Economie/ Jean-Luc Konan : un virtuose des finances au service du continent

Par Léon SAKI – Afrique Matin.Net

Jean-Luc Konan, une vision au service de l’Afrique

Il n’a pas l’âge de Tidjane Thiam, encore moins la même expérience professionnelle que le patron de Crédit Suisse et pourtant, son parcours, son charisme, sa volonté,  en un mot, sa personnalité n’est pas loin de ressembler à celle que le monde entier considère comme le chef d’entreprise le plus chevronné du 21ème siècle. Jean-Luc Konan, le Président Directeur Général du Groupe COFINA, est tout aussi une figure emblématique des finances mondiales, de par son expérience et son profil singulièrement symptomatique.

Homme réservé, discret et travailleur qui a longtemps exercé dans les plus hautes sphères internationales, loin des oriflammes médiatiques, Jean-Luc Konan représente l’un des modèles les plus accomplis de l’Histoire des finances en Côte d’Ivoire.

Aussi, la grandeur de sa générosité et son humanisme condescendent dont les limites sont sans étendues;  son esprit d’accueil et de fraternisation hérité des réceptacles de la culture Akan nous invite à scruter dans le miroir de sa vie professionnelle.

Etudes universitaires et vie professionnelle

Né en 1973, Jean-Luc Konan est tout d’abord un pur produit du système éducatif ivoirien avant de se rendre en France, dans le cadre de ses études supérieures. Cette faveur, il la doit à son dévouement au travail mais surtout à un père, M. Jonas Kouassi Konan, Directeur des parcs et Jardins d’Abidjan, profusément soucieux de l’avenir de ses enfants et une mère Mariame Dicoh Konan, entièrement préoccupée par leur réussite.

A l’université Paris V, le jeune garçon qui se fait remarquer par son excellence au travail, décroche aussi vite que prévu, un DESS en banque et Finances et quelque temps après un MBA en banque et ingénierie financière à L’Ecole Supérieure de Commerce de Toulouse. C’est pourquoi, à 23 ans, il n’a pas de mal à intégrer le prestigieux cabinet Arthur Andersen, spécialisé dans l’audit, les services fiscaux et juridiques, le corporate finance et le conseil; qui fit partie des grands réseaux mondiaux d’audit financier et comptable, et aussi du fameux Big Five. Bien avant son démantèlement et sa faillite en 2002, ne travaille chez Arthur Andersen qui veut et Jean-Luc Konan y a travaillé tout jeune avant de monnayer ses talents ailleurs, respectivement à BNP Paribas, Citibank, Barclays Bank et Ecobank. C’est de cette dernière entreprise que le super banquier est débauché par la banque nigériane United Bank for Africa (UBA) pour occuper entre 2008 et 2013,  les fonctions d’Administrateur Directeur Général des filiales UBA Gabon et UBA Sénégal.

COFINA et l’audace d’un chef qui n’a peur de rien

Durant sa vie professionnelle et les travaux qu’il a pu réaliser, Jean-Luc Konan fait un constat qui aura un impact certain sur la suite de sa carrière. En effet, il se rend compte qu’en Afrique, « les crédits au secteur privé représentaient moins de 20 % du PIB, contre 255 % aux États-Unis, et seulement 6,4 % des PME africaines ont accès aux financements. Le déficit de financement des entreprises en Afrique est estimé à 140 milliards de dollars ». Il s’offusquait de voir des jeunes entrepreneurs africains déprimés parce que dira-t-il : « Pendant une vingtaine d’années d’expérience professionnelle dans le secteur de la banque, j’ai réalisé que de nombreux clients venaient nous voir avec des dossiers, pour une grande part d’entre eux, tout à fait finançables, mais je n’avais aucune structure opérationnelle qui me permettait de les financer. Bien que j’ai été jusqu’à la position de Directeur Général, je n’avais pas les pouvoirs de financer ces petites et moyennes entreprises qui souvent avaient des dossiers intéressants mais qui ne correspondaient à notre cible. Pourquoi ? Parce que la première chose que le banquier vous demande ce sont vos trois derniers états financiers audités ».

Ces réalités déplorables interpellèrent sa conscience intellectuelle et panafricaniste pour déposer les clefs de ses somptueux bureaux de UBA et créer sa propre entreprise. En 2013, il fonde donc le Groupe Cofina amenée à rétablir la confiance entre les banquiers et les entrepreneurs grâce à des produits financiers adaptés à leurs réalités. Présent déjà dans 6 pays d’Afrique francophone (Côte d’Ivoire, Congo, Gabon, Guinée, Mali et Sénégal), Cofina fait de la mésofinance qui est « une voie alternative de la finance permettant d’accompagner les classes moyennes émergentes et plus spécifiquement les entrepreneurs individuels et les PME dont les besoins de financement sont devenus trop importants pour les institutions de microfinance traditionnelle».

L’expérience en valait la peine d’autant plus que Cofina se pose aujourd’hui comme pionnière dans le registre qu’elle a choisi au regard d’un bilan jugé largement positif par les spécialistes. Son patron, en parle avec beaucoup de satisfaction dans une interview accordée à bankassurafrik.com : « Au cours des 5 dernières années, nous avons pu financer 60 000 projets pour plus de 350 milliards de FCFA à des clients qui, à plus de 70%, accédaient pour la première fois à un mode de financement formel. Je peux en citer plusieurs mais j’aime bien parler d’une success story ici en Côte d’Ivoire. Il s’agit d’une personne qui, à l’époque, en rentrant des Etats Unis et étant passionnée de restauration, a ouvert avec son épouse un restaurant à Abidjan où j’ai eu l’occasion de déjeuner.

Et, à cette occasion, en discutant avec lui, il se plaignait de ne pas trouver de banque qui l’accompagne dans son développement alors même que son restaurant ne désemplissait pas. Je l’ai invité à venir dans l’une de nos agences et, trois semaines après, il avait un premier financement puis un deuxième puis un troisième… C’est aujourd’hui un client qui a ouvert 4 restaurants et un service traiteur en quatre ans seulement, une véritable success story qui illustre bien les potentialités de notre marché. »

La Côte d’Ivoire, une priorité

Peut-il avoir meilleure satisfaction que celle de voir son « bébé » connaitre le succès ? Jean-Luc Konan était un « père » comblé avec Cofina et pourtant, sa vie professionnelle n’a pas été que somptuosité. Depuis son jeune âge, il a créé des sociétés qui ont connu des fortunes diverses, mais de la difficulté naissent toujours les plus grands bonheurs. Très attaché à son pays, la Côte d’Ivoire, Jean-Luc Konan entend désormais mettre toute son énergie au service du développement de son pays.

Espérons tout simplement que cette opportunité lui soit accordée !

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