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La Chronique de Kobenan Tah Thomas vice-président du Pdci/ Temps forts, temps tragiques du mois de juin

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La Chronique ‘’Les Actualités Politiques Ivoiriennes’’, numéro 37 du mercredi 29 Juin 2022, du vice-président du PDCI-RDA, Kobean Tah Thomas.

Fin juin 2022 : Temps forts, temps tragiques!

Bonjour chères concitoyennes et chers concitoyens.

La période de cette fin juin 2022 est assurément celle des tragédies migratoires, celle aussi des absurdités de la politique internationale et enfin, celle d’une distanciation entre le gouvernement ivoirien et les usagers des grandes voies de circulation. Il y a eu cette répression violente contre des migrants d’Afrique noire enchainés et exposés à même le sol en plein soleil jusqu’à ce que mort s’en suive ; il y a eu ce bombardement d’un centre commercial à Krementchouk, dans le centre de l’Ukraine, qui a fait au moins 18 morts et de nombreux blessés ; il y a eu le sommet du G7, un conclave, si ce n’est un synode des 7 Etats qui s’entendent bien mais juste pour tenir le monde entier sous l’étau d’une guerre absurde en Ukraine. Et puis chez nous, il y a eu le tollé général sur les coûts du poste à péage de Bassam.

Sur la question de la tragédie des migrants, il faut souligner que les corps d’au moins 51 personnes ont été découverts lundi 27 juin dans un camion près de San Antonio, au Texas (sud des États-Unis). Commentant cette tragédie, Ron Nirenberg, maire de San Antonio dit qu’il espère « (…) que les personnes responsables d’avoir placé ces gens dans de telles conditions inhumaines seront poursuivies dans toutes les limites de la loi. » et un porte-parole de la Maison-Blanche l’a qualifiée d’« absolument horrible ».

Pour les forfaits de violences exercées contre les migrants à Melilla, les autorités marocaines avaient reçu les salutations de l’Espagne sur les performances du royaume chérifien « dans la défense de (ses) frontières » avant que le chef de la Commission de l’Union africaine, M. Moussa Faki Mahamat, ne dénonce « le traitement violent et dégradant de migrants africains » lors d’une tentative d’entrée massive dans cette enclave qui sépare le Maroc de l’Espagne. Il réclame une enquête sur le drame.

An nom de quelle nécessité un Etat membre des Nations Unies se réserve-t-il le droit de brutaliser, de soumettre à la mort des migrants ? Ce n’était pas des terroristes armés ! C’était juste des MIGRANTS ! Et « les migrants sont des migrants: qu’ils viennent d’Afrique ou d’Europe,… ils ne méritent pas d’être ainsi brutalisés » (Martin Kimani, Représentant permanent du Kenya auprès de l’ONU).

Que faut-il espérer de l’examen de cette situation par le Conseil de Sécurité de l’ONU ? Pas grand-chose, à notre sens, si l’on se réfère au résumé laconique du porte-parole de l’ONU sur le sujet. Bien sûr, « l’ONU « déplore cet évènement tragique et la perte de vies qui en a résulté ».  Comble de malheurs pour les nôtres, la justice marocaine va poursuivre 65 migrants pour avoir participé à la tentative de passage en force meurtrière. Pas plus !

En revanche, condamnation générale émanant d’ailleurs des plus puissants de notre planète ; le premier ministre anglais dit que cette frappe russe démontre « la cruauté et la barbarie » de Vladimir Poutine et incite à « renforcer la détermination » occidentale à soutenir Kiev. Le président français décrit une  « horreur absolue » et invite le peuple russe à « voir la vérité ».

Pendant ce temps, l’armée russe fait savoir qu’elle n’a frappé qu’un dépôt d’armes dont les explosions ont mis le feu à une galerie commerçante désaffectée là où les Ukrainiens font état de 18 morts dans le bombardement d’un centre commercial bondé de civils innocents. Les Russes estiment avoir détruit avec des missiles de « haute précision » des entrepôts d’armements livrés par les Occidentaux qui se situaient sur le territoire d’une usine de véhicules de chantier mitoyenne du centre commercial et que le centre commercial en question n’était pas ouvert. Pour le président ukrainien, « le nombre de victimes est impossible à imaginer ». « Les attaques indiscriminées contre des civils innocents constituent un crime de guerre », selon une déclaration des dirigeants du G7 depuis l’Allemagne où s’est tenu leur sommet.

Là où l’on s’attendait à une détermination des dirigeants du G7 pour mettre un terme à la guerre, l’on récolte une détermination pour la faire durer. Là où l’on s’attendait à une compassion pour des migrants qui fuient des situations d’insécurité, l’on récolte l’indifférence, la banalisation. Bien sûr, personne n’encourage l’immigration clandestine ; mais dans bien de cas, il existe des raisons valables aux déplacements de ces hordes de jeunes. Le monde devra retenir que ce n’est pas un épiphénomène ; c’est un choix face à certaines situations et c’est bien pour cette raison que l’Organisation des Nations Unies a institué l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM).

Dans le système des Nations Unies, elle fait office de principale organisation intergouvernementale promouvant depuis 1951 une migration humaine et ordonnée au profit de tous, avec 174 États membres et une présence dans plus de 100 pays. Etre migrant n’enlève pas aux humains leur part d’humanité avec des droits.

Pour ce qui est des prix à pratiquer aux postes à péage, il faut juste plaider pour une révision à la baisse des prix. Mon argument personnel est que le monde entier enregistre un ralentissement des économies ; eh bien, le pouvoir d’achat des populations ivoiriennes accuse le contrecoup de cette mauvaise conjoncture. Trop de rigidité fiscale contre le peuple enfante des malheurs comme celui de l’enclave espagnole de Melilla.

Merci et à mercredi prochain.

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