Côte d’Ivoire : le régime présidentiel ou l’art de l’agenouillement politique

Par Christiane Djahuié

Le tout nouveau chef du corps législatif aurait tenu des propos propres à donner froid dans le dos à tout démocrate qui se respecte. Si cela s’avère, alors, M. Soumahoro ne nous apprend rien, nous le savions déjà. Nous savions que toutes les institutions de la République, l’Assemblée Nationale y compris, sont inféodées à l’exécutif jusqu’au cou. Par contre, cette triste situation, nous aide à comprendre pourquoi l’on assiste à autant d’agenouillements politiques au sein de la République, au sens propre comme au sens figuré.

Rappelons-nous la très médiatisée cérémonie de ‘‘pardon au président Ouattara’’, qui s’est tenue à Bouaké en août 2016. Si de tels propos (s’ils émanent réellement du PAN) sont regrettables ? Oh que oui ! Cela l’est d’autant plus que la démocratie s’en trouve poignardée, massacrée, méprisée. Par définition, la démocratie est l’exercice du pouvoir sur le peuple par le peuple. Alors, quand des représentants du peuple, élus par ce dernier, et siégeant à l’Assemblée nationale, trahissent leur mission en s’abaissant à rechercher fébrilement les faveurs de l’exécutif, je dis qu’il y a problème.

Eh oui, il y a problème ! Parce que le régime politique qui détermine notre système démocratique est le régime présidentiel. Or, ledit régime consacre la séparation stricte des pouvoirs. De ce fait, le parlement n’a pas à collaborer avec l’exécutif, comme cela se voit hélas en ce moment. Par ailleurs, les parlementaires (ces mères et pères de familles) qui auraient pu être de respectables citoyens, mus essentiellement par le désir de se mettre au service des populations qu’ils sont censés représenter, se transforment malheureusement en troupeaux de fanatiques valets.

Et ce, au détriment de toutes celles et ceux qui leur ont fait confiance, en leur donnant leurs voix. Pour finir, j’estime que le régime présidentiel qui est le nôtre a atteint ses limites. De ce fait, je suggère une réforme des textes fondateurs de la République. Ceci, dans l’optique, de réduire, les attributions du chef de l’exécutif. En effet, les grandes décisions relatives à la gestion des affaires de l’Etat ne devraient plus être prises par un seul individu, mais par une assemblée de personnes représentant les Ivoiriens dans leur ensemble. Ou alors, on bascule purement et simplement dans un régime parlementaire, adapté à nos réalités sociales, nos traditions et notre Histoire commune.

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