Innovation, recherche scientifique: la révolte des femmes chercheurs 

Par Aka Jean Mari – Afrique Matin.Net 
Elles sont plus de 300 femmes ne représentant que 10% de la population des enseignants-chercheurs en Côte d’Ivoire. Pourtant, elles refusent de se faire phagocyter par leurs collègues de sexe masculin. Elles, ce sont les enseignantes-chercheurs membres de l’Association des Femmes Chercheurs de Côte d’Ivoire (AFC-CI) dirigée par Pr Kakou Yao Rita.
Rencontrée à son bureau  à la direction du Central régional des œuvres universitaires (CROU)  de l’université Félix Houphouët-Boigny,  cette directrice préoccupée à satisfaire les besoins de ses visiteurs, ainsi que ceux de ses collaborateurs, n’a pas fait de difficultés pour dévoiler l’ambition des femmes dans le monde de l’innovation et les challenges qu’elles comptent mener pour  ‘’voler la vedette’’ aux hommes dans  ce domaine.
Parcours et actions de l’AFC-CI
C’est en 1995 que cette association féminine  a vu le jour avec pour ambition de motiver et encourager les femmes  à s’intéresser à la recherche. En ce moment la représentativité du genre féminin au niveau de la recherche scientifique n’était que de 3%. La bataille pour relever ce taux n’a pas été facile, indique Pr Kakou Yao Rita surtout qu’en plus des difficultés liées à la recherche, les femmes doivent faire face aux problèmes de foyer, des enfants. Etant donné qu’au niveau de la recherche, les résultats souvent ne sont pas immédiats ou probants. Beaucoup d’enseignantes-chercheurs se découragent et préfèrent se consacrer à leur foyer.  Tous ces maux font que l’Association  avait vraiment du plomb dans l’ail et n’arrivait pas à connaître une ascension.
En 2010, sot 15 ans après, les femmes chercheurs vont tenter de donner un nouveau souffle à leur association  en organisant un séminaire qui fut une occasion pour celles-ci de présenter les résultats de leurs recherches. Cette rencontre fut une plate-forme pour  ces enseignantes-chercheurs de se dévoiler au grand public notamment à tous les acteurs du monde industriel intéressés aux innovations et aux fruits de la recherche scientifique.  Jugé satisfaisant, ce premier séminaire a été réitéré une seconde fois en 2014. Même si l’association féminine des enseignantes-chercheurs n’arrive pas à respecter le calendrier (de séminaires, colloques,…) qu’elle s’est imposée pour sa  formation ou son développement, elle espère toutefois organiser cette année à Daloa ses 3èmes assises sur la recherche scientifique.  Posant ainsi des petits pas, l’AFC-CI espère atteindre sa vitesse de croisière et réussir à réunir le maximum d’enseignantes-chercheurs et impacter le monde de l’innovation et de la recherche scientifique.   
 
La stratégie de l’AFC-CI
Née avec 3% de femmes chercheurs, l’AFC-CI dont la population a atteint aujourd’hui les 10% du monde de la recherche scientifique est en train de tisser sa toile d’araignée sur l’étendue du territoire national en ‘’pêchant’’ de nouveaux membres dans les universités publiques et grandes écoles  de la place.  Ainsi possibilité a été faite aux titulaires de Master dans différentes options d’intégrer l’association des femmes chercheurs. L’objectif, c’est d’encadrer ces dames titulaires de master  en vue de faciliter leurs travaux de recherche. L’AFC-CI n’a pas seulement pour objectif de ‘’ recruter’’ les enseignantes-chercheurs mais, de bien les former afin  en vue de faire d ‘elles les meilleures dans le domaine de la recherche scientifique en Côte d’Ivoire et dans la sous-région. Déjà, nombreuses  sont les enseignantes qui sont passées de Maîtres-assistants,  en maîtres de conférence, s’est réjoui la directrice du CROU. Qui a déjà remporté le Prix Scientifique Kwamé Nkrumah de l’Union africaine. C’est une récompense qui distingue les meilleurs travaux de recherche dans la sous-région.    
 
Difficultés et défis de l’AFC-CI
Les difficultés rencontrées par les femmes chercheurs sont quasiment les mêmes que rencontrent tous les chercheurs : travaux non-publiés, découverte parfois en inadéquation avec le monde de l’emploi, manque de moyens financiers. En ce qui concerne le financement de la recherche, le genre féminin peut pousser un ouf de soulagement car les autorités viennent de leur octroyer une aide à ce propos. Toutes les équipes de recherche au sein desquelles figureront les femmes pourront bénéficier de subvention  pour les travaux de recherche. Cette mesure a bien été saluée par la directrice du CROU. Selon elle, cela motivera plus les femmes à plus s’intéresser à la recherche en Côte d’Ivoire. Ainsi dans le domaine des découvertes, des inventions ou de la recherche scientifique l’on ne parlera pas seulement  des hommes, mais aussi des femmes. Car les femmes ont leur place dans ce domaine en Côte d’Ivoire et  elles doivent l’occuper, lance Pr Kakou Yao Rita.
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