Football/Pourquoi autant de haine contre Emerse Faé et le président Idriss Diallo

Une contribution de Kédjébo Kpandji/afriquematin.net

Depuis le sacre historique de la Côte d’Ivoire à la CAN 2023, un paradoxe intrigue de nombreux observateurs. Alors que les Éléphants ont remporté leur troisième titre continental, le sélectionneur Emerse Faé et le président de la Fédération Ivoirienne de Football (FIF), Idriss Diallo, restent régulièrement la cible de critiques virulentes sur les réseaux sociaux, dans les émissions sportives et au sein d’une partie de l’opinion publique.

L’élection d’Idriss Diallo à la présidence de la FIF en 2022 a profondément divisé le football ivoirien. Une partie importante des supporters soutenait la candidature de Didier Drogba, dont la défaite a laissé un sentiment d’injustice chez certains de ses partisans. Et depuis, chaque décision prise par Idriss Diallo est analysée à travers certains prismes. Pour certains supporters, le président de la FIF demeure le symbole d’un système qu’ils souhaitaient voir changer. Cette polarisation explique en partie pourquoi les critiques dépassent souvent le cadre purement sportif.

 Il y a aussi l’affaire Hervé Renard qui est une blessure jamais refermée, c’est probablement l’épisode qui a le plus marqué les esprits. Après la nomination d’Emerse Faé comme sélectionneur intérimaire, plusieurs médias ont révélé que la FIF avait parallèlement tenté (!) de convaincre Hervé Renard de revenir diriger les Éléphants pour la suite de la CAN. Même si cette démarche pouvait s’expliquer par la recherche d’une solution d’urgence, beaucoup y ont vu un manque total de confiance envers Emerse Faé. Lorsque ce dernier a finalement remporté le trophée, cette histoire a renforcé l’image d’un entraîneur qui avait dû réussir malgré des doutes.

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 Paradoxalement, le triomphe de ce trophée a aussi compliqué la situation du sélectionneur actuel des Eléphants, parce que victime de sa propre prouesse. Après une telle performance, chaque contre-performance est désormais comparée à cet immense succès et le moindre match nul ou la moindre défaite entraîne des critiques sur ses choix tactiques, sur ses compositions d’équipe sur certaines sélections de joueurs, et enfin sur son management. Dans un pays passionné de football, les attentes sont devenues immenses.

 Comme tous les sélectionneurs nationaux, il doit faire des choix difficiles, parce qu’à chaque liste publiée, certains supporters regrettent l’absence de joueurs qu’ils jugent méritants. Inversement, la présence de certains internationaux suscite régulièrement des interrogations. Ces débats, classiques dans toutes les grandes nations de football, alimentent les critiques contre le sélectionneur. Les supporters ne souhaitent plus seulement voir une équipe compétitive, mais plutôt une sélection dominante, séduisante et victorieuse à chaque sortie. Dans ce contexte, chaque résultat en dessous des espérances est vécu comme une déception.

Il convient également de rappeler qu’Emerse Faé reste l’entraîneur qui a conduit la Côte d’Ivoire à un troisième sacre africain, un exploit majeur dans l’histoire du football ivoirien. La défiance envers lui et Idriss Diallo s’explique par un mélange de facteurs sportifs, -, émotionnels et médiatiques. Les décisions prises avant et pendant la CAN, la communication de la FIF, les rivalités issues de l’élection fédérale et les attentes immenses des supporters ont contribué à installer un climat de tension permanent.

Cependant, il est aussi important de rappeler que le débat autour du football ivoirien est souvent passionné. Les critiques les plus visibles sur les réseaux sociaux ne reflètent pas nécessairement l’opinion de l’ensemble des supporters. Une partie importante du public continue de reconnaître les résultats obtenus, tout en demandant davantage de stabilité, de transparence et de performances pour les prochaines grandes échéances.

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