Ouattara Gnonzié à propos des violences électorales : « C’est le gouvernement qui organise les élections en lieu et place de la CEI »

Par Jean Levry- Afriquematin

Au cours d’une rencontre avec le National Democratic Institut (NDI), au siège de son parti à Abidjan-Cocody ce mercredi 19 décembre 2018, le président du Rassemblement pour la Paix, le progrès et le partage (RPP), par ailleurs président de la Converge pour la démocratie et l’Etat de droit (CODE), une plateforme regroupant des partis politiques de l’opposition et des organisations de la société civile, a dénoncé le caractère dépendant de la Commission électorale indépendante (CEI). Pour lui, la commission est partisane contrairement à son statut et ses membres devraient avoir le courage de démissionner.

« La CEI est partiale parce qu’elle agit sous l’autorité du gouvernement. Les membres de la CEI s’ils étaient courageux, ils auraient dû démissionner depuis longtemps parce que la Commission n’est pas indépendante. Un exemple de la dépendance de la CEI nous été donné à Grand-Bassam. A une semaine de l’élection du 16 décembre dernier, tout ce que la Côte d’Ivoire compte comme autorités politiques, administratives et militaires, à l’exception du président de la République avaient pris siège à Bassam. Et pourtant, nous avez vu les violences qui s’y sont déroulées. Cela veut dire ce sont eux qui sont allés organiser les élections à Bassam en lieu et place de la CEI. », a-t-il souligné.

Selon Ouattara Gnonzié, « les ivoiriens ont peur après ce qu’ils ont vu à Port-Bouet et à Bassam. Ils se demandent comment seront les élections en 2020 et qui va organiser les élections en 2020. Qu’adviendra-t-il en 2020 lorsque les élections présidentielles vont avoir lieu ? »

Très critique à l’égard du pouvoir comme à son habitude, le leader du RPP a déploré l’absence de l’État de droit. « Ceux qui sont chargés de mettre en application les lois, ne les respectent pas… Personne n’applique les lois en Côte d’Ivoire. Ceux qui sont au pouvoir, quand les lois ne les arrangent pas, ils enjambent les lois et font ce qu’ils veulent. »,a-t-il martelé.

Son hôte du jour, Christopher FOMOUNYOH, représentant du NDI en Côte d’Ivoire, pour sa part s’est réjoui du fait que la réforme de la CEI soit au cœur de la préoccupation des acteurs politiques ivoiriens.

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« Nous sommes heureux que la performance de la CEI, l’organe chargé de l’organisation des élections fasse l’objet d’une attention particulière de la part des acteurs politiques parce qu’ils sont les acteurs principaux de la vie politique de la Côte d’Ivoire. (…) Evidemment, les questions concernant les performances de la CEI méritent attention et je pense que le consensus qui avait permis à la mise en place de la CEI au départ, devrait être revu si aujourd’hui ce consensus n’existe plus. Parce qu’il est important pour la Côte d’Ivoire, compte tenu des expériences du passé, que le pays puisse organiser les élections de 2020 dans les meilleures conditions possibles, c’est-à-dire dans la paix et la transparence. », a-t-il déclaré.

Le premier responsable de cet organisme américain  a réitéré l’engagement de sa structure à accompagner la Côte d’Ivoire dans l’amélioration du processus démocratique.

« Nous sommes toujours disponibles à mettre à la disposition des décideurs l’expertise du NDI, les expériences que nous avons recueillies dans d’autres pays qui ont été confronté aux mêmes défis et de travailler avec eux et avec l’ensemble de la classe politique pour voir quelle solution, quelles recommandations peuvent être adaptées au contexte ivoirien en vue de parfaire le processus démocratique en Côte d’Ivoire.  C’est en cela que nous allons continuer à œuvrer dans les années à venir en partenariat avec l’ensemble des partis politiques, les organisations de la société civile et avec les jeunes et les femmes pour que tout le monde se sente dans le processus de démocratisation en Côte d’Ivoire. », a fait savoir le diplomate.

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