Mali/Un cadre de l’opposition ivoirienne porte son regard sur l’intervention du premier ministre par intérim

Par Jean-Yves Esso *

Lors de la tenue de la 77ème session de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies (ONU) à New-York le discours du premier ministre malien par intérim Abdoulaye Maïga a suscité beaucoup de réactions à la Tribune des Nations Unies à New-York, le 24 septembre dernier. Un cadre de l’opposition ivoirienne porte, à travers une lettre ouverte, un regard sur cette intervention qualifiée de « révolution » et de vérité.

 Monsieur le Premier Ministre,

Permettez-moi, en tant que citoyen de la Côte d’Ivoire, pays de la sous-région ouest-africaine, de vous adresser cette Lettre Ouverte suite à votre intervention C’est avec une joie immense et une fierté indescriptible que nous vous avons écouté en ce jour mémorable pour l’Afrique.

Jean-Yves Esso estime que « les nations africaines se doivent de s’émanciper d’abord par le Verbe et la parole décomplexée ».

Votre discours est à l’image de ce que vous avez réussi à faire du Mali en l’espace de quelques mois de gouvernance. Les nations africaines se doivent de s’émanciper d’abord par le Verbe et la parole décomplexée. L’heure n’est plus à la peur et aux compromissions assassines pour les peuples africains.

Vous venez, à travers ces quelques mots forts, profonds et lourds de sens, de ressusciter tous nos grands leaders panafricains que sont Patrice Lumumba, Kwame Nkrumah, Ahmed Sekou Toure, Modibo Keita, Thomas Sankara, Cheikh Anta Diop, Joseph Ki-Zerbo, Mouammar Kadhafi, et autres Mehdi Ben Barka…

Certes ce ne sont que des mots diront certains. Ce ne sont qu’imprudences, inconscience, témérité et enfantillages diront d’autres. Certains experts africains de l’obscurantisme politique diront qu’il faut savoir courber l’échine pour être plus efficace dans la haute politique et que cette hardiesse inutile vous coutera cher et pénalisera au final le peuple malien.

A ceux-là, nous répondons d’avance qu’ils sont passés à côté de la locomotive en marche et qu’ils resteront eternellement spectateurs des grands changements géopolitiques et géostratégiques de demain.

Monsieur le Premier Ministre,

Votre nation une, indivisible et fière, va très certainement être secouée par le séisme, que dis-je, le tsunami que vous venez de provoquer par votre discours historique, au sein de la communauté internationale, mais vous resterez unis et regroupés autour de nos valeurs africaines.

Même si le « 1987 » de Thomas Sankara et votre « 2022 » ne font pas partie de la même époque, ce monde reste, il est vrai, très dangereux. C’est une réalité…

Vous pourriez même y perdre la vie, certes. Mais que vaut cette vie d’humiliations constantes, de compromissions dégradantes, de brimades physiques et verbales perpetuelles pour les africains que nous sommes ? Même morts, nos leaders panafricains valent beaucoup mieux que certaines élites africaines vivantes d’aujourd’hui…

Vous êtes entré dans l’Histoire africaine par la Grande Porte. Votre nom et celui de votre pays resteront gravés dans les mémoires de nos enfants et petits-enfants car les jeunes générations feront ce qu’il faut pour inscrire cela en bonne place dans nos livres d’Histoire.

Aujourd’hui, je suis un africain heureux et fier car comme on dit chez nous : « Gbê est mieux que drap ».

Dieu bénisse l’Afrique.

Dieu vous garde.

Côte d’Ivoire

*Membre du bureau politique du PDCI