefs d’Etats humiliés de la Cédéao/Uémoa, auront-ils de nouveau l’indécence de se mettre à plat ventre devant le chantage malsain de la France et de son arrogant Président Macron ? Vont-ils de nouveau, sur injonction du Président Macron, punir dans l’illicéité, l’illégitimité et le déshonneur institutionnel de la Cédéao/Uémoa, le Mali, pour avoir simplement et le plus naturellement du monde, manifesté son droit d’Etat souverain à faire respecter sa législation nationale en matière de liberté de la presse ?

En parlant justement de liberté de la presse sur notre territoire national, qui décide in fine de ses limites, des atteintes qu’elle subit ? Le Président Macron ? Les groupes de médias français ? L’Union européenne ? Les Chef d’Etats manipulés de la Cédéao/Uémoa ? Ou alors la législation nationale de l’Etat souverain du Mali ? Si l’on convient que l’atteinte à la liberté de la presse ne vaut que pour les médias, dans quelle mesure peut-on soutenir que RFI et France 24 ne cochent pas aux cases de la diffusion de la propagande française et de sa campagne revancharde et indécente de dénigrement du Mali ?

Quand les masques de l’asservissement se mettent à tomber   

Le Mali dont la dignité retrouvée contribue jour après jour, à déshabiller pièce par pièce, la grosse supercherie des valeurs soi-disant universelles dont se targuent le Président Macron et sa France, mais qui se révèlent en fait des instruments d’asservissement des autres peuples et leur droit souverain et légitime à la différence en matière politique, économique, sociétale et culturelle.

L’arrogance française par la bouche de Macron met ainsi à nu et révèle dans toute sa laideur, l’hypocrisie de son « deux poids deux mesures » avec la doublure des standards, à la fois valables pour la France et non valides et irrecevables pour le Mali et les Maliens. Il est temps, grand temps, de se débarrasser enfin de ces chaînes virtuelles qui asservissent nos peuples et nos pays.

 Université des Sciences Juridiques et Politiques de Bamako (USJPB)*