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Burkina Faso/Le fils de « l’homme qui a arrêté le désert » poursuit l’œuvre du père

Paysan de son état, Yacouba Sawadogo avait transformé une parcelle de plus de quarante hectares en zone luxuriante grâce à des techniques agricoles ancestrales et au respect de l’écosystème.  Décédé en 2023, son fils Lookman poursuit désormais l’œuvre de celui qui fut appelé « l’homme qui a arrêté le désert ».  Voici l’histoire de cette transmission et de fidélité.  

Un arbre est tombé, mais la forêt continue de pousser. L’héritage de Yacouba Sawadogo, ou l’homme qui arrêta le désert, continue de fleurir deux ans après sa mort. Parmi ses vingt-sept (27) enfants, le 25ème est celui qui a pris le relais. Abreuvé à la source de son père et renforcé par une formation de deux ans à l’Ecole nationale des eaux et forêts, Lookman Sawadogo est le nouvel ange gardien du « Bangr Raaga », le marché du savoir, situé à Gourga à Ouahigouya.

Lookman Sawadogo veut continuer les projets de son défunt père.

Prendre une houe et la passer par-dessus son épaule comme son défunt père à l