Sanctions contre le Mali/Pour un règlement pacifique entre les autorités maliennes et la Cédéao

Par Pr. Séraphin Prao*

Mis en ligne 14/01/2022- Réunies en sommet extraordinaire à Accra au Ghana, le dimanche 9 janvier 2022, l’Uémoa et la Cédéao ont décidé de concert d’infliger de lourdes sanctions aux autorités transitoires et au peuple malien.

Le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire » qui est un mouvement politique et citoyen qui veut prendre sa part dans le combat pour le progrès social et démocratique en accompagnant l’action de la société civile par des réflexions et des propositions audacieuses et volontaristes livre, à travers cette contribution, à l’opinion publique nationale et internationale son analyse des sanctions prises contre le pays frère du Mali. Ces analyses seront ponctuées de propositions à l’endroit des différents acteurs impliqués dans la crise.

Une palette de quatre sanctions assorties de l’activation d’une force d’attente de la Cédéao qui devra être prête à toute éventualité et d’appels à l’Union africaine, à l’Organisation des Nations Unies et à d’autres partenaires à prendre des sanctions concomitantes contre le Mali.

Selon le président du mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire » les autorités transitoires maliennes doivent renouer le dialogue avec la Cédéao et de coopérer avec elle pour l’établissement d’un chronogramme pour une transition…

Le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire » constate, avec regret mais aussi avec constance, qu’au lieu d’aider les Etats en difficultés à s’en sortir, les organisations sous-régionales et régionales cherchent plutôt subtilement à les plonger. Cela a été le cas pour certains pays comme la Côte d’Ivoire et l’est, encore aujourd’hui, pour le Mali.

Une guerre sournoise de leadership et des économies cachée derrière les manœuvres diplomatiques pour résoudre une situation de crise majeure dans un pays donné semble dicter toutes les initiatives.

Ainsi, les difficultés censées être résolues sont plutôt accrues dans l’espoir, pour certains acteurs dans la résolution des crises, d’en tirer le maximum de dividendes économiques et politiques possibles soit pour rayonner à travers les problèmes africains soit pour récupérer une part importante de ce qui booste l’économie du pays dit pourtant frère.

Que gagnent politiquement et économiquement la Cédéao et l’Uémoa avec les sanctions prises contre le Mali ?

Politiquement, les sanctions renforcent les pouvoirs de la Cédéao et de l’Uémoa, accentuent leur centralité et cadrent bien avec la conception autoritariste du pouvoir de bien de chefs d’Etat d’Afrique de l’ouest.

Mais, il faut que l’on le sache : l’intransigeance affichée par les uns et les autres, non rendue publique à cause du secret des délibérations, n’est jamais gratuite. Elle est très intéressée avec l’espoir de gains politiques pour soi, pour faire bonne impression ou pour bénéficier du soutien requis le moment venu auprès d’un acteur tiers ou pour la préservation du statu quo de la démocratie acclimatée. Ces manœuvres font partie de la diplomatie de l’ombre. En la matière, l’Afrique n’innove pas ; les résolutions de crises étant l’occasion pour certains acteurs mondiaux d’obtenir des concessions ou des soutiens sur d’autres dossiers.

En infligeant ces lourdes sanctions au Mali, les chefs d’Etat de l’Uémoa et de la Cédéao cherchent à se prémunir des velléités putschistes qui semblent être devenues, pour certains peuples, l’alternative politique face à des pouvoirs politiques issus d’élections démocratiques mais qui basculent très vite dans l’autocratie.

 Dans les faits, un faiseur de coup d’Etat et un violeur de constitution sont du même acabit. Ceci relève du principe. Mais, l’un est accablé par la communauté internationale pendant que l’autre est félicité par cette même communauté internationale.

Si l’on veut que la démocratie vive et reste elle-même dans l’esprit et dans la lettre du mot, il va falloir aussi punir les violeurs de constitution. Des militaires sont devenus, malgré eux, des garants de la démocratie dans la conscience populaire comme l’est l’Etat profond dans certaines hyperpuissances.

Economiquement, que gagnent l’Uémoa et la Cédéao avec ces sanctions ?

