Indénié-Djuablin/ Le président du collectif des PCA de coopératives café-cacao Ehoura Yao, dénonce le manque de considération des gouvernants à la filière

 Réalisé par Haidmond Kaunan/afriquematin.net, envoyé spécial

Dans cet entretien qu’il nous a accordé à Abengourou le Président du conseil d’administration de la société coopérative Ahonto et président du collectif des PCA de coopératives de café-cacao de l’Indénié-Djuablin, Ehoura Yao souligne que les dirigeants  du conseil du café et cacao(CCC) ne maîtrisent pas la filière.

Monsieur le Président, à quoi répond la mise en place d’un collectif de PCA de coopératives de café -cacao dans la région de l’Indénié-Djuablin ?

 Le collectif des Pca de coopératives de café et cacao dans la région de l’Indénié-Djablin s’est imposé à nous. Notre région est une terre de grands producteurs qui ont des vastes plantations. Ils ont leur mot à dire sur ce qu’on fait du fruit de leur dur labeur. Cette région revendique 130 organisations de professionnels agricoles dont 80 pour la seule ville d’Abengourou. Pour mieux se défendre il faut se mettre ensemble. On s’est donc mis  ensemble pour la recherche de notre bien-être et l’amélioration du cadre de vie des producteurs. Se mettre ensemble est une nécessité en vue d’avoir une personne morale pour négocier…

A en vous croire, cette région de grands producteurs, terre des lauréats n’est jusqu’à là pas organisée?

Non ! Il y a eu des organisations avant la nôtre. Mais depuis l’avènement du conseil du café et de cacao(CCC) il n’y a plus eu d’organisation à la base. On choisit des gens qui parlent à notre place. Mais sachez que c’est celui qui est assis auprès du feu qui sent la chaleur qui se dégage.

Convenez-vous avec l’Etat de Côte d’Ivoire tout comme les producteurs que les exploitants agricoles ne sont pas organisés ? Qu’est ce qui constitue obstacle, selon vous, à l’organisation des producteurs ?

Il faut reconnaître que nous ne sommes pas encore organisés. C’est d’ailleurs ce qui justifie la mise en place de cette plateforme régionale. Si la volonté de s’organiser est prouvée et manifestée personne ne peut nous arrêter. Il est facile pour les producteurs de combattre, étant organisés, formant un bloc. On ne doit pas confier la filière café et cacao à des personnes qui ne sont pas reconnues à la base. Nous nous organisons pour aller à l’interprofession, et c’est notre enjeu.

Quelle est donc votre appréciation de la gestion de la filière par le CCC ?

La mise en place du CCC a eu des hauts et bas et des effets positifs comme négatifs. Le prix du cacao est aujourd’hui garanti grâce à la mise en place du CCC. Aussi faut-il reconnaître également  que la qualité du produit est nettement améliorée à cause de la présence des agents de cette structure même dans les hameaux les plus reculés. Cependant les dirigeants, eux-mêmes, n’ont pas la maîtrise de la filière. A tel point que le CCC donne des règles qui lui sont imposés lui-même. C’est à dire qu’ils ne participent pas à la prise des décisions. Ce sont les multinationales qui leur dictent tout. Par exemple le grainage de la petite campagne n’est pas maîtrisée. Il est donc inconcevable de donner le cacao à des fabricants de machettes même si on utilise des machettes pour travailler dans les cacaoyers.

Qu’est-ce qu’il y a donc lieu de comprendre dans le problème de grainage ?

 Au ghana voisin, pendant toute  la campagne on tamise le cacao et les petites et les grosses fèves sont payées au même prix. Aujourd’hui, on broie tout le cacao ivoirien. Toutes les multinationales broient le cacao. Vous savez pourquoi Cargill et Cemoi acceptent 145 / 100 de grainage. C’est une mauvaise foi des multinationales.

Alors quels sont donc? PCA, pour terminer, les projets de la plateforme de Pca de l’Indénié-Djuablin ?

Nous pensons que l’Etat de Côte d’Ivoire devrait  être regardant, préoccupé…par les conditions de vie des producteurs de café et de cacao, à travers les coopératives. Le problème du planteur ivoirien devrait être la première équation à résoudre pour l’Etat de Côte d’Ivoire. C’est nous qui faisons la matière première, nous devrions donc être les premiers, les enfants chéris de la nation. Nous rappelons que les derniers reprofilages de route dans notre région remontent à plus de quatre ans. Les planteurs, essentiellement ceux du canton Zaranou ne peuvent faire sortir le cacao. On ne soutient pas les coopératives or une société coopérative fiable embauche au moins douze(12) personnes avec une marge bénéficiaire de 80 francs. Il nous serait très difficile de fonctionner sans la certification. Voici entre autres, nos soucis qui nous poussent à mettre en place cette plateforme régionale.

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