Entreprenariat féminin / Une jeune commerçante aux filles diplômées: « Réveillez-vous ! »

 

Réalisé par Nadège Kondo, afriquematin.net

Modestine Guillet est titulaire d’une Maîtrise en Sciences du Langage et de la Communication. En dépit de ces diplômes, elle s’est lancée, avec peu de moyens, dans l’achat bord-champ d’escargots qu’elle revend sur le marché abidjanais.  Cette passionnée de commerce incarne l’image de la femme battante. Dans cet entretien, la jeune femme évoque son “succes story” et dévoile ses ambitions.

Bonjour Modeste, dites-nous, comment avec tous vos diplômes (maitrise en Sciences du Langage et de la Communication) vous êtes devenue commerçante ? Qu’est-ce qui vous a motivé?

J’ai embrassé le métier de commerçante simplement parce j’aime le commerce. Pendant mes années universitaires, je commercialisais des vêtements, les lingettes pour femme et même des mets tels que la bouillie d’igname, des galettes etc… Vous savez, nous sommes aujourd’hui dans un monde où après de longues études, avec même un Background, on ne parvient pas à  obtenir de l’emploi. J’ai donc opté pour l’entreprenariat, être d’abord à mon propre compte et ensuite chercher à créer une entreprise à même d’employer d’autres jeunes ivoiriens.

Le commerce d’escargots est-il rentable ?

Oui, le commerce d’escargots est rentable. Avec un filet (sac) d’escargots qui nous revient à 35 000 Fcfa environs, nous le livrons aux  commerçantes à 60 000 Fcfa quand c’est la période. Mais en temps de rupture d’escargots, nous avons le filet mignon en brousse à  40 000 Fcfa que nous revendons à 70 000 Fcfa voire 80 000 Fcfa. Vous constatez que la marge bénéficiaire n’est pas mal. Tous ces détails pour dire que le commerce d’escargots nourrit bel et bien son homme.

Des difficultés, on l’imagine, il y en a forcément. Parlez-nous en.

Les difficultés sont nombreuses. C’est déjà un risque pour une femme d’aller seule dans des endroits parfois reculées pour chercher la marchandise. Il y a entre autres le risque de viol (Dieu merci, on n’a pas encore déploré ce genre de cas), d’agression avec les coupeurs de routes et surtout les moyens de transports (motos) qui restent toujours  dangereux. Mais, aucun métier n’est facile d’ailleurs.  La principale difficulté demeure le transport de la marchandise. Mon souhait est d’avoir d’une fourgonnette vu que j’ai le permis de conduire toutes catégories, pour l’acheminement de mes produits sur Abidjan. Je lance donc un appel aux bonnes volontés, plus particulièrement au ministère de la femme. Nous avons besoin d’aide, nous les femmes  qui exerçons dans ce genre de secteurs dit informels pour faire prospérer nos activités.

Quels sont vos projets pour l’avenir ?

Je souhaiterais dans l’avenir, Dieu voulant, m’acheter une fourgonnette avec laquelle j’irai en brousse et faire librement mes livraisons. Avec déjà mon portefeuille-clients, je réussirai mon pari.

Quels conseils pouvez-vous donner à un étudiant qui souhaiterait se lancer dans ce type de  commerce?

Je dirai simplement à mes amies et frères étudiants de ne jamais baisser les bras devant les obstacles. Peu importe le métier que  vous souhaiteriez embrasser, l’essentiel c’est d’avoir le courage, d’avoir confiance en soi et mettre Dieu au-devant. Il faut aussi avoir la pleine conviction qu’on peut réussir.

Un conseil particulier pour la jeune femme diplômée qui attend un emploi?

Je dirai simplement aux filles diplômées qui attendent un emploi de se réveiller, de se donner de la volonté car le disait Michel Churchill : « Là où se trouve une volonté, il se trouve un chemin ».

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