Bouaké : Où sont passés les 17 démobilisés convoyés à Abidjan sous escorte militaire ?

Par Fatime Souamée-Afriquematin.net – Correspondante à Bouaké.

Ce lundi 18 décembre 2018, plusieurs démobilisés ont décidé de se faire entendre sur un fait qui leur semble être très étrange. Ils sont sans nouvelle de certains de leurs camarades de lutte qui ont quitté Bouaké le lundi 10 décembre dernier pour se rendre sur Abidjan sous une escorte de la gendarmerie. Depuis 10 jours, ils disent être sans nouvelles d’eux.

Répondant aux initiales de B A, un démobilisé très amer nous explique les circonstances de cette affaire qui trouble le sommeil de plus d’un à Bouaké. « Le lundi 10 décembre dernier, on a manifesté pour demander aux autorités de nous donner notre argent, car tout est consigné dans les accords de Ouaga. Ils nous ont octroyé le titre de caporal depuis 2005 et refusent de nous payer nos droits depuis cette date. Nous avions fermé les deux corridors quand le capitaine Traoré Karim, commandant à la gendarmerie, nous a demandé de nous rendre à la gendarmerie pour des échanges. Nous y sommes allés et avons échangé pendant près d’une heure de temps », a indiqué B.A. Il poursuit : « . .. Après un coup de fil passé, le même commandant nous informe que la hiérarchie militaire à Abidjan, nous demande d’y être avant 14 heures, et que c’est là-bas que les échanges vont se poursuivre. 17 personnes se sont portées volontaires pour nous représenter. Ils ont quitté le camp aux environs de 10 heures sous escorte de la gendarmerie.  Le même jour aux environs de 21 heures, nous sommes entrés en contact avec notre président Diakité Aboudou, qui nous a informés qu’ils ont croisé les organisations des droits de l’homme à leur arrivée et ont par la suite échangé avec le commandement supérieur de l’armée. Le lendemain 11 décembre, ils devaient croiser le ministre de la défense. Depuis cette date jusqu’à ce jour, nous n’avons plus de leurs nouvelles. Impossible de les joindre, leurs téléphones sont fermés », a expliqué B.A le cœur meurtri.

A Bouaké, l’on se demande où sont passés les 17 représentants des démobilisés. Sont-ils en prison ? Vivent-ils ? Pourquoi leur téléphone reste constamment fermé ? Autant de questions que parents amis et collaborateurs se posent et qui sont sans réponse. Personne ne sait où ils sont, ni ce qui leur est arrivé. Les parents et amis sont dans le désarroi. Les démarches entreprises vers le le capitaine Traoré Karim, commandant à la gendarmerie sont restés sans suite. « Personne ne nous donne d’information les concernant, silence plat de la hiérarchie militaire qui les a invités », insiste-il.

Une   situation qui plonge la ville de Bouaké dans une psychose. Les démobilisés menacent de passer par tous les moyens pour faire libérer leurs camarades qui selon eux, sont portés disparus. Une rumeur qui circule en ce moment dans la ville, fait état de l’arrestation de ces 17 démobilisés partis sur Abidjan. « Si les rumeurs qui font état de leur arrestation sont fondées, nous allons réagir pour nous faire entendre et ce ne sera pas bon», a conclu B.A. Pour l’heure, tout le monde retient son souffle, espérant qu’une solution soit trouvée très rapidement.

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