Un détour vers l’histoire serait la meilleure réponse. Quelles ont été les effets des sanctions monétaires prises contre la Côte d’Ivoire en 2011 dans la lutte entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara pour le pouvoir ?

Elles ont fait s’écrouler l’économie de la Côte d’Ivoire qui était déjà mal en point et dont la relève n’a été assurée que par des crédits et des aides non gratuites qui enchaînent davantage le pays pour des générations et des générations.

Les pays de la Cédéao étant interconnectés et se ravitaillant chez les uns et chez les autres et exportant des biens par l’intermédiaire des uns et des autres, des sanctions prises contre l’un ont des répercussions désastreuses sur tous et sur le PIB de toute la sous-région. Comment peut-on ainsi accepter en toute conscience de se faire mal en faisant du mal à l’autre ? Quelle est cette logique ?

Même si quelques pays peuvent tirer profit momentanément d’une situation de crise dans un pays membre de ces espaces communautaires, le gain le plus substantiel revient au batteur de monnaie qui se réapproprie son espace d’influence et rend son économie dynamique au détriment des économies sous-régionales.

Finalement, au lieu d’aider à faire de l’Afrique de l’ouest un espace de puissance, la Cédéao et l’Uémoa l’aident à être un espace désintégré, affaibli, pour qu’une puissance extérieure y réaffirme sa puissance.

Le Moyen-Orient étant dorénavant sous contrôle, l’espace africain, dans le jeu des rivalités entre puissances, devient l’espace au cœur de tous les enjeux de puissance. Et, les décennies à venir l’attesteront. La Cédéao devrait le comprendre et en tirer le meilleur parti pour ses peuples, dans l’intérêt de ses peuples et non dans l’intérêt d’autres peuples, qu’ils soient déclinants ou en montée de puissance. Une Afrique unie forte pourrait faire courir un grand risque systémique pour ces peuples et tout est mis en œuvre pour maintenir sa balkanisation économique et politique, quitte à agir sous le seuil.

Beaucoup de question en suspens

Des sanctions déstabilisatrices sont prises au moment où le Mali fait face à une attaque de terroristes djihadistes et a besoin de la solidarité sous-régionale. Comment peut-on ainsi envoyer un malade au cimetière au lieu de l’envoyer à l’hôpital ?

Voilà ce que la Cédéao et l’Uémoa ont offert aux peuples d’Afrique de l’ouest et principalement au Mali. Au-delà des émotions suscitées par la question du terrorisme djihadiste, l’a-t-on suffisamment interrogée ?

La Cédéao doit se réapproprier la crise malienne et la menace djihadiste en poussant plus loin la réflexion stratégique et en accompagnant le peuple malien vers des élections générales dans un délai qui convienne à toutes les parties.

Comment un acteur sub-étatique d’orientation religieuse peut-il aspirer à devenir un acteur supra-étatique puis étatique. De quels moyens dispose-t-il ? Quelle est sa stratégie ? Quelles sont ses projections de puissance ? Quels sont ses soutiens ? Comment le contenir ? Ou, faut-il le contenir ou l’éliminer ? A quels prix (humains, économiques, politiques, diplomatiques, etc.) ?  Quel intérêt les djihadistes ont-ils à prendre pied au Sahel ? L’islamisation idéologique et politique qui est une récusation des valeurs occidentales est-elle le seul motif de leur engagement dans le Sahel ?

 Y aurait-il des états-parrains du terrorisme djihadiste ? Quel est leur intérêt à exporter le terrorisme en Afrique de l’ouest et pourquoi l’Afrique de l’ouest ? Ne fait-on pas face, sous l’influence du terrorisme djihadiste, à une recomposition-pérennisation de certains espaces de puissance ? Pourquoi l’Afrique de l’ouest fait-elle partie de ce que les spécialistes appellent « le ventre des crises », lequel s’étend de l’Asie centrale à l’Afrique ? Est-ce à cause de ses ressources ?

