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Mali/Quelles voies pour sortir de la crise actuelle !

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Une enquête réalisée par un réseau de recherche panafricain indépendant et non-partisan, vient de mettre en lumière le scénario sur la crise qui secoue ce pays. Pour les auteurs de cet article, les causes proviennent du fait que les maliens ont mis en avant – le manque de patriotisme des dirigeants et la faiblesse de l’Etat. Nous vous présentons la seconde partie de cette analyse.

Il ressort des données de l’enquête qu’au total, 18% des personnes interrogées ont été personnellement affectées d’une manière ou d’une autre par les événements récents d’occupation et de conflit du Nord, 25% à travers un membre de leurs familles et 29% dans un cas ou dans l’autre.

 Pour l’ensemble des zones occupées, ces pourcentages sont respectivement de 57, 62 et 69% contre seulement 12, 19 et 23% dans les zones non occupées. Dans les régions du Nord, Kidal aura été la région la plus touchée en terme de proportion de population affectée d’une manière ou d’une autre par le conflit. De l’autre côté, Gao est la seule région où il y a proportionnellement plus de gens affectés directement par le conflit que par d’autres membres de leurs familles.

« Au-delà de la stabilisation -, le retour à une paix durable se pose avec acuité vu la violence des derniers évènements et la résurgence des conflits armés dans le septentrion. »

Il n’y a pas d’effet genre significatif dans l’affection des personnes par les événements d’occupation et de conflit au Nord. Par contre, les urbains le sont plus que les ruraux et les niveaux d’éducation secondaire et supérieur plus que les autres ainsi que les personnes dont l’ethnicité est « se sentir uniquement malien » comparativement aux autres.

Quand on regarde les différentes formes d’affectation des uns et des autres, 6 reviennent le plus fréquemment pour l’ensemble des personnes interrogées sans distinction de leurs localisations respectives. Ce sont la destruction ou fermeture d’affaires, la perte d’emploi, la prise en charge de déplacés, le changement d’occupation, assister à des tueries ou blessures, l’intimidation ou la menace, pour ce qui est des personnes directement affectées.

 Cet ordre ne change pas (à la seule exception de la prise en charge de déplacés qui est relégué au 6ème rang) même quand on ne s’intéresse qu’aux personnes interrogées dans des zones jadis sous occupation jihadiste et rebelle, ce qui change c’est l’amplitude des proportions qui passe au moins du simple au triple. L’ordre ne change pas non plus selon le genre, en tout cas pas significativement. Au demeurant, les femmes semblent avoir souffert proportionnellement plus que les hommes des abandons ou expulsions de maisons.

En regardant certaines formes particulières d’affectation, il ressort que Gao a connu les plus forts taux de punitions selon la charia (18% ici contre 1% dans tout le pays et 7% dans l’ensemble des zones occupées) et de harcèlement sexuel ou viol (2% contre 0% respectivement 1%). Kidal enregistre la plus forte prévalence en matière de tortures, pour 8% contre moins de 1% au total ou encore 3% dans les seules zones occupées.

S’agissant des personnes qui déclarent que des membres de leurs familles ont été affectés d’une manière ou d’une autre par les évènements d’occupation et de conflit du Nord, elles mettent en avant les mêmes 6 formes d’affectation que pour les personnes directement affectées personnellement. Les régions les plus concernées sont celles du Nord ainsi que Mopti.

Il faut signaler que 5% des répondants déclarent que des membres de leurs familles sont morts des suites de l’occupation et du conflit, taux qui est de 25% à Kidal, 15% à Tombouctou et 8% à Gao et Mopti chacune. La prévalence de la punition de membres de famille selon la charia est de 25% à Kidal et 22% à Tombouctou contre 15% et 14% à Goa et à Mopti respectivement. L’agression physique et la torture ont été les plus pratiquées à Tombouctou et Kidal (29% et 27% pour l’agression physique respectivement et 19% et 18% pour la torture respectivement).

Sur les dix-sept (17) formes d’affectation personnelle, un répondant a déclaré les avoir toutes subies tandis que personne n’a subi à la fois les 13, 14, 15 et 16 formes. Il y a au total 18.5% des personnes interrogées qui ont subi au moins une des formes d’affectation personnelle des évènements récents d’occupation et de conflit du Nord.

Quand il s’agit des membres de famille, les répondants citent d’un (1) à dix-huit (18) façons d’avoir été affectés par le conflit sur les 25.4% de personnes affectées d’une manière ou d’une autre. Ici, on dénombre jusqu’à sept (7) répondants le nombre de personnes déclarant avoir eu des membres de famille affectés par dix-sept (17) ou dix-huit (18) formes possibles d’affection chacune, soit quand même 2% des personnes affectées à travers des membres de famille.

La violence en politique

 En décembre 2012, l’enquête Afrobaromètre avait révélé que 28% des sondés trouvaient nécessaire de faire usage de la violence pour une bonne cause, ce qui constituait le taux le plus élevé de tous les rounds précédents dont celui de 2005 où ce taux n’était que 15%. Ce résultat faisait suite à l’occupation des deux tiers du territoire national par les groupes armés islamistes et rebelles.

Un an plus tard, ce taux est redescendu à 23%, taux qu’il avait atteint en 2002, année d’élection d’ATT à la magistrature suprême sous fond de contestations des résultats proclamés. Le taux de 28% en 2012 avait été essentiellement induit par Ségou (52%) et Koulikoro (35%), les mêmes régions qui sont pour beaucoup dans la baisse du taux pour 9% respectivement 16% dans les 24% de 2013. Ces deux régions constitueraient de hauts lieux d’empoignade politique entre candidats aux élections.

L‘occupation de zones par les djihadistes reste une problématique

Sur l’ensemble des rounds observés, la nécessité de recourir à la violence en politique est davantage perçue par les jeunes et les personnes de niveaux secondaire et supérieur d’éducation. En 2012, cela n’est pas absolument vérifié où l’on ne perçoit aucun effet, genre ou éducationnel, significatif. En 2013, la corrélation positive avec l’éducation et négative avec l’âge s’observe à nouveau.

 La prévalence de 23% de cette année-là est essentiellement portée par les moins de 25 ans, les intellectuels de niveau supérieur et cela principalement dans les régions de Kidal, Sikasso et Kayes. A la question précise de savoir si la violence était inévitable en politique, un malien sur cinq le pense vraiment, cette fois sans véritable effet âge ni éducation. Il est curieux que les répondants des zones jadis occupées le pensent beaucoup moins que ceux des zones non occupées, 16% contre 21%.

 Les régions les plus liées à l’idée que la violence est inévitable en politique sont Kayes (36%), Bamako (31%) et Gao (27%). Cela contraste nettement avec les régions de Ségou (10%), Tombouctou (12%) et Koulikoro (14%). Pour Ségou et Koulikoro, cela est une inversion de tendance par rapport aux résultats, une année auparavant.

Comment s’en sortir

Au-delà de la stabilisation -, le retour à une paix durable se pose avec acuité vu la violence des derniers évènements et la résurgence des conflits armés dans le septentrion. Ce qui pose le problème de la gouvernance et des conditions structurelles à satisfaire pour résoudre le conflit tout en allant à ses racines. Aussi, importe-t-il de scruter l’opinion des maliens quant à la probabilité qu’une énième signature d’accord soit la base d’une paix durable.

 A suivre

Source : afrobaromètre

 

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