Libye : Haftar dit à Macron que les conditions d’un cessez-le-feu “ne sont pas réunies” (Élysée)

Le maréchal libyen Khalifa Haftar a déclaré mercredi à Paris à Emmanuel Macron que les conditions n‘étaient “pas réunies” pour un cessez-le-feu autour de Tripoli mais il a reconnu qu’une reprise d’un dialogue politique serait nécessaire pour sortir de la crise, a indiqué la présidence française à l’issue de la réunion.

Le président français Emmanuel Macron a pour sa part demandé à l’homme fort de l’Est de la Libye qu’une cessation des hostilités “intervienne le plus tôt possible”, selon la même source.

Mais, a reconnu le palais présidentiel de l‘Élysée, “la défiance entre les acteurs libyens est plus forte que jamais” et “on voit bien l’impasse entre le souhait de la communauté internationale pour une cessation des hostilités et la manière de voir du maréchal Haftar”. Ce dernier ne s’est pas exprimé à l’issue de la réunion, qui a duré un peu plus d’une heure.

Durant les échanges, en présence du ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, le maréchal a “longuement expliqué et justifié”, selon la présidence française, l’offensive militaire qu’il a lancée début avril sur Tripoli pour, a-t-il dit, lutter contre “les milices privées et les groupes radicaux” dont l’influence grandit dans la capitale.

Son autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL) fait cependant face à la résistance des forces du Gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu par la communauté internationale et basé dans la capitale.

510 morts dans des combats entre le GNA et l’ANL

Le maréchal Haftar a présenté à M. Macron la situation sur le terrain comme étant “en progrès et en dynamique”, en affirmant qu’il consolidait “progressivement ses positions”.

L‘Élysée a annoncé que la diplomatie française serait “très active dans les prochaines semaines” pour essayer de favoriser une solution, en maintenant “un dialogue constant” avec l’ONU, l’Italie, ancienne puissance coloniale, les autres capitales européennes, Washington et les acteurs régionaux, comme l‘Égypte. “Nous ne sommes pas naïfs” face à “une situation délicate et difficile à décrypter”, a-t-on précisé de même source.

Emmanuel Macron avait reçu le 8 mai le chef du GNA Fayez al-Sarraj, qui avait accusé la France de soutenir le maréchal Haftar, des critiques jugées “inacceptables et infondées” par Paris. Il lui avait alors réaffirmé son “soutien”.

Depuis le début de l’assaut des forces du maréchal Haftar le 4 avril, les combats ont fait 510 morts et 2.467 blessés, selon un bilan communiqué lundi par l’Organisation mondiale de la Santé.

L‘émissaire de l’ONU pour la Libye Ghassan Salamé a mis en garde mardi devant le Conseil de sécurité contre “le début d’une guerre longue et sanglante” qui “pourrait conduire à la division permanente du pays”.

AFP

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