La Chronique du V.P du PDCI-RDA Kobenan Tah Thomas/ FIF 2022. Leçons d’une saison politico-sportive.

La Chronique ‘’Les Actualités Politiques Ivoiriennes’’, numéro 30 du mercredi 27 Avril 2022 du vice-président du PDCI-RDA Kobenan Tah Thomas.

Bonjour chères concitoyennes et chers concitoyens.

Et vlan ! Les rideaux sont tombés sur une autre élection ivoirienne ; celle du président de la Fédération Ivoirienne de Football. Comme beaucoup d’autres élections … présidentielles en Côte d’Ivoire, celle qui a aidé à désigner le patron du football pour les 4 prochaines années a suscité beaucoup de passion, de débats et un grand intérêt du grand public ivoirien et même non ivoirien. Elle a finalement consacré la victoire de monsieur Yacine Idriss Diallo. Bravo au vainqueur qui est loin d’être un arriviste dans le milieu du foot ivoirien ! Mais le fait le plus marquant restera pour longtemps encore l’historique candidature et la défaite de la star Didier Drogba. Les passions sont encore vives. Les attentes du grand public auront été vaines. Mais à tort, puisque rarement, l’élection du président de la FIF aura suscité autant d’intérêt. C’est donc une première et j’invite nos concitoyens à en tirer les leçons politiques !

La toute première leçon porte sur le génie des candidats à avoir su porter l’attention de toute une nation sur cette élection. Sur ce point d’ailleurs, l’honneur revient au candidat Didier Drogba qui a mobilisé son monde, (et Dieu sait qu’il est vaste le monde de Didier Drogba !) et fédéré leurs désirs autour de son programme Renaissance. Sans une conviction personnelle, ils n’auraient pas pu, tous autant qu’ils sont, supporter une campagne d’une si longue haleine qui a d’ailleurs nécessité une révision, plus ou moins consensuelle, des conditions d’éligibilité. Toute une démarche de prévention des crises et conflits qui auraient pu naître de cette élection. Le monde du sport aura réussi l’exploit d’un dialogue apaisé là où la politique et ses thuriféraires usent habituellement d’exigences, d’intransigeances, d’inflexibilité, etc… Cette précaution de discuter les règles du jeu avant d’entamer le jeu est un point positif à mettre à l’actif des sportifs et au passif des politiciens ivoiriens.

La seconde leçon naît d’un constat simple. La colère et la déception des supporters de DD11 est à la hauteur du rejet du Programme Renaissance par présidents des clubs. C’est une offre concrète qui a séduit et fait rêver le grand public. Mais celle-ci est loin d’avoir recueilli l’adhésion des membres du collège électoral admis à voter le président de la FIF. Bien sûr, seuls les fins connaisseurs du football ivoirien et des arcanes de sa gestion sauront expliquer pourquoi le collège électoral n’a pas adhéré au programme de Drogba. Ce fait indique deux choses dans les réalités de la politique.

D’une part, certaines considérations qui ne sont pas toujours utiles guident les choix d’un électorat. A l’endroit du peuple ivoirien, c’est une grande leçon à apprendre. Appartenir au grand public sans détenir de voix n’est en rien un avantage dans une élection. Tout comme on peut appartenir au plus grand nombre, détenir une voix et le droit de l’exercer et être négligeant le jour du vote. aucun avantage non plus.

D’autre part, quand les seigneurs de notre classe politique auront pris la bonne habitude de nous embarquer dans des projets faisables, clairement expliqués, nous aurons tous atteint un autre niveau de maturité en démocratie. Il semble que Didier aura péché par son refus de sacrifier à certaines habitudes. Et c’est en grande partie ce qui explique l’amertume de ses partisans ! Comment exiger d’un candidat qui propose l’évolution d’une discipline sportive, de perpétuer des habitudes contreproductives qui compromettent les possibilités de résultats !

La troisième leçon à tirer de cette élection de la FIF, c’est bien sûr la possibilité de susciter un intérêt national autour des disciplines sportives. La campagne des candidats aura démontré la faiblesse du niveau des infrastructures. Le sport est une industrie qui rapporte gros aux pays qui savent l’organiser. Aujourd’hui, les feux de projecteur ont mis en lumière les possibilités d’une gestion fructueuse du football ivoirien. D’autres disciplines sportives en Côte d’Ivoire vivent les mêmes drames mais le grand public n’en saura rien tant que des Drogba ne s’invitent pas au chapitre de leur gestion. Muriel Ahouré et Ta Lou  Marie Josée s’entrainent ailleurs loin des pistes de l’athlétisme ivoirien. De nombreux autres champions sportifs ivoiriens sont bien obligés de vivre ailleurs pour avoir accès à des infrastructures propices à la préparation des compétitions internationales. Nous avons beaucoup plus à faire qu’à désavouer des Drogba.

Et puisque j’ose faire un parallèle entre cet épisode d’élection à la FIF et la politique ivoirienne, je voudrais pousser l’outrecuidance un peu plus loin ! Imaginons que Drogba ait gagné cette élection. Qu’il ait proposé une organisation efficace du football ivoirien et que l’équipe nationale ivoirienne remporte la CAN 2023 sous sa mandature, et qu’à l’instar d’un certain Georges Weah, DD11 ait eu l’idée de s’engager en politique, auréolé de ses dynamiques de victoires ! Hum.

Merci et à mercredi prochain.

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