Exclusif: voici pourquoi Nathalie Yamb a été expulsée de Côte d’Ivoire

Nathalie Yamb, suisso-camerounaise, conseillère exécutive de Mamadou Koulibaly, Président du parti politique Lideret candidat aux élections présidentielles en Côte d’Ivoire en 2020, a été expulsée de ce même pays.

Nathalie Yamb défend l’Afrique contre « le nouveau colonialisme ». Au premier sommet Russie-Afrique de Sotchi du 22 octobre au 24 octobre 2019, l’activiste africaine avait dénoncé la France et «ses laquais» en Afrique dans un discours qui continue d’avoir un effet domino : « L’Afrique francophone est encore aujourd’hui sous le contrôle de la France ». En plus de son discours percutant contre la France, Nathalie Yamb avait répondu du tac au tac à un diplomate français qui venait de de lui reprocher son intervention. Depuis Sotchi, rien n’est plus comme avant pour cette figure du panafricanisme.

Mamadou Koulibaly a tweeté le 30 novembre « qu’une convocation… au motif inconnu mais urgent… a été déposée à Lider house par le chef des services des enquêtes générales de la Police pour Nathalie » et qu’elle « s’y rendra lundi », que « la police est informée » et « restons mobilisés ! ». Dans la matinée du 2 décembre, le président de Lider déclare « qu’elle a été probablement arrêtée pour trouble à l’ordre public » pour finalement être accompagnée par la police à l’aéroport d’Abidjan dans le but d’être expulsée en Suisse. Le 21 novembre dernier Nathalie Yamb publiait un dessin représentant Alassane Dramane Ouattara, le président de la Côte d’Ivoire comme un pantin dans les mains d’Emmanuel Macron en écrivant : « Après avoir assisté au sommet G20 Compact with Africa à Berlin, Alassane Dramane Ouattara est allé faire son rapport à son patron Emmanuel Macron, qui l’a informé qu’il reportait sa visite dans la colonie Côte d’Ivoire de quelques jours. Notre gasoil à Bouaké est donc décalé ». Sur le dessin, le président français, qui tient le président ivoirien comme une marionnette, dit : « Tout ce qui est à ton peuple est à moi. Tu le dépouilleras avec violence si nécessaire pour enrichir la France ! C’est compris ? ». Le président ivoirien répond : « Massa, je ferai ce qu’il te plaira pourvu que tu m’aimes. Je veux être ton préféré ».

Depuis Scotchi, la patriote africaine disait que son intervention a « profondément dérangé les officiels et médias françafricains ». Le 29 novembre Nathalie Yamb dénonçait sur Facebook le discours « colonialiste » de l’Africaine de naissance, Sibeth Ndiaye, la porte-parole du gouvernement français, sur le rôle de la mission Barkhane car « Si bête, Sibeth », comme Nathalie Yamb l’écrit, déclarait dans les média français qu’ avec « l’Opération Barkhane, la France a vocation à rester au Sahel. Elle est là où elle doit être, sinon le chaos s’installera ». Le 28 novembre 2017 Nathalie Yamb avait répondu au Tweet d’Emmanuel Macron qui invitait à restituer l’art africain, « aujourd’hui, nous sommes orphelins d’un imaginaire commun : le patrimoine africain ne peut pas être prisonnier de musées européens », par : « Nous vous offrons, pour les remplacer, les momies que vous maintenez au pouvoir en Afrique. Vous pourrez toujours les exposer dans vos musées ».

Le média Afrique sur 7 a repris de sa page Facebook le dialogue entre Nathalie Yamb et un officiel français à propos du FCFA qui a eu lieu à Sotchi. « Les arguments mis en avant par la nouvelle coqueluche du panafricanisme étaient tellement imparables qu’elle a fait repartir son interlocuteur la queue entre les jambes », écrit amusé Afrique sur 7.

« Juste après mon intervention à Sotchi, un représentant de l’ambassade de France a foncé vers moi, furieux, alors que j’étais encore sur le podium à m’entretenir avec toutes les personnes qui voulaient faire des photos et échanger avec moi.

Lui : Je trouve très injuste que vous indexiez seulement la France !

Moi : Vous avez mal écouté, je n’ai pas indexé seulement la France. J’ai dénoncé la France et ses laquais. Par ailleurs, si vous trouvez injuste qu’on vous indexe, alors vous devriez peut-être militer vigoureusement au sein de votre ministère pour que la France revoie sa politique en Afrique.

Lui : Le président Macron a dit qu’il n’était pas opposé à une réforme du franc cfa.

Moi : Vous utilisez le cfa en France ?

Lui : Non.

Moi : Et ça ne vous gêne pas que le président Macron ne s’oppose pas à ce qu’on réforme quelque chose qui n’est pas de votre ressort, d’après ce que vous dites ?

Lui : De toute façon, c’est faux de dire que la France a un droit de veto dans la gestion du franc cfa. C’est un mythe.

Moi : Je ne vais pas me fatiguer à aller chercher loin pour vous répondre. Vous venez de me dire que monsieur Macron ne s’opposait pas à une réforme du franc cfa. S’il n’a pas de droit de veto, pourquoi est-ce qu’on aurait besoin de son assentiment pour réformer le traité monétaire ? »

Pour avoir prononcé son discours contre la France à Sotchi, dénoncé sur les réseaux sociaux « le colonialisme français », Emmanuel Macron et « ses laquais » et la « soumission » du président de la Côte d’Ivoire à la France, Nathalie Yamb, qui est soutenue par le panafricaniste Kémi Séba a finalement été expulsée en Suisse lundi soir de Côte d’Ivoire. Les fervents défenseurs du panafricanisme y voient la main de Paris dans cette expulsion le jour de la cérémonie faite aux treize soldats français morts au Mali.

Source : http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=12

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