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San-Pedro-Nina Shilo Dessé, Directrice de la Coopagli/« A cause du swollen shoot des producteurs se sont reconvertis »

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Interview réalisée par Haidmond Kaunan/afriquematin.net

A la faveur d’un séjour à San Pedro, nous avons rencontré l’une des responsables de coopérative. Mme Nina Shilo Dessé de la Coopagli dénonce le manque d’assistance de l’Etat à leur endroit, au vu des difficultés que des structures rencontrent dans le cadre de leur mission.

 Visiblement la campagne a été mauvaise dans la nouvelle boucle du cacao, notamment à San Pedro. La coopérative de référence que vous dirigez a-t-elle fait l’exception ?

Non, nous ne faisons pas l’exception. La société coopérative des agriculteurs de Gligbéadji (Coopagli) garde juste l’image d’une coopérative de référence ; mais elle souffre. Les résultats sont très mauvais. Sans les projets de certification, nous ne pouvons pas tenir.

Mais comment expliquez cette affirmation ?

Outre la  maigre marge bénéficiaire qui ne peut supporter nos nombreuses charges nous n’avons pas d’assistance en logistique, en engrais et phytosanitaires. Nos plantations et nos pistes sont mal traitées. A cela s’ajoute la maladie du swollen shoot qui est en train ravager nos plantations. Les producteurs n’ont de solutions que de transformer leurs vergers de cacaoyers en hévéaculture. Vivement que le Cnra trouve une solution au problème qui complique la situation.

Mais vous disiez  à l’instant que les coopératives doivent leur survie aux multinationales. Quel est leur apport face cette calamité ?

Les exportateurs sont des commerçants, donc des clients. Ils nous font des dictées  lorsqu’ils donnent leurs financements. S’ils te demandent d’acheter un vélo avec leur argent tu es obligé de le faire.

Quels sont donc les véritables problèmes auxquels sont confrontées actuellement les coopératives ?

A la base les producteurs  étant essentiellement des illettrés, ils n’ont  pas la compétence requise pour surmonter les épreuves. Ils sont souvent victimes de leur manque de compréhension des dossiers. Ils sont souvent pénalisés par des contrats mal exprimés. Nos partenaires exportateurs imposent des projets aux producteurs et ils n’ont aucune compétence pour  les comprendre. On a imposé un contrat d’assurance des planteurs à la coopérative. Le contrat n’a pas abouti, la coopérative n’en a pas bénéficié mais elle paye. Les exportateurs coupent leur argent à la source et  ils n’ont aucun moyen juridique pour s’opposer. On subit trop leur chantage….

Avez-vous saisi l’autorité de tutelle à travers le conseil du café et du cacao ?

… Le Conseil du café et  cacao lui-même a trop de problèmes qu’il n’arrive pas à résoudre. Il est dépassé, il lui est donc difficile de contrôler  la Côte d’Ivoire encore moins le cours mondial du cacao. Il s’est mis  dans un système qui ne lui permet pas de se mouvoir. C’est ce qui explique la lenteur dans la livraison. Il n’a pas  su qu’il faut équilibrer le prix avec le voisin pour éviter la fuite.

Quelles solutions préconisez-vous ? 

L’Etat doit trouver une  politique d’assistance aux producteurs et réduire conséquemment le désordre qu’il organise. Allez y poser des questions au directeur régional  du conseil de café et de cacao à San Pedro. Demandez- lui comment fonctionnent les coopératives et où  elles sont localisées. Il existe des coopératives qui n’ont pas de siège, des services   inexistants, mieux ils ne sont pas spécifiés.

Quelles sont vos perspectives en matière de politiques sociales 

Vous avez vous-même dit « coopérative de référence ».On a déjà fait notre preuve  avec la construction de centre de santé, des écoles…mais on envisage d’aller à l’exportation. Nous voulons conditionner et transformer avant d’exporter.

 

 

 

 

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