Tribune libre : Soro Kigbafori Guillaume, Le temps des décomptes ?

Par Narcisse Mel, correspondant Afriquematin.net

Depuis qu’il est descendu de son piédestal d’officiel de l’Etat de Côte d’Ivoire, L’ex-président du parlement ivoirien multiplie à tous vents les déclarations sur les motifs de son divorce d’avec ses ex-alliés du Rassemblement des Houphouetistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Lors de la rencontre qu’il a eue avec les populations de Ferkessédougou, l’ex-chef de la rébellion armée a joué sur la fibre ethnique et tribale pour resserrer les rangs autour de sa personne. « Un petit Niarafolo sénoufo, quand il dit non, c’est fini, quand il dit oui, c’est fini ». Il a si bien joué la mise que la mayonnaise a pris, bien pris si l’on s’en tient aux motions de soutien recueillis après la rencontre. Mais cette posture de victimisation adoptée par l’ex titulaire du perchoir du parlement ivoirien est aux antipodes des pratiques du jeu démocratique. Il est malsain d’associer l’ensemble du peuple sénoufo en général et les niarafolo en particulier aux revers que subit actuellement l’ex président de l’assemblée nationale. S’il est une ferté pour tout peuple d’avoir en son sein des cadres au plus haut sommet de l’Etat, il est tout aussi vrai que jamais un groupe ethnique ne sera tenu responsable des prises de position politique de l’un de ses fils. « Pour l’éducation que vous Niarafolo vous m’avez donné ». A ce que l’on sache, le peuple sénoufo, dont le caractère paisible peut être témoigné de tous, est aux antipodes des actions abominables dont s’est fait tristement écho la rébellion armée de 2002 et son principal instigateur.  Il est dans l’ordre des choses que la dynamique de l’existence occasionne des passages à vide.  Le spleen pendant ces moments doit être vécu avec le recueillement propice à l’idéal avenir. Après plus de dix-sept années passées sous le feu des projecteurs, Soro Guillaume devrait reconsidérer l’ordre des choses. Il fut un temps où, lors d’une visite à Dabou, il exhortait les populations, notamment les jeunes, à ne pas s’agripper au passé. « Qui aurait pu penser que le grand Eyadema ne soit plus ? Qui aurait imaginé qu’Obassanjo ne soit plus président du Nigeria » ? Aujourd’hui, il devrait à son tour reconsidéré la donne et accepter qu’il ne soit plus le centre des attentions comme cela l’a été ces dernières années. « Qu’est-ce que Gbagbo ne m’a pas proposé » ? L’heure est certainement arrivée pour l’ancien premier ministre de faire ressortir à la face de la nation les fameuses propositions que lui aurait faites celui-là même que la cabale à l’échelle internationale n’a pu faire fléchir tout le long d’un procès qui a fait couler beaucoup d’encre. Le temps des décomptes semble avoir sonné pour Guillaume Soro. Et pour ceux qui ont des yeux pour voir, la dernière sortie de l’un de ses compagnons de lutte, Doumbia Kader, à la maison de la presse au plateau, n’est que l’un des éléments de la boite de pandore qui va montrer à la face du monde qui est réellement celui qui a revendiqué la paternité de la rébellion armée de 2002.