Destruction du parc national du Banco, fierté de la Côte d’Ivoire: un ancien ministre crie au scandale.

Par Djeckou de sylva – Afrique Matin.Net 

Qui a autorisé la destruction de la forêt du Banco, s’interroge Alain Lobognon, ex-ministre de la Promotion de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs, Député à l’assemblée nationale? Pour ce natif de Fresco ville située au sud-Est de la Côte d’Ivoire à 202 km de la capitale économique Abidjan, il ne fait que relayer une information publiée sur les réseaux sociaux par un jeune ivoirien. Il énonce en ces termes : « Hier, j’ai vu la publication d’un jeune Ivoirien qui s’inquiétait de la destruction d’une partie de la forêt du Banco. Dans mon post, j’ai cité l’auteur de l’image et de l’information ». Il précise : « J’ai également vérifié l’information avant de la relayer. Il s’agit bel et bien d’une partie de la forêt du Banco », révèle notre défenseur de la nature avant de rappeler qu’en tant que ministre, il avait dénoncé la destruction continue de la forêt au profit d’une course effrénée au record de la production cacaoyère en Côte d’Ivoire : « Au sein du Gouvernement, j’ai milité pour une réduction des aires culturales de cacao. J’ai été mis en minorité. Mais je n’ai jamais renié ma position ». Il poursuit : « Avant-hier, en tant que simple citoyen ivoirien, j’ai dénoncé la déforestation à outrance dans le Sud-ouest où la politique étatique a consisté à classer les forêts devenues par la suite des aires de cultures de cacaoyers, de palmiers à huile et d’hévéa-culture ».

Pour notre ex-ministre qui croit en savoir davantage, il affirme avec force sur sa page Facebook : « Non, Bouygues, très attaché à la protection des espaces verts, ne peut s’évertuer à détruire une partie de la forêt du Banco pour un train dont le tracé est connu. Sur ce, il accuse : « Je tiens à rappeler aux ingénieurs encagoulés que l’étude d’impact environnemental pour la réalisation de ce projet a longtemps été faite au moment où je siégeais encore au Gouvernement.
A cette époque, le Conseil des Ministres avait également adopté une communication visant à faire reboiser plusieurs hectares de forêt indûment accordés à un promoteur immobilier. Bref. Dans tous les cas, j’ai toujours accusé ceux qui sont chargés de la protection de la forêt ivoirienne d’être les responsables de sa destruction », accuse l’élu du peuple.

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Destruction de la forêt ivoirienne, accusés, levez-vous !!!

Entre l’accusation de l’ex-ministre Alain Lobognon et l’écrivain défenseur acharné de la forêt, Georges Yao Koffi, il n’y a qu’un pas. L’écrivain, dans son ouvrage, paru chez Harmattan et intitulé « Destruction des forêts en Côte d’Ivoire : accusés, levez-vous », affirme avec force que c’est l’exploitation abusive des forêts classées et autres parcs, avec l’expansion de l’agriculture qui ont entraîné la baisse des forêts ivoiriennes. L’ex- ministre, de façon voilée, s’en prend aux gestionnaires de la forêt ivoirienne donc à la société de développement des forêts (Sodefor) et à l’Office ivoirien des parcs et Réserve (Oipr). A l’appel aux sachant de l’ex ministre, l’écrivain répond dans son ouvrage : «pour preuve 231 forêts classées en Côte d’Ivoire sont très dégradées aujourd’hui ». Et il poursuit : « Et si la situation reste en l’état, on risque d’assister à la disparition drastique de nos forêts qui donnent à manger à un plus grand nombre de populations. Parce-que celles-là vivent directement du travail de la terre », souligne-t-il. Yao Koffi en donnant les raisons qui militent en faveur de la sortie de cet ouvrage de 124 pages subdivisé en neuf chapitres, c’est selon lui un cri d’alarme face à la « destruction massive » de la forêt ivoirienne qui ne couvre plus que deux millions d’hectares aujourd’hui contre 16,5 millions en 1960. Des spécialistes élèvent de nouveaux la voix pour alerter l’opinion nationale et internationale sur une crise liée à l’écologie. Et ce, après les précédentes crises sociopolitiques : « En effet, les 231 forêts classées, les 8 parcs nationaux, les 30 réserves naturelles et les 15 réserves botaniques, mis à part, avant les indépendances et enregistrées pour la plupart au patrimoine mondiale de l’Unesco et à la Convention Ramsar, sont prises d’assaut, comme le fait un prédateur qui achève sa victime fragilisée, écrit Antoinette Koukougnon-Nogbou, Présidente du parti écologique « Conseil pour la Cohésion et la Justice.

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Des spécialistes qui comme on le constate, s’érigent en de véritables défenseurs de la forêt ivoirienne et sont prêts à assumer leur choix, malgré les menaces. C’est pourquoi affirme Alain Lobognon, «Vous êtes libres de m’insulter sous mes publications. Si chaque injure permet de renflouer vos comptes bancaires, n’hésitez pas! ». Comme on le constate, la Sodefor et l’Oipr avec à leur tête les ministères des Eaux et Forêts et de développement durable sont interpellés. Affaire à suivre.