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Pdci-Rda/ Il est temps, grand temps, de se réveiller et 2030, c’est maintenant !

Par l’Honorable Kouamé Yao Séraphin*

Avec tout ce que le Pdci-Rda vient de traverser en 2025, le temps est peut-être venu de mettre de côté nos émotions, nos ressentiments, nos égocentrismes, pour regarder la réalité en face. Le retour au pouvoir du vieux-parti n’est qu’à ce prix. Cela demande de la rationalité, de l’humilité et surtout de la lucidité.

J’entends encore des gens dire que le Pdci-Rda est sur la bonne voie. Comme si nos errements constituaient la bonne stratégie pour reprendre le pouvoir ! Tout porte à croire que nous avons tout tellement bien fait qu’en continuant sur notre lancée, nous serons à coup sûr au pouvoir en 2030. Il est peut-être temps de se rappeler et de mesurer toute la portée d’une des citations favorites du Président Tidjane Thiam : « La folie, c’est de faire toujours la même chose en espérant un résultat différent », disait Albert Einstein.

À écouter ces adeptes de la politique de l’autruche, 2025 n’était qu’une question de malchance. On critique tout sauf ce qu’il faut. On continue d’indexer le « diable Rhdp », d’accuser la CEI et la Justice d’État, de se lamenter contre le Président Alassane Ouattara qui n’aurait pas dû rempiler, d’exciper la fraude et les moyens d’État utilisés par le parti au pouvoir pour justifier notre non-participation à la présidentielle et notre cuisante défaite aux législatives.

« Plutôt que de prendre conscience de l’opportunité que l’avènement de Tidjane Thiam nous offre et d’en tirer profit pour le Pdci-Rda en le portant au pouvoir, une bande malintentionnée préfère s’adonner à de petits calculs politiciens égoïstes dans un jeu de positionnement macabre ».

Notre canal favori, ce sont hélas les réseaux sociaux, lieu aujourd’hui privilégié d’expression de toutes les formes d’excitation et d’hallucination, lieu où des illuminés se croient investis du même pouvoir que des experts, sommités ou éminences grises. La citation populaire attribuée à l’écrivain italien Umberto Eco s’avère fort à propos :

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« Les réseaux sociaux ont donné le droit de parole à des légions d’imbéciles qui avant ne parlaient qu’au bar et ne causaient aucun tort à la collectivité. Aujourd’hui, ils ont le même droit de parole qu’un prix Nobel. » Certes, cette variable de l’extranéité est à prendre en compte et la lutte à ce niveau doit se poursuivre avec de meilleures méthodes et stratégie. Mais nous devons songer à faire notre mue, dresser un bilan véritablement objectif et opérer une réforme interne audacieuse. Oui, les causes exogènes sont importantes, mais la réalité du terrain montre que notre plus grand handicap est constitué par les causes endogènes.

Complotisme et déresponsabilisation : une impasse politique

À quoi nous ont mené nos arguments complotistes ? Quand allons-nous nous rendre compte que notre destin en tant que parti politique se trouve entre nos propres mains ? Les autres ne nous laisseront jamais le pouvoir sur un plateau d’or : c’est à nous de le gagner, et pour y parvenir, il est impérieux de nous remettre en cause.

Accuser l’État et le Rhdp avec de longs communiqués, des conférences de presse tapageuses et creuses, de longues déclarations d’érudits ou les meilleures analyses sur les plateaux-médias ne nous conduira jamais au pouvoir. Compter sur des alliances de dupes, pendant que les alliés mijotent notre éjection, ne fera que nous éloigner du pouvoir.

Est-il utile de faire le bilan du défunt groupement politique RHDP, du CNT, de la CAP-CI, du Front commun et du mort-né RID pour se rendre compte que nous nous sommes gravement égarés sur le chemin ?

Le retour des alliances : une tentation dangereuse ?

En ce moment même se développe une thèse incitant à la réactivation de notre ancienne alliance avec le Rhdp. Les porte-voix de cette vision n’ayant aucune légitimité, on peut se demander de qui ils tiennent leur mandat, qui en est le commanditaire. Évidemment, en politique, les alliances se font et se défont et, s’il apparaît réellement vital de s’allier avec un ancien allié, pourquoi pas ? Les instances statutaires, notamment le Bureau politique et le Congrès, en décideront, et le militant que je suis suivra.

