Yopougon/Des familles déguerpies continuent de chercher refuge

Par Iris Fabiola Yaëlle/afriquematin.net

En 2024, une opération de déguerpissement d’envergure a été menée dans les cités Eden et Pays-Bas, situées dans le quartier Gesco à Yopougon, l’une des communes les plus peuplées d’Abidjan. Cette intervention, menée, selon les autorités locales, visait à libérer des emprises considérées comme illégalement occupées.

Les victimes de ces déguerpissements ne demandent que réparation soit faite et que justice soit rendue.

Au terme du point de presse du 23 juin dernier tenu dans un établissement secondaire du quartier et animée par le collectif des victimes conduit par Rose Koné, l’opération s’est déroulée tôt le matin, prenant de nombreux habitants au dépourvu. Des témoignages recueillis sur place font état de ce que des familles entières, y compris des femmes enceintes, des personnes âgées et des enfants en bas âge, se sont retrouvées sans abri du jour au lendemain.

« Nous avons été réveillés par les engins et les cris. En quelques heures, tout ce que nous possédions était détruit ou emporté », raconte Aminata, mère de trois enfants, encore sous le choc deux ans après, qui continue de chercher refuge.

Pour la porte-parole des victimes et sinistrés, Rose Koné, l’opinion nationale et internationale a suivi l’immédiateté de ce drame, pourtant plus de deux après les faits, un constat amer s’impose, « ni le District autonome d’Abidjan, ni l’Etat central, ni la municipalité de Yopougon, ni la ministre de la Solidarité nationale n’ont apporté de suite concrète et digne de notre calvaire », a-t-elle déploré.  Ajoutant, par ailleurs que « nous ne demandons pas l’aumône, mais simplement que nos droits fondamentaux soient respectés. On ne détruit pas la maison de gens sans leur proposer une alternative », a-t-elle déclaré.

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