Changement de mentalité/Des secrétaires généraux des ministères refusent d’y adhérer

Par Jean Marie Aka/afriquematin.net

La corruption est une gangrène qui mine l’économie ivoirienne. Selon les statistiques, chaque année, ce sont des milliards que la Côte d ‘Ivoire perd dans diverses activités.

Dans le dernier classement  en matière de corruption, selon le Rapport 2019 de l’ONG Transparency International sur l’Indice de perception de la corruption (IPC), la Côte d’Ivoire a occupé le 106ème  rang mondial sur 180 pays.

L’an passé le pays avait occupé la 105ème  place, ce qui dénote  que la corruption de la montée de la corruption dans ce pays. Dans le but d’enrayer l’évolution de cette gangrène, les autorités ivoiriennes ont jugé utiles de se mettre à l’école de la Corée du Sud, un pays qui était plus pauvre que la Côte d ‘Ivoire, mais qui, aujourd’hui dame le pion à la Côte d’Ivoire en matière de développement économique.

A cet effet l’Institut International pour le changement de mentalité (IYF) a dépêché  sur les bords de la lagune Ebrié son président, Dr Jae Hong Kim pour former les responsables de l’administration ivoirienne sur le changement de comportement. Sa première rencontre était initialement prévue le 6 février 2020 avec les secrétaires généraux des ministères. Mais ce rendez-vous a été un échec, parce que ces derniers ont brillé de par leur absence.

Qu’est-ce qui peut expliquer cette absence de ces responsables de l’administration à ce rendez-vous ?

Pour le commun des mortels leur absence ne peut que se justifier par leur refus de  propre avec leurs vieilles habitudes, dont la corruption. Sinon comment comprendre que des gens qui prêchent même pour un changement de mentalité en  refusant que cela s’applique à eux.

En Côte d’Ivoire, il  faut dire que ce ne sont pas les initiatives qui manquent pour lutter contre ce fléau. Une haute Autorité pour la Bonne Gouvernance a été créée à cet effet. Mais vue le rang que la Côte d’Ivoire a occupé ses deux dernières années au classement mondial en matière de corruption, l’on peut affirmer sans se tromper que cette institution n’a aucune influence sur les acteurs abonnés à la corruption.

Lutte contre la corruption, deux poids deux mesures

Les gouvernants qui affirment lutter contre la corruption sont les mêmes qui la pratiquent. Le cas des marchés gré-à-gré en est un exemple patent. Des marchés qui doivent être soumis à des offres d’appel sont ‘’offerts’’ à des connaissances du même bord politique ou par appartenance ethnique. Ce système décrié maintes fois par des leaders politiques ou religieux continue de bien se pratiquer au su et à la barbe du président de la  Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance devenu impuissant face à cette situation.

Cette corruption à outrance décourage ceux qui veulent parfois avoir une conduite exemplaire dans l’administration. Ce travers finit par les contaminer et tous s’adonnent à ce péché au détriment du contribuable qui est obligé d’entrer dans ‘’le contexte’’ pour recevoir ce qui lui revient de droit.

Pour quitter ce vice qui maintient encore la Côte d’Ivoire dans la pauvreté, il faut une conversion des mentalités. Fuir la corruption passe par une prise de conscience personnelle, a expliqué Dr Jae Hong le soir du 6 février à la presse au siège du secrétariat d’Etat chargé des renforcements de capacité.

Le formateur des formateurs a indiqué qu’au lendemain de la guerre dans son pays dans les années 1950, la Corée du Sud était  très pauvre. Mais pour réussir le pari du développement, les entreprises coréennes ont formé leurs employés au changement de mentalité. Quand chaque employé a compris que la réussite de l’entreprise est synonyme à sa réussite, il n’y a plus de problème. L’employé lui-même s’investit pour la bonne marche de l’entreprise et il pratique les valeurs théologales dans l’exercice de ses fonctions, dira le président de l’IYF.

Ce sont ces actions qui ont permis à ce pays d’enrayer la corruption, la, médiocrité et favoriser la croissance économique  de la Corée du Sud, a dévoilé M. Hong.  Ces motivations ont fait aujourd’hui de ce pays un grand exportateur de minerais, a-t-il souligné.

« La Côte d’Ivoire peut atteindre ce but et même dépasser la France pourquoi pas ? », a-t-il affirmé lors de cette rencontre avec la presse. Mais pour cela, il faut que les autorités ivoiriennes acceptent de se former et s’approprient le changement de mentalité.

 Il a en outre, précisé que « le résultat d’une telle démarche ne s’obtient pas en un coup de bâton magique, mais c’est un travail de longue haleine qui aboutit à un résultat palpable à coup sûr », a-t-il rassuré.

Faut-il rappeler que le phénomène de a corruption jette un discrédit sur la crédibilité des institutions de l’Etat, tels que la justice, l’administration fiscale, l’état civil et autres….

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