Côte d’Ivoire/ Kobenan Tah Thomas (VP PDCI) rappelle les grandes dates de l’histoire politique

Dans sa Chronique ‘’Les Actualités Politiques Ivoiriennes’’, numéro 13, du mercredi 29 Décembre 2021, Kobenan Tah Thomas, vice-président du PDCI, par ailleurs coordonnateur général adjoint du Comité Politique dudit Parti a fait un bref rappel des dates symboliques en Côte d’Ivoire. A l’en croire, au-delà du symbolisme, ces dates sont aussi perçues comme du fétichisme dans la classe politique ivoirienne.

Nous vous invitons à lire  la Chronique ‘’Les Actualités Politiques Ivoiriennes’’ du Vice-président Kobenan Tah Thomas.

Du symbolisme des dates au fétichisme politique… !

Bonjour chères concitoyennes et chers concitoyens. Heureux de vous retrouver sur Pdci24 pour nos rendez-vous sur Les Actualités Ivoiriennes.

Je profite de la présente occasion pour souhaiter à chacune et chacun de vous de joyeuses fêtes de fin d’année 2021. Que la nouvelle année qui s’annonce procure à toutes et à tous la paix, la santé et le bonheur !

J’ai voulu aborder cette semaine la question des dates symboliques en Côte d’Ivoire.

Ce sont des dates qui marquent des jours et qui correspondent à des événements importants. Justement, l’importance de chacun des événements est relative car elle ne l’est que par rapport à un groupement ou un parti politique. Bien sûr le symbolisme de certaines de ces dates est commun à l’ensemble de notre classe politique. C’est le cas du 07 août 1960 par exemple.

L’on me demandera sûrement quel est l’intérêt de revenir sur un tel sujet. C’est juste pour rappeler à quel point la diversité de ces dates indique l’émiettement de notre classe politique. De ce fait, sans une résilience fondée sur la volonté active du plus grand nombre, nous ne parviendrons plus jamais à reconstruire une homogénéité de notre peuple.

Le 5 mai 1990 marque dans le souvenir des opposants au régime de Félix Houphouët Boigny le retour au multipartisme. Pour eux, c’est une instauration du multipartisme avec 14 nouveaux partis politiques tandis que pour le PDCI-RDA, ce n’est qu’un retour au pluralisme politique ; et à c’est à juste titre qu’ils ont institué leur fête de la liberté sur ce fait. Reste cependant aujourd’hui à savoir qui du FPI et du PPA-CI gardera le symbolisme de cette fête puisque le FPI avait institué une date statutaire sur celle-ci et il n’est guère sûr qu’il y ait une entente sur l’organisation commune de cette fête.

7 novembre 1990: Félix Houphouët Boigny nomme Alassane Ouattara au nouveau poste de 1er  ministre; c’est le début d’une longue saga politique dont les performances sont diversement interprétées.

18 février 1992: Laurent Gbagbo est arrêté au cours d’importantes manifestations et avec lui, plusieurs personnes de son parti. Ils écopent de deux ans de prison et de trois millions d’amendes. Cette date marque un tournant décisif de leur lutte.

7 décembre 1993: Décès du président Félix Houphouët Boigny. Cette date restera désormais une date de prières et de recueillement pour sa famille politique. Selon, les circonstances et les intérêts, elle intéressera ceux qui furent ses opposants et ceux qui ambitionnent d’effacer pour toujours son parti politique. Par devoir de mémoire, elle reste une date importante pour le PDCI-RDA, sa famille politique qu’il a mis un point d’honneur à bâtir et à rassembler.

5 avril 1995: Création du front républicain contre le régime du président Bédié  suivi du boycott actif d’octobre de la même année. Que de violences inutiles ! Parfois on est tenté de s’interroger sur l’objet de certaines quêtes en politique !

24 décembre 1999: Premier coup d’Etat contre un président élu; ce putsch fut très salué et supposé, par certains acteurs politiques de tout premier ordre, comme un coup d’accélérateur à notre démocratie ! Bref, cette date marque le début d’une  longue aventure; et comme dans toutes les aventures, les incidents et désillusions les plus surprenants sont au menu de notre histoire aujourd’hui. Cela dure depuis 22 ans. Toutes les promesses de rayonnement du pays et de ses populations y sont passées. Mais du rayonnement et de la félicité, pas une once de réalisation pour l’heure !

26 Octobre 2000: Monsieur Laurent Gbagbo est déclaré vainqueur de la présidentielle de 2000. Il dira lui-même qu’il a accédé au pouvoir dans des conditions calamiteuses et qu’il ne souhaite pas, même à son pire ennemi, d’accéder au pouvoir dans les mêmes conditions. Comparée au 18 février 1992, cette date restera moins importante pour les Refondateurs. Et pourtant !

Le 19 septembre 2002 marquera à jamais les mémoires du plus grand nombre de notre peuple parce que cette date concrétise le risque de déflagration que courait notre pays depuis le boycott actif, le coup d’Etat de 1999, les évènements d’octobre 2000 et le complot du cheval blanc. Une tentative de coup d’Etat muée en rébellion. Un mal qui enrichira notre vocabulaire de mots nouveaux: assaillants, rebelles, forces nouvelles, accord de paix, Linas-Marcoussis, Kléber, Lomé, Accra 1, 2, Pretoria 1, 2, dialogue direct de Ouaga, Résolution du Conseil de sécurité, Groupe de travail international (GTI), etc…Le paradoxe, c’est que contrairement aux autres dates symboliques, personne ne semble faire une fixation sur le &ç septembre ! Personne ne la réclame !

29 juin 2007: Attaque à la roquette de l’avion du 1er ministre Guillaume Soro à Bouaké. Décidemment, les incidents d’avion semblent coller à l’ex-premier ministre et ex-PAN.  Il en connaitra le 23 décembre 2019 quand il fut obligé d’atterrir à Accra plutôt qu’à Abidjan. Il continue de porter sa part de douleurs et de malheurs sur cette date et avec lui, les autres victimes et leurs proches respectifs. Sans compassion de quiconque !

11 avril 2012: Après d’intenses combats sur Abidjan et autant de bombardements de la résidence du président Laurent Gbagbo, il est mis aux arrêts par les forces de M. Alassane Ouattara ; fin officielle de la crise post-électorale. Le procès à la CPI aura été long mais Laurent Gbagbo est acquitté en 2019 par la même CPI.

 

Le 31 octobre 2020 s’apparente plus à une période qu’à une date précise. Elle marque pour d’aucuns le maintien légitime et légal de monsieur Ouattara au pouvoir à la suite de la mort de son dauphin putatif et pour d’autres, la violation flagrante de la Constitution ivoirienne, le règne par la terreur, etc…

De tout ceci, l’on retiendra que chacun détient un bout de la même et longue ficelle de la discorde en Côte d’Ivoire. Une longue ficelle qui ne sert en définitive qu’à étrangler le pays. Et cela fait au moins une génération – 22 ans pour être plus précis à partir du coup d’Etat – que nous infligeons coups sur coups à ce pays. Il est temps de penser à mettre un terme au supplice des Ivoiriens en vidant nos contentieux par un dialogue franc ! Ce serait un joli cadeau de nouvel an à ce beau peuple en tout cas !

Certes, l’on ne refera pas l’Histoire à contre-courant. On peut contribuer, chacun au niveau où il a noué son symbole, à défaire positivement les nœuds en vue d’écrire de nouvelles pages d’Histoire.

C’est tout le sens du dialogue politique inclusif que le président Bédié a proposé. Je souhaite que ceux qui le conduisent aient en esprit cette donne importante.

Merci et à mercredi prochain.