Pdci-Rda/Des crises à répétition qui créent des conflits inutiles à n’en point finir

Une analyse de Kédjébo Kpandji*

 Pilier historique de la vie politique en Côte d’Ivoire, le Pdci-Rda semble aujourd’hui enlisé dans une succession de crises internes.

 Jadis symbole de stabilité sous Félix Houphouët-Boigny, le parti donne désormais l’image d’une formation fragilisée par des conflits récurrents, souvent qualifiés d’inutiles qui ne semblent jamais finir. Victime, en partie, de sa propre histoire, le parti s’est construit autour d’une figure forte et d’un pouvoir centralisé.

Après l’époque Félix Houphouët-Boigny, le modèle de leadership n’a pas été profondément réformé, les mécanismes internes sont restés rigides et la culture du consensus s’est affaiblie, d’où chaque transition devient une source potentielle de conflit.

Depuis le déclin politique puis la disparition de Henri Konan Bédié, une bataille silencieuse parfois ouverte pour le contrôle du parti s’est installée, avec des tensions qui ont porté sur la désignation du président du parti, le choix des candidats aux élections et le contrôle des structures locales. Cette lutte constante donne l’impression d’un parti en campagne interne permanente, au détriment de son projet politique.

 Et l’un des aspects les plus critiqués est la nature même des conflits, contrairement à des partis structurés autour d’idéologies claires, les crises du Pdci-Rda sont souvent personnalisées, basées sur des rivalités d’ego. Ce qui alimente la perception de crises “inutiles”, car elles n’aboutissent pas à une évolution politique concrète.

À force de se répéter, ces crises ont des conséquences profondes qui sont la perte de crédibilité auprès de l’opinion, la démobilisation des militants avec des départs de cadres vers d’autres formations. Chaque conflit affaiblit un peu plus la cohésion du parti, créant un cercle vicieux : plus le parti est affaibli, plus les tensions augmentent.

LIRE AUSSI :   Cacao ivoirien : la LIDOPA alerte sur les failles du mécanisme d’enlèvement des stocks

 Aussi, au sein de ce parti, deux visions s’opposent souvent, il y a ceux qui prônent des alliances stratégiques pour accéder au pouvoir et ceux qui défendent l’indépendance du parti, d’où des contestations internes, des fractures entre cadres, animées par des soupçons de trahison

  Autre facteur de crises à répétition réside également dans le rang des jeunes militants qui reprochent souvent le verrouillage des postes, le manque d’opportunités et surtout l’absence de réforme interne. Cette frustration alimente des tensions latentes qui éclatent régulièrement en crises ouvertes.

Qualifier donc ces crises d’inutiles n’est pas totalement faux, mais reste simpliste, car en réalité, elles traduisent une crise d’identité du parti. Elles sont donc à la fois inutiles dans leur forme, mais révélatrices dans leur fond. Le Pdci-Rda semble prisonnier d’un cycle de crises internes qui fragilisent son avenir.  Si rien ne change, ces crises risquent de continuer “à n’en point finir”. Mais elles pourraient aussi, si elles sont bien gérées, devenir une opportunité de transformation profonde.

*Militant observateur