Législatives du 6 mars/ les paysans lésés abandonnent le régime Rhdp 

Par Haidmond Kaunan/ afriquematin.net

Le 06 mars 2021, les électeurs résidant sur le territoire national sont invités à désigner les représentants du peuple de Côte d’Ivoire à l’Assemblée Nationale, par la voie des urnes. Les paysans lésés par le régime Rhdp veulent changer la donne. 

Le prix du kilogramme de cacao bord champ a été fixé à 1000 F CFA pour la campagne cacaoyère 2020-2021 à la veille de la campagne pour l’élection présidentielle du 31 octobre 2020. Cette décision du président  qu’on pourrait qualifier de bonne nouvelle pour les planteurs va vite laisser place à la désillusion. En effet, même si le prix de 1000 FCFA est théoriquement appliqué par les acheteurs, le quotidien des producteurs n’a guère changé. Et pour cause, les acheteurs ne disposant pas de liquidité, ils ne payent pas cash la production. En d’autres termes, après la pesée, ils délivrent un reçu sous forme d’avoir aux paysans et partent ensuite livrer au port avant de revenir plusieurs jours ou semaines plus tard pour remettre l’argent. Une attente qui parait comme une éternité pour des producteurs qui croulent sous le poids des charges quotidiennes. A cela, il faut ajouter le mauvais état des routes qui ne facilite pas l’écoulement de leur marchandise.  Et pourtant, la population rurale constitue plus de la moitié de l’électorat national. Ces pauvres paysans ont beau crié leur ras-le-bol, l’Etat est resté tout droit dans ses bottes. 

Cette population qui se sent lésée pourrait-elle fait-elle confiance à nouveau au régime ? 

L’on a encore en mémoire les propos d’un candidat RDR à Mégui en juin 2009 « Donnez-moi le pouvoir, chers parents producteurs de cacao, café, caoutchouc, palmiers à huile, je vous le rendrai en vous donnant la gestion de toutes ces filières agricoles. Vos produits connaîtront une meilleure rémunération ». 

Face à cette réalité, certains producteurs avaient voulu s’exprimer dans les urnes le 31 octobre dernier lors de la présidentielle pour changer la donne. Mais hélas ! Toutefois, si la présidentielle controversée ne s’est pas tenue comme les ivoiriens l’avait souhaité, les législatives qui s’annoncent à grande pompe peuvent servir d’appât pour faire bouger les lignes selon certains producteurs. 

« Nous les attendons au tournant…chaque chose a son temps », menace B.A, producteur agricole et syndicaliste à Abengourou. Et SK, président d’un syndicat de café et cacao en Côte d’Ivoire  de renchérir « le temps viendra où ils reconnaîtront notre importance… » 

Rappelons que les élections législatives 2021 se tiendront le 6 mars prochain sur toute l’étendue du territoire. 

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