Mont Peko / Après le déguerpissement des clandestins : Voici ce qui reste du Parc national

Par Jean Levry (De retour de la région du Guémon) – Afriquematin

En mai 2013, Amadé Ourémi, le leader emblématique des « infiltrés » du parc national du mont Péko était arrêté. Le déguerpissement des clandestins qui occupaient, depuis la crise militaro-politique  de 2002, cette aire protégée s’effectuait non sans résistance. Six (6) ans plus tard, l’Etat ivoirien, à travers l’Office national des parcs et réserves (OIPR) s’attèle à préserver ce qui reste des 34 000 hectares de cette réserve forestière du Mont Peko. Un séjour, mi-juin 2019,  à Bléniméouin, village érigé en sous-préfecture et situé dans les environs du parc national, nous a permis de constater que les choses reviennent progressivement  à la normale. Tant bien que mal !

En cette matinée du lundi 16 juin 2019, le soleil se lève sur le village de Bléniméouin (région du Guémon, ouest de la Côte d’Ivoire). De notre position lointaine, nous contemplons cette merveille de la nature, au sommet fumant, le Mont Peko. Mais tout ne semble pas si « vert », vu de plus près.Mont Peko

 Ici, la simple évocation du mont Peko rappelle un fait : les infiltrés qui avaient colonisés ce parc national et qui y ont fait des plantations de cacao à perte de vue. Mais, le sujet est tabou. Personne n’ose, malgré le déguerpissement des clandestins, se prononcer sur cette affaire d’occupation illicite de la forêt classée qui a pendant longtemps défrayer la chronique. Partout, c’est la loi de l’omerta même au sein des populations.

Les dégâts sont énormes

Des plantations de cacao abandonnées remplacent désormais les grandes arbres de cette forêt autrefois dense et sombre même en plein jour. Ces grandes parcelles de cacao laissées à l’abandon après le déguerpissement sont visibles sur les flancs des montages. Malgré la surveillance accrue des agents de l’Opir, quelques « petits malins » tentent de rares incursions à l’intérieur du parc. Ces hors-la-loi qui réussissent à échapper au dispositif de surveillance, sont vite rattrapés et mis hors d’état de nuire.

En tout cas, à défaut de reboiser les parcelles de forêt détruites, il faut espérer que la nature fasse son travail pour la restauration de cette réserve forestière. Même si elle ne sera plus comme par le passé.

En dehors du cas alarmant du parc national du mont Peko, la vie dans la sous-préfecture de Bléniméouin et dans les autres villages aux alentours se déroule normalement. Les communautés autochtones et allogènes vivent en parfaite harmonie. Elles travaillent de concert pour l’organisation de la fête de l’indépendance, le 7 août, qui,  dit-on, sera célébrée avec faste  à Bléniméouin.

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