Mali/Les autorités gouvernementales montent le ton face aux intimidations de la France

Paris et Bamako ne s’entendent plus. Emmanuel Macron a qualifié jeudi de « honte » les accusations d' »abandon » du Mali par la France portées par le Premier ministre de transition Choguel Kokalla Maïga à la tribune de l’ONU. Le ministre de la Défense, le colonel Sadio Camara se prononce et revient sur cette affaire d’un accord, en cours de signature, entre le Mali et le Groupe Wagner, que certains appellent les « mercenaires ».  

Monsieur le ministre, comment vous est-il venue l’idée de faire appel au Groupe Wagner ?

Après mure réflexion, mes compagnons d’armes et moi sommes arrivés à la conclusion que le seul moyen de sauver notre pays, c’est de se tourner vers ce groupe. C’est ainsi qu’ils m’ont chargé, en tant que ministre de la Défense, de prendre attache avec le gouvernement russe…

Jusque-là, cette accord de coopération avec Wagner reste un secret. En avez-vous parlé  au peuple malien ? Et trouvez-vous cela normal ?

« Nous résisterons à toutes ses manigances, ses combines. Comme les pères de l’indépendance l’ont fait », selon le Ministre de la Défense, le Colonel le colonel Sadio Camara.

Nous entendons tout dire au peuple malien, parce que c’est pour lui que nous faisons tout cela. Sauf que, nous n’avons pas encore fini de régler les derniers détails avec mes amis russes. Dès que ce sera fait, nous expliquerons tout cela à nos concitoyens, qui ont entendu tout et n’importe quoi sur ce dossier.

Certains de nos compatriotes redoutent les conséquences de votre décision sur la France. Avez-vous pris des mesures dans ce sens, surtout quand on connaît sur les capacités de nuisance de ce pays ?

Je rassure nos compatriotes qu’il n’en sera rien, nous sommes aussi Maliens, de prendre des mesures de rétorsion contre la France. Nous résisterons à toutes ses manigances, ses combines. Comme les pères de l’indépendance l’ont fait. Comme le président Paul Kagamé l’a fait, lorsqu’il a décidé de prendre le destin du Rwanda sur ses frêles épaules, après le génocide de 1994. Comme nous sommes en train de le faire aujourd’hui, à notre tour, pour sauver notre pays.

Savez-vous que la France ne croit pas trop en votre détermination à faire venir les paramilitaires russes en lieu et place de Barkhane ?

Je crois plutôt que la France mesure, déjà, la gravité de la situation. Elle sait que le vin est tiré et qu’on va devoir le boire jusqu’à la lie.

Ah bon ?

Eh oui ! Jeunes officiers que nous sommes, la France voit en nous des novices en politique. Mais, elle sera surprise de notre volonté à changer les choses. Le réveil de la France sera brutal, tellement brutal, qu’il provoquera le vertige à l’Elysée.

A quand la signature de l’accord avec le Groupe Wagner ?

Rassurez-vous, elle se fera, bientôt, inchallah ! Mais je ne peux vous donner une date précise ; mais elle se fera, qu’il vente ou qu’il neige au Quai d’Orsay.

Est-ce vrai que deux avions de transport russe auraient déposé les forces spéciales maliennes à Mopti, la semaine dernière ?

D’où tenez-vous cette information ?

Ce sont les réseaux sociaux, qui le disent.

Je n’en sais rien !

Selon vous, les Russes auraient-ils déjà installé des appareils dans la région de Mopti ?

Cette information, aussi, vient des réseaux sociaux ?

Bien sûr !

Je n’en sais que dalle. Rien !

Selon certaines informations, la France vient de positionner ses avions militaires au Nord du pays pour tenter de convaincre les autorités maliennes de changer d’avis en sa faveur. Qu’en pensez-vous ?

Ce que nous demandons à la France, c’est de débarrasser le plancher. Rien de plus, rien de moins. Ce que nous disons à la France, c’est de partir. Surtout, après huit ans d’échec dans la lutte contre le terrorisme.

Marine Le Pen aurait demandé à Macron d’empêcher les Maliens de la diaspora d’envoyer de l’argent au pays pour faire pression sur les populations bénéficiaires. Qu’en dites-vous ?

Qui répondra à celle-là ? Elle ne sera jamais présidente de la République en France. Même moi, je suis plus éligible en France que Marine Le Pen. Vous connaissez l’adage, « tel père, telle fille » !

 Source : Canard déchaîné

N.B : le titre est de la rédaction

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