San-Pedro : un litige foncier oppose les villageois de ‘’Charbonnier’’ et cinq autres villages

 

Enquête réalisée par Haidmond Kaunan/ Afriquematin.net

 

Un litige foncier oppose les villageois de Ménolé, Taky, Nando, Dimoulé, Baba et Charbonnier. Les pourparlers et différentes médiations menés par les autorités locales pour trouver un compromis entre les cinq parties n’ont pas pu aboutir récemment, a appris Afriquematin.net de source proche d’une des parties.

 

‘’Charbonnier’’, est un village situé à 18 Km de la commune de San-Pedro et à 41 Km de la sous-préfecture de Grand-Béréby. La population est composée d’allogènes et d’allochtones. Récemment, ces cinq villages composés de plus de 300 personnes se sont retrouvés sur le site du village dénommé ‘’Charbonnier’’ pour réclamer leur part d’héritage.

En effet, les villageois de Ménolé et Taky avaient installé des allogènes maliens et des allochtones ivoiriens sur des terres cultivables depuis 1984. Et depuis lors, chaque camp s’autoproclame propriétaire terriens. Deux autres villages dénommés Dimoulé et Baba, devenus aujourd’hui des quartiers de la commune de San-Pedro, à cause de la forte urbanisation réclament aussi les terres ‘’Charbonnier’’ comme leur patrimoine privé.

Selon les autorités coutumières de Ménolé, les terres ‘’Charbonnier’’ leur appartiennent. Gosso Lazare, chef du village Ménolé souligne que «la route internationale San-Pedro-Tabou constitue la limite entre mon village et celui de Nando. Il n’est donc pas question de céder les parcelles qu’on a octroyées aux allogènes et allochtones».

Djiro Pierre, représentant du village Nando a révélé pour sa part que les populations de ce village ont morcelé et vendu par la force leurs terres aux allogènes et allochtones.

« Nous avons les documents de toutes ces parcelles. A partir de 1984 la famille Yébarth de Ménolé ont dépiécé nos terres par la violence pour vendre à tous ceux qui étaient en quête de forêts… », révèle-t-il avant d’expliquer l’origine du l’appellation ‘’Charbonnier’’ «  Des non-nationaux se sont installés au bord de la route pour fabriquer du charbon. C’est ainsi que la population a baptisé ce village Charbonnier ».

Quant au village Taky, il est le plus proche de ‘’Charbonnier’’. Ses fils aussi réclament leur part « Nous avons installé des allogènes tout autour du site du CNRA. Nous ne voulons pas partager ce site avec personne», martèle  Kla Théodore, ressortissant de Taki.

Les pourparlers et différentes médiations menés par les autorités locales pour trouver un compromis entre les cinq parties. Koné Kapié, Sous-Préfet de San Pedro a fait savoir que Dimoulé et Baba ne sont pas en phase de revendiquer une terre à ‘’Charbonnier’’. En  conséquence, il a demandé aux autres villages (Ménolé, Taky et Nando) de produire les documents qui attestent qu’ils sont des propriétaires terriens de ‘’Charbonnier’’. L’autorité locale a dilligenté une enquête afin régler ce contentieux.

Il faut dire qu’un conflit foncier existe depuis les années 1990 entre les villages de Taky, Ménolé et ou encore Hioui, le village mère d’Adjamené.

 

 

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