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Maroc : les africains noirs cibles d’agressions récurrentes

Par Jean Levry – Afriquematin

L’agression de la journaliste ivoirienne, Sylvie Obité,  résidant au Maroc a levé le voile sur un phénomène devenu récurrent ces derniers temps dans le royaume chérifien. De fait, des membres de la communauté africaine subsaharienne sont pris pour cible par des jeunes marocains. Ces agressions qui se passent au vu et su de tous, même si elles n’ont souvent pour but que de dépouiller les victimes de leurs biens, prennent l’allure d’actes racistes.

C’est ce que dénonce Sylvie depuis son agression le 24 janvier 2019 à Rabat, la capitale marocaine en vue d’interpeller l’opinion publique sur les dangers auxquels sont exposés les africains noirs.
Plusieurs sites d’informations, ivoiriens et marocains ont relayé dans leurs colonnes l’information concernant l’agression brutale de la jeune ivoirienne qui vit au Maroc depuis 4 ans et qui travaille en qualité d’animatrice au sein de la radio «Kulture Mosaik» du Centre culturel africain du Maroc. Elle témoigne qu’en l’espace de quelques semaines, au moins 6 cas agressions ont ont été enregistrés au sein de la communauté subsaharienne vivant dans le royaume.


Sylvie qui s’est retrouvée avec un doigt fracturé et un mois d’invalidité, en plus de son sac à main emporté par l’agresseur, relate qu’elle a été choquée par l’indifférence des témoins de la scène en dépit de la violence inouïe de l’attaque, de surcroit en pleine rue et à 15 heures.

Les agresseurs, rapporte le site marocain yabiladi.com «sont généralement des jeunes sous l’effet de stupéfiants et à bord de motos» et que cette violence serait «ciblée», à en croire le témoignage de la jeune femme agressée. Le confrère marocain note également que « le même constat a été fait par Hermann Kenfack, directeur de la communication et du patrimoine du Centre culturel africain du Maroc (CCAM), qui affirme que le phénomène devient assez récurrent. »

 «J’ai dénombré quatre cas d’agression durant les cinq derniers jours et dans le même quartier. Les profils des victimes sont les mêmes : de jeunes femmes subsahariennes qui sortent seules pour faire leurs courses ou sortent de l’église. (…) Elles sont plusieurs et qu’il ne s’agit donc pas d’un phénomène isolé», a-t-il reconnu au micro du journaliste marocain.

Pour le moins que l’on puisse dire, c’est que les actes d’agression contre les hommes et femmes subsahariens vivant dans les pays du Maghreb se multiplient ces dernières années et il serait judicieux que les autorités de ces pays se penchent sur la question. L’on a encore en mémoire, l’assassinat du représentant de la communauté ivoirienne de Tunis en décembre dernier qui avait provoqué un sit-in des africains noirs devant l’ambassade de Côte d’Ivoire à Tunis pour demander que justice soit faite.

 

 

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