 L’Afrique de l’ouest est-elle au cœur d’une course à l’appropriation de ses ressources ? Que représente-t-elle dans l’économie mondiale aujourd’hui et qu’est-elle supposée représenter ultérieurement lorsque toutes les ressources cachées dans son sol auront été découvertes ? La crise au Mali n’est-elle pas une crise liée au contrôle du lithium, ce métal classé parmi les métaux critiques et au marché très sensible et grandement stratégique, indispensable aux batteries lithium-ion utilisées dans les voitures électriques et dans la fabrication de multiples composants électriques (smartphones, ordinateurs portables, etc.), au moment où le basculement à l’électrique est devenu un enjeu écologique mondial, une tendance générale dans l’automobile et que la demande mondiale de lithium, selon les données disponibles, est prévue pour exploser vers 2030 ?

De façon plus générale, le Mali n’est-il pas victime de ses ressources naturelles encore inexploitées mais déjà évaluées ? Selon les projections, le Mali, détenteur de la deuxième plus grande réserve prouvée de lithium en Afrique après la République démocratique du Congo (RDC), sera le premier producteur de ce métal précieux en 2023 en Afrique de l’Ouest.

La Namibie, le Ghana et la Côte d’Ivoire cherchent à entrer dans ce cercle restreint des pays producteurs de ce métal où se trouvent déjà le Zimbabwe et la RDC. Quels risques systémiques le Mali présente-t-il pour les équilibres régionaux et les intérêts géostratégiques et qui pourraient expliquer la situation présente ?

Voilà autant de questions d’orientations économiques, politiques, géopolitiques et géostratégiques que le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire » voudrait voir la Cédéao se poser et auxquelles des réponses appropriées sont attendues.

La posture punitive ne semble pas, pour le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire », la meilleure à tenir dans l’intérêt de l’Afrique dans la mesure où les sanctions prises sont des sanctions déstabilisantes pour la Cédéao elle-même et menace la sécurité et la stabilité de l’espace géopolitique Cédéao. Entre deux maux, il faut choisir le moindre. Mais il semble que la Cédéao a fait l’option du pire en apparence moindre : l’écroulement du Mali.

Ces sanctions visent à accélérer la désintégration du Mali plutôt que de la décélérer et, certains pays comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Burkina Faso ont décidé de se faire hara-kiri alors qu’ils peinent à atteindre l’équilibre budgétaire avec les ressources internes collectées et que leur indice de développement humain reste toujours faible.

Le diagnostic erroné du médecin : soigner les effets en oubliant de traiter la cause

La réflexion prospective dans l’intérêt des peuples africains semble absente dans les initiatives prises par la Cédéao ou bien elle l’est mais astucieusement exploitée dans la guerre économique que se livrent les Etats de la sous-région par organismes régionaux et sous-régionaux interposés.

La logique de l’immédiateté qui est de donner une belle leçon à ces faiseurs de coups d’Etat invétérés et de faire revenir le Mali à une posture de candeur dans un espace géopolitique apprécié comme le prolongement d’une souveraineté extraterritoriale extérieure, cette logique de l’immédiateté brouille la réflexion prospective.

L’embarras de la Cédéao face à la prolifération des coups d’Etat est bien réel. Il ne faut pas laisser prospérer les coups d’Etat. Cette logique se comprend. Mais, le mal doit être coupé à la racine. Les coups d’Etat naissent suite à un déficit de démocratie sous des pouvoirs démocratiquement élus. Voilà le problème.

Des chefs d’Etat, une fois élus s’acharnent à rendre la machine politique qui les a portés au pouvoir hyper-puissante dans l’intention d’écraser toute opposition et de s’éterniser au pouvoir par des modifications constitutionnelles des plus farfelues malheureusement soutenues et argumentées par des juristes constitutionnalistes et une partie du peuple. Ils positionnent leurs obligés comme juges des élections et caporalisent l’organe électoral pour s’assurer une victoire sans coup férir.

Parfois, par peur d’une compétition ouverte, loyale et équilibrée qui leur donne une marge de manœuvre limitée, ils utilisent des  arguties juridiques pour éliminer leurs adversaires les plus coriaces de sorte à se retrouver avec des menus fretins qu’ils battent triomphalement à plate couture. Voilà le mal de l’Afrique de l’ouest devant lequel la Cédéao observe la politique de l’autruche et un mutisme des plus assourdissants.

