Témoignage/Le Président de l’ONG Cavoequiva  catégorique: « j’ai été spectateur de beaucoup d’atrocités et d’abus à l’égard des jeunes filles »

Après  onze (11 ) années passées dans la rue, le fondateur de l’ONG Cavoequiva, Clément Irié Tra,  a pu être aidé et s’en sortir. Il a décidé à son tour de venir en aide aux plus vulnérables et plus particulièrement les filles, en créant l’ONG Cavoequiva en 2003. Cavoequiva signifie “Unissons-nous” en langue locale de l’ethnie Gouro. Voici son témoignage.

“Dans mon enfance, j’ai été spectateur de beaucoup d’atrocités et d’abus à l’égard des jeunes filles « de la rue ». La rue, c’est la jungle, c’est la loi du plus fort. Si tu as une arme à feu, tu es le plus fort, ensuite vient ceux qui possèdent les armes blanches et les hommes « costaux ». C’est malheureux, mais c’est la réalité.

Alors, moi j’ai vu des choses horribles, mais si tu oses dire quelque chose tu es tué devant tout le monde pour faire taire toute source de rébellion possible. On appelait ça « les coros », les plus âgés contre qui, tu ne pouvais rien faire sous peine de te faire tuer.

Les jeunes filles étaient victimes d’abus en tout genre : viols, violences et exploitées sexuellement dans des réseaux de prostitution.

Ça a duré des années, mais à un moment, le destin m’a souri et j’ai réussi à m’en sortir. C’est vers l’âge de 25 ans, lorsque j’enchainais des petits boulots, que j’ai rencontré un diplomate Allemand qui a cru en moi. Il m’a aidé à accroître mes revenus financiers et ensemble nous avons créés une entreprise d’import/export où j’étais le gérant.

C’est lorsque j’ai commencé à gagner beaucoup d’argent que j’ai voulu aider les personnes vulnérables à s’en sortir comme on l’avait fait pour moi.

A l’époque, les conventions relatives au droit de l’Enfant étaient méconnues. Les violeurs n’étaient même pas poursuivis pour leurs actes. Même, si nous avons encore beaucoup de travail et que la route sera longue pour abolir tous ces abus commis à l’égard des jeunes filles, les ONG existent pour être les porte-paroles des personnes vulnérables. Ma plus grande fierté, c’est de voir qu’aujourd’hui plus de 10 000 enfants ont bénéficié d’un soutien de l’ONG et que ce chiffre ne fait qu’augmenter”.

Si, comme Clément Irié, vous souhaitez aider les jeunes filles en Côte d’Ivoire à sortir de la rue, vous pouvez soutenir l’ONG en faisant un don sur notre site internet.

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