Côte d’Ivoire / Deux jours de sitting pour une dette de plus de trois milliards aux reboiseurs : Acculé, Le DG de la Sodefor disparait des locaux.

Par Serikpa Djeckou De Sylva-Afriquematin.net

Mais où est-il passé ce mercredi 26 septembre ? s’interrogent les « reboiseurs » venus de Bouaké, San-Pedro, Abengourou, Bouaké, Gagnoa et autres grandes villes de l’intérieur pour réclamer au directeur général de la Société de Développement des Forêts (Sodefor), la somme de trois milliards de nos françs, à travers un sitting devant les locaux de l’entreprise.

Le Colonel Sangaré Mamadou, directeur général de la Sodefor a disparu de ses locaux pour une dette de plus de trois milliards impayés aux « reboiseurs ». Durant les deux jours qu’a duré le sitting organisé les mercredi et jeudi par les « reboiseurs » déterminés à se faire payés, le directeur général et son directeur financier Sidibé Moussa n’ont pas fait signe de vie. Les deux responsables ont abandonné le personnel aux mains des « envahisseurs » du jour. Comme un général d’armée dépouillé de ses grades, les deux « bidasses essoufflés » par la tournure des évènements, se sont certainement terrés entre les contreforts, du dernier survivant de la forêt, immergé par des milliers d’hectares de plantation de cacao que l’on appelle encore par abus « Forêt classée ».  A l’image d’une proie poursuivie par un fauve, les deux compères ont disparu. Mais comment sommes-nous arrivés à cette situation d’humiliation ? Côte d’Ivoire

Selon Okou Djédjé, responsable des « reboiseurs » résidant à Tiassalé, Colonel Sangaré Mamadou, refuse de payer les factures des travaux forestiers qu’ils ont réalisés depuis la campagne de 2009 : « Colonel Sangaré refuse de payer les factures des travaux que nous réalisons chaque année. Aujourd’hui, la dette est estimée à environ trois milliards. Et les différentes rencontres invitant le Dg à payer, sont restées infructueuses. Ce jour, nous avons décidé de faire un sitting pour réclamer notre dû », s’efforce t-il de nous expliquer au téléphone.

Quand Nimlin Noel affirme tout en prenant le peuple de Côte d’Ivoire à témoin. « Peuple de Côte d’Ivoire, nous sommes des sous-traitants auprès de la Sodefor dans le domaine des travaux forestiers, entre autres, le reboisement, les enquêtes socio-économiques, les levés de parcelles et la production des cartes. Mais voila, pendant que la Sodefor brandit nos travaux au monde entier, nous qui avons exécuté ces travaux avec notre propre argent sans préfinancement, la Sodefor refuse de nous payer », se plaint-il. Pour Kobli Jonas, cette attitude crée des problèmes aux chefs de famille qu’ils sont : « Nos enfants sont à la maison pour manque d’argent, alors que eux, ils inscrivent les leurs.  Voyez-vous ? Un message d’un tâcheron à qui la Sodefor doit des millions avant sa mort, nous a demandé de refaire sa tombe si son argent était payé », Et soudain Kobli Jonas fond en larme. Une minute de silence. Les yeux hagards comme un boxeur surpris par son adversaire, il poursuit : « Ça me… ça me fait 5 jours aujourd’hui que je n’ai pas gouté à ce qu’on appelle nourriture ; j’ai abandonné mes enfants, mais je m’en remets à Dieu », nous révèle-t-il.Côte d’Ivoire

Les quelques agents interrogés ont voulu garder l’anonymat. Pour eux, la Sodefor va de plus en plus mal. Cette entreprise est aujourd’hui un géant au pied d’argile. Elle peut s’écrouler sous le poids des dettes. « Nos emplois sont vraiment menacés », nous lance une dame. Aux dernières nouvelles, depuis son lieu de refuge, le directeur général a pris des engagements pour payer 50 millions aux « reboiseurs ». Ils ont finalement levé « l’embargo ». Deux des manifestants ont été blessés.  C’est en sang que N’Guessan Bewnett et Oka Doffou ont regagné leur domicile respectif. Une occasion d’interpeller, le ministre des Eaux et forêts, Alain-Richad Donwahi,  le ministre de l’économie et des finances, les deux ministères de tutelle, sans oublier N’Golo Fatogoma Coulibaly, président de la Haute Autorité de la bonne gouvernance.

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