Souventes fois comme dans un passé lointain, des coups d’Etat sont suscités par des acteurs extérieurs qui estiment la gestion de certains états non conforme à leurs intérêts géopolitiques. Ces illégitimités-là sont acceptées, adoubées avec une compassion toute intéressée.

Comment faire face à ces acteurs extérieurs nocifs pour l’Afrique ? Il faut amenuiser leur pouvoir militaire avec des partenariats robustes non manipulables. Et, ça, c’est toute une question. La solution d’équilibre serait de sauver la démocratie et de garantir avec intelligence les intérêts de ces acteurs.

Malheureusement, ceux-ci, monopolistes, ne prospèrent pas en milieu démocratique africain et c’est tout un problème pour nos Etats. Certains chefs d’Etat qui l’ont compromis et font le choix de l’autocratie pour pérenniser leur pouvoir avec l’accord tacite de ces acteurs puissants.

Les Assimi Goïta, les Laurent Gbagbo, il y en aura comme il y a eu les Patrice Lumumba, Thomas Sankara et Jerry Rawlings. C’est une donnée à intégrer aux analyses prospectives face aux enjeux démocratiques et économiques de ce 21e siècle et dans le cadre d’une réflexion de l’intégration sous-régionale comme un projet de puissance.

C’est une hydre dont les têtes poussent de façon cyclique. Les solutions de l’immédiateté perdront de leur pouvoir et de leur intérêt quand les changements mondiaux en cours auront remplacé l’ancien monde. Le temps appartient au temps. Pour le moment, ce qui s’observe est une phase de transition comme la transition énergétique. Malheureusement, comme le début d’une grossesse, cette phase de transition plonge le monde dans une grande instabilité.

Le peuple malien : un peuple héroïque digne de Soundiata Kéita

Le peuple malien fait face à deux guerres pénibles qui demandent beaucoup d’endurance et d’intelligence : une guerre asymétrique avec les terroristes djihadistes et une guerre hybride d’usure qui peut combiner des actions diplomatiques, économiques, militaires et informationnelles pour manipuler l’opinion.

Les actions militaires de cette guerre hybride, quand elles ont lieu, sont des opérations interarmées qui impliquent des unités spéciales, des mercenaires, des terroristes et des manœuvres de désinformation à grande échelle. Les forces qui utilisent la logique hybride n’ont que faire des manifestations de rue qui sont très vite assimilées à du populisme mais restent utiles pour le moral des peuples.

Elles n’ont non plus cure des écrits enflammés qu’elles attribuent à des intellectuels égarés et manipulés par d’autres acteurs extérieurs pour minorer leur portée. La rationalité insensible est leur arme.

Face à ces forces, il faut faire preuve d’ingéniosité et d’habileté sinon elles finissent par vous avoir à l’usure puisqu’elles savent très bien s’adapter aux conditions du terrain et ajustent leur stratégie en fonction. Ce sont des maîtres de l’hybride et des spécialistes de la contre-révolution qui exploitent le ventre mou de toute révolution qui peut être des hommes, des institutions ou autres.

La force en attente : une opération sous faux drapeau ?

A ce niveau aussi, l’histoire éclaire le présent. La situation de belligérance en Côte d’Ivoire de 2010 à 2011 est la référence. Les rebelles ont été mis en avant mais le boulot a été fait par des forces étrangères opérant sous mandat onusien.

Mais avant, il a été pris soin de se garantir et de susciter des défections importantes qui ont eu l’effet de doucher le moral des troupes. L’on a vu des hauts gradés de l’armée jouer les braves, bomber la poitrine devant la foule surexcitée mais qui, dès le premier coup de feu, ont couru se réfugier dans des lieux tenus par des acteurs étrangers.

Les maliens ne devraient pas faire comme le pouvoir Gbagbo qui a vendu par la rumeur le soutien russe alors qu’aucun accord formel n’existait vraisemblablement avec la Fédération de Russie. La conséquence, il a été anéanti par la coalition Forces armées des Forces nouvelles (Fafn), Opération des Nations Unies pour la Côte d’Ivoire (Onuci) et Opération Licorne, dont la symbolique aseptique avait été minorée.

La rue n’a rien pu et l’on ne sait pas ce qu’il est advenu de ceux qui s’étaient constitués en bouclier humain pour protéger leur idole. Le schéma ivoirien a-t-il trouvé au Mali un nouveau terrain d’expression et de démultiplication ? La suite des événements nous le dira.

Si les autorités maliennes de la transition veulent aller jusqu’au bout de leur logique de confrontation, elles devraient au plus vite trouver une alternative à la question monétaire. L’argent est le nerf de la guerre dit-on. Elles doivent aussi observer les mouvements de toutes les forces présentes sur leur sol.

Pour intervenir, il faut un prétexte. Quand il n’existe pas, on le crée en se mettant en position de victime et en faisant porter la faute à l’acteur qu’on veut éliminer ou en prenant fait et cause pour une victime amie et l’emballement médiatique aidant, les condamnations fusent et, l’intervention a sa légitimité.

C’est connu en matière de guerre hybride. Cette logique n’est pas souhaitable parce qu’elle a besoin, pour la partie malienne, d’être soutenue par de fortes garanties sécuritaires comme celles que la Russie a accordées au pouvoir de Bachad El-Assad en Syrie.

A partir du moment où les négociations actuelles entre l’Otan et la Fédération de Russie viennent, dans l’impensé de leur échec, d’acter officiellement la déréglementation géopolitique du monde en défaveur des européens, les autorités maliennes peuvent invoquer cette inexistence de fait des zones d’influence pour justifier leurs actes de bravoure.

 Si cette première logique de la confrontation est intenable du point de vue tactique et stratégique, il reviendra, en toute logique, aux autorités transitoires maliennes d’entrer en négociation avec la Cédéao pour trouver un accord et un calendrier acceptables et justes pour toutes les parties afin d’éviter le sort du pouvoir Gbagbo.

Notre projet de règlement de la crise entre les autorités transitoires du Mali et la Cédéao.

A moins qu’il s’agit d’une ruse pour pousser certains acteurs extérieurs nocifs à la faute comme dans un jeu d’échec, le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire » estime que les autorités transitoires du Mali ont manqué de pédagogie vis-à-vis des chefs d’Etat de l’institution communautaire.

Les cinq ans proposés par les assises nationales de la refondation pour la durée de la transition correspondant à un mandat présidentiel constitutionnel ne pouvaient être acceptés. Ils auraient dû être présentés comme une base de travail modulable.

Considérant que l’emploi de la force militaire par la Cédéao et l’utilisation de l’institution monétaire commune à des fins géopolitiques et géostratégiques sont incompatibles avec les principes de fraternité, de bon voisinage, de relations mutuelles, de coopération et de sécurité dans l’espace ouest-africain ;

Considérant que l’usage de la monnaie commune comme arme de guerre est nuisible aux économies de la sous-région ;

Considérant que les sanctions économiques contre le Mali aggravent la situation économique de ce pays frère et nuisent aux autres économies de la sous-région ;

Considérant que certaines des sanctions prises sont de nature à aggraver la situation sociale et sanitaire dans un pays meurtri et risquent de fragiliser davantage et durablement les couches les plus défavorisées ;

Considérant que tout conflit armé avec les forces attentes de la Cédéao sera une menace pour la stabilité du Mali et de la sous-région et ne fera que favoriser une extension plus rapide du terrorisme en Afrique de l’ouest ;

Le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire » demande à l’Uémoa et à la Cédéao de sursoir aux sanctions économiques et financières prises contre le peuple frère du Mali.

Le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire » demande à la Cédéao de sursoir à toute action militaire susceptible d’affecter la sécurité du Mali et de toute la sous-région, du pain béni pour les mouvements terroristes djihadistes qui n’attendent que cela.

Le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire » demande à la Cédéao de garantir que ni les infrastructures militaires ni le territoire d’un pays tiers ne serviront pour des activités de déstabilisation des autorités transitoires.

Le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire » demande, enfin, aux autorités transitoires maliennes de renouer le dialogue avec la Cédéao et de coopérer avec elle pour l’établissement d’un chronogramme pour une transition raccourcie pour un retour à l’accalmie et à l’ordre constitutionnel.

  Fait à Abidjan, le 13 janvier 2022.

   * Président Pour « Les Démocrates de Côte d’Ivoire ».