Réconciliation nationale/ Kobenan Tah Thomas (vice-président du PDCI) interpelle le pouvoir : « Il faut dialoguer pour prévenir les cassures »

La Chronique ‘’Les Actualités Politiques Ivoiriennes’’, numéro 36 du mercredi 22 Juin 2022 du vice-président du PDCI-RDA Kobenan Tah Thomas.

 Dialoguer pour prévenir les cassures. 

Bonjour chères concitoyennes et chers concitoyens.

La France vient de renouveler les 577 sièges de l’Assemblée nationale avec le second tour des législatives du 19 juin 2022. Deux faits majeurs retiennent notre attention et font office de bonds positifs que j’invite à examiner en comparaison avec notre situation politique en Côte d’Ivoire.

D’abord, conformément aux pronostics des instituts de sondages, Ensemble, la coalition politique du président Macron a gagné 245 sièges ; soit 38.6%. Ce score ne lui assure pas une majorité absolue comme il l’aurait souhaité. Face à lui, la Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale (Nupes) arrive en second rang avec 31.6% soit 131 élus et le Rassemblement National (RN) de madame Le Pen qui réalise 10 fois son score de 2017 avec 81 députés (17.3%) et les autres formations politiques qui totalisent 5.2%.

Aussitôt les résultats connus et ayant fait le constat de n’avoir pas eu l’occasion de réaliser une majorité absolue, M. Macron a entrepris des discussions avec l’ensemble de la classe politique ; du moins, avec les forces politiques disposant d’élus au Parlement. L’objectif de sa manœuvre est de convaincre la majorité des élus (plus de 60%) à soutenir sa politique et d’éviter un blocage dans le contexte de difficultés multiples dont une situation qui survit au Covid-19, à la crise russo-ukrainienne et ses conséquences catastrophiques sur l’Europe, etc…

Le président français aurait pu se suffire de sa majorité relative mais il ouvre un dialogue avec ses opposants pour anticiper les crises et blocages éventuels. Plus proche de nous, une autre image de la même catégorie reste celle du lieutenant-colonel Paul Henri Damiba, patron de la junte au pouvoir au Burkina Faso, qui a reçu les anciens présidents Roch Marc Christian Kaboré et Jean-Baptiste Ouedraogo dans le cadre de la crise sécuritaire qui ébranle tout le Burkina-Faso.

En France, l’on agit par prévention face à une fragmentation de l’Assemblée nationale. En Côte d’Ivoire, l’Assemblée nationale a fait montre d’une convergence d’idées et une synergie d’actions autour du nouveau PAN en début juin 2022. Et pendant ce temps, il continue de persister des ombres qui constituent des discordes dans nos processus électoraux. N’est-il pas temps de mettre à profit ce temps de grâce pour aplanir les points d’achoppements contenus dans les processus électoraux avant l’échéance d’octobre 2023 ? En tout cas, le chantier du dialogue reste une préoccupation importante. Au Faso, on remet en selle le disgracié de Ouagadougou invité à contribuer pour bouter le terrorisme hors des frontières du pays. Pourtant, ce sont les questions de sécurité qui lui avaient valu sa chute. Eh bien, les problèmes d’un pays transcendent les raisonnements des individus !

Le second fait important de la dernière législative en France est l’élection de Rachel KEKE Raïssa dans la circonscription de Val-de-Marne. Il faut féliciter cette immigrée d’origine ivoirienne, dame de chambre qui fait son entrée à la Chambre basse du Parlement français. C’est un parcours inédit. Mais déjà, elle essuie des attaques. On l’accuse d’avoir partagé ou liké des publications sur les réseaux sociaux favorables à « « Fdesouche » et « Marine Le Pen » sur un compte Facebook qu’on lui attribue, ou encore de racisme anti-maghrébin et d’avoir relayé de la propagande d’extrême-droite pro-Assad…Bien sûr, elle fait figure remarquable dans la nouvelle Assemblée nationale de France et il faut lui trouver des péchés qui la discréditeront dans la vision des Françaises et des Français. Accuser « une personne de couleur » en France d’être raciste ! C’est un peu gros quand-même !

Merci et à mercredi prochain.