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Mais se précipiter parce que nous nous sentons affaiblis sonnera le glas du parti.

Ce dont nous avons actuellement besoin, ce n’est ni de crier au loup ni de nous prostituer. Il nous faut nous réorganiser, nous réarmer politiquement en comptant sur nos forces et nos potentialités insuffisamment utilisées, en sachant transformer nos faiblesses en opportunités.

Un demi-siècle hors du pouvoir : une responsabilité à assumer

Manifestement, les autres nous ont fait du tort. Mais ils étaient dans leur logique pour nous évincer du pouvoir à leur propre profit. Et ce n’est que politique ! Peu importe que ce soit de bonne ou de mauvaise guerre. La réalité est que le pouvoir d’État nous échappe depuis un demi-siècle. Il ne revient pas aux autres, il ne revient pas à nos adversaires, nos sempiternels bourreaux, de veiller aux intérêts de notre parti, de porter le Pdci-Rda au pouvoir. C’est à nous, militants et militantes du Pdci-Rda qu’incombe ce devoir, cette mission, si tant est que nous voulons réellement le pouvoir. C’est notre responsabilité historique, et nous n’avons pas le droit de laisser quelques individus au dessein douteux nous en priver.

Tidjane Thiam : une chance historique sabotée de l’intérieur

Le paradoxe est que c’est au moment où le Parti est porté par la personnalité la plus charismatique de l’après BOG (Bédié – Ouattara – Gbagbo), sans doute le meilleur profil, la meilleure alternative de la nouvelle génération, que nos vieux démons nous enserrent le plus comme délations et calomnies, clientélisme et favoritisme, cupidité et avidité, égoïsme et méchanceté, en un mot de la sorcellerie.

Plutôt que de prendre conscience de l’opportunité que l’avènement de Tidjane Thiam nous offre et d’en tirer profit pour le Pdci-Rda en le portant au pouvoir, une bande malintentionnée préfère s’adonner à de petits calculs politiciens égoïstes dans un jeu de positionnement macabre. On l’a vu avec les choix fantaisistes ou téléguidés de certains comités électoraux locaux et du comité électoral central lors des candidatures à l’investiture du parti pour les législatives.

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Une analyse très profonde, une enquête même, doit être menée sur cette question d’une extrême gravité. Tomber de soixante-six (66 ) députés à trente-deux (32) n’est pas le fait du hasard, mais la somme des improvisations et des errements. Des amateurs ou novices en politique n’auraient pas fait pire. Il faut situer rapidement les responsabilités. Le raccourci de la faute collective est inopérant : tout le monde n’est pas coupable. Chacun doit assumer pour sa part.

Des dysfonctionnements graves : des questions sans réponses

Des gens ont pris des décisions qui nous ont conduits à ce désastre et doivent répondre. Comment les dossiers de candidats ont-ils été perdus ? Comment se fait-il que dans la deuxième plus grande ville du pays le parti n’a pas pu présenter de candidats ? Pourquoi des députés sortants -presque assurés de gagner-ont-ils été laissés de côté ? Sur quelle base le Comité électoral a-t-il opéré ses choix ? Où sont passées les cautions payées par les candidats ? Les réponses à ces questions ne peuvent être passées à pertes et profits.  Les responsabilités doivent être situées et les conséquences doivent en être tirées avec courage. En regardant de plus près, on peut se demander si certaines personnes dans le cercle de la décision, abonnées aux bévues mais toujours omniprésentes, ne sont pas en mission pour faire disparaître le Pdci-Rda !

L’heure d’un réveil brutal

Le problème, c’est qu’on refuse de regarder dans la bonne direction pour poser le bon diagnostic et trouver les solutions idoines. C’est ceux qui ont le courage d’affirmer leur point de vue qu’on accable, alors que la vraie vermine, toujours tapie dans les couloirs, continue son œuvre destructrice. Il est temps, grand temps, de se réveiller. Parce que 2030, c’est maintenant !

*Vice-Président du Pdci-Rda