ads bas

Côte d’Ivoire / Revendication des mutins : Ça tire encore à Bouaké malgré l’accord avec Alassane Ouattara.

ads bas

Par Fatime Souamée – Afrique Matin.Net 

Depuis hier nuit, les ex-rebelles qui se disent ex-caporaux de l’armée ivoirienne démobilisés continuent de tirer à Bouaké.  Ils avaient le lundi 8 mai, bloqué les entrées Nord et Sud de de la ville de Bouaké à environ 400 kilomètres d’Abidjan, dans le centre de la Côte d’Ivoire. Une situation que déplorent plusieurs populations. « Nous ne comprenons plus rien. On dit qu’ils ont signé un accord avec le Président. On a vu ça à la télévision et malgré cela on attend encore des tirs », se plaint dame Kouadio Cécile une sexagénaire. « Je voulais aller à Bottro ce matin pour chercher des produits vivriers pour le marché mais avec ces gens, on ne sait jamais », renchérit Akissi Sophie.

Comme ces deux dames, les populations de Bouaké retiennent leur souffle. Et pourtant, ils ont bien regardé la cérémonie de présentation des excuses au Président Alassane Ouattara. « Nous regrettons nos actes et demandons pardon au Chef suprême des armées. Nous renonçons définitivement à toute revendication d’ordre financière (…), nous prenons l’engagement solennel de nous ranger et de nous mettre aux ordres de la République », a affirmé sergent Fofana, porte-parole des mutins pour cette situation créée par le contingent « 8400 ».

En retour le Chef de l’Etat a regretté l’acte des militaires : «J’ai été blessé par le comportement des soldats », a-t-il soutenu, avant de leur accorder le pardon. Il a affirmé « croire à la sincérité de leurs paroles » et s’est dit certain qu’ils seront désormais des « militaires exemplaires ».

Malgré cet accord, c’est un autre son de cloche à Bouaké. Selon des sources bien introduites au palais de la présidence, il y a un gros fossé entre ce qui est dit devant les écrans de la télévision et la réalité. Selon K.C, la source la plus crédible, est que le Chef de l’Etat refuse d’entendre raison. « Le Chef de l’Etat est ferme. Il dit qu’il ne paiera pas nos primes et aucune revendication ne sera satisfaite. Cette cérémonie à la présidence est en réalité une stratégie pour nous endormir. Rien de sérieux. C’est pourquoi, nous continuons de revendiquer jusqu’à ce que nous soyons satisfaits », nous révèle-t-il un bandeau rouge sur la tête, les yeux hagards. Notre interlocuteur semble être privé de sommeil pendant quelques jours. « Nous ne dormons pas, nous sommes prêts à aller jusqu’au bout insiste-il quand nous entendons des rafales. « Tu as vu, madame ce sont nos amis d’hier qui nous pourchassent. Ils n’ont même pas fait la guerre et aujourd’hui ils sont porte-parole : ça ne se passera pas comme ça », nous lance-t-il avant de rejoindre un autre groupe de mutins.

Au-delà de cet accord qui fait grand bruit dans les médias d’état, c’est véritablement une autre situation que les populations vivent à Bouaké. Est-ce les mutins qui tirent ou les gendarmes et militaires de l’armée régulière aux trousses des mutins ? Toujours est-il que la préfecture a été assiégée plus d’une fois. Les rumeurs d’attaque persistent si bien que les populations retiennent leur souffle.  Certains pensent à se ravitailler, quand d’autres se demandent comment avoir les moyens pour se ravitailler en vivre.

Notons que c’est la troisième cérémonie de pardon des mutins en moins de six mois. Pour beaucoup d’observateurs, la cérémonie de pardon n’est pas sincère et que la ville de Bouaké est désormais véritablement celle de la rébellion en Côte d’Ivoire.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.