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Mali/Le porte-parole du M5-RFP atteste que le pays est envahi par les troupes françaises

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La force française Barkhane et la force Takuba, composée d’une quinzaine de pays européens, se retirent du Mali. L’annonce a été officialisée le jeudi dernier, après des mois de tension. Le porte-parole du M5-RFP, -Jeamille Bittar se réjouit du départ de l’armée française, dont il considère qu’elle ne cherchait pas à sécuriser le Mali mais à l’envahir, et plébiscite le nouvel allié russe… Il donne son avis sur la situation.

Jeamille Bittar que le départ des troupes française et européenne ’est une très bonne nouvelle, parce que c’était le souhait et le vœu de la population malienne.

 Le départ de la force française Barkhane et la force européenne Takuba du Mali est demandé par les autorités de ce pays. Est-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle ?

C’est une très bonne nouvelle, parce que c’était le souhait et le vœu de la population malienne. Mais ce n’est pas un sentiment anti-français, c’est surtout un sentiment antipolitique française. Le peuple français demeure un peuple ami, un peuple frère de la population malienne.

Ce départ n’a jamais été exigé ouvertement par Bamako, en dépit des paroles très dures qui ont pu être échangées ces derniers mois entre les dirigeants maliens et français. Ce départ était-il  souhaité, – ou bien, pensez-vous  qu’il a pris les autorités de court ?

Non, c’était souhaité, c’était prévisible, parce que l’atmosphère était polluée. Les forces françaises n’étaient pas là pour résoudre les questions de sécurité, mais pour des raisons inavouées et c’est ceci qui était mis pratiquement à jour.

Cette « raison inavouée », ce serait, comme l’a récemment déclaré le Premier ministre de transition Choguel Maïga, que la France et Takuba auraient eu pour projet de « diviser le Mali », de le couper en deux ?*

Le Premier ministre Choguel Maïga ne fait que relater et c’est la Voix des Sans Voix. En tout cas c’est le constat fait par le peuple malien.

Depuis 2013, l’intervention militaire française au Mali est-elle un échec ?

Carrément un échec, je l’ai dit à plusieurs reprises ! Et même au niveau de certains politiques français, ils ont eu à l’affirmer ces derniers jours, comme quoi c’est un échec. C’est un échec, parce qu’il n’y a pas de résultats. Vous savez, quand un système ne marche pas, on revoit le système – et ils l’ont revu – c’est ce qui a fait passer de Barkhane à Takuba. Maintenant, nous voyons que ce sont les mêmes résultats qui se pointent à l’horizon.

Mais Serval avait quand même libéré le nord du pays de l’occupation jihadiste. Pendant plus de dix mois, en 2012, les deux tiers du pays étaient administrés, occupés par Aqmi, Ansar Dine et le Mujao…

Excusez-moi… Kidal était devenue la cité interdite ! Mieux que cela, chacun d’entre nous comprend maintenant ce qui s’est passé réellement. Même, dire que la France avait été invitée à venir assurer cette sécurité terrestre, nous avons des preuves aujourd’hui comme quoi ce n’était pas le cas. Le Mali a été envahi par les troupes françaises.

Ce que vous n’avez pas pardonné à l’armée française, c’est le traitement à part de Kidal, le fait que les ex-rebelles indépendantistes aient été considérés comme des acteurs politiques – ils sont d’ailleurs signataires de l’accord de paix de 2015 – et pas comme des terroristes…

Mais c’est clair ! C’est clair… Quand on prend des armes… Et aujourd’hui, ces mêmes soi-disant rebelles du nord, reconnaissent carrément que la France a joué avec non seulement le pouvoir malien, mais également c’est eux qui ont pris les armes. Et aujourd’hui, la France continue à manipuler dans la sous-région, à se retirer du Mali pour essayer de s’installer pratiquement au Niger, en Côte d’Ivoire ou dans d’autres pays voisins… Mais c’est quand même compréhensible.

 Êtes-vous confiant dans le fait que l’armée malienne et son allié russe pourront faire mieux que Barkhane et Takuba ?*

Notre premier choix c’est que notre armée soit en mesure d’assurer la sécurité des Maliens. C’est cela le plus important. Maintenant, le choix des partenaires, que ce soit les Russes, que ce soit d’autres, nous estimons que l’essentiel pour nous, c’est qu’il y ait des résultats. Et ces résultats nous voulons que cela se fasse avec le respect des règles édictées non seulement par la Communauté internationale, mais également, qu’ils riment un peu avec nos mœurs et coutumes au Mali.

A ce sujet, Vladimir Poutine n’a pas démenti la présence de mercenaires russes au côté de l’armée malienne. Il a en revanche infirmé tout lien avec l’État russe. Des paroles qui contredisent la position officielle de Bamako. C’était il y a plus d’une semaine, les autorités ne devraient-elles pas clarifier la situation ?

Chacun s’exprime à sa manière. Et Poutine, pour lequel j’ai un grand respect, je dis que quelque part il s’est prononcé… Mais vous savez, la traduction du russe en français, moi-même je suis un ancien de l’Union soviétique, je sais comment cela se passe.

Tout de même, formateurs ou mercenaires, le nombre d’hommes, les objectifs, tout cela n’est pas connu des Maliens, alors que la Russie est à présent le principal partenaire sécuritaire du pays… n’est-ce pas un problème ?*

Vous savez, il y a des choses qui ne se disent pas et il y a des choses qui se disent et c’est pourquoi on parle souvent de secret-défense. Aujourd’hui, le sentiment national c’est qu’il y ait des résultats sur le terrain. Et quelque part, je dis que, Dieu merci, nous sommes en train, en tout cas, d’aller dans le bon sens.

 Ce que la France n’a pas réussi en neuf ans, dix ans, nous sommes en train de le réussir. Il faut un peu de temps, et c’est pourquoi, pour le délai de la transition, nous avions estimé qu’il fallait un peu plus de temps pour régler certaines questions de sécurité, avant que nous n’allions aux élections, aussi.

Source : rfi.fr

N.B : Le titre est de la rédactiuon-afriquematin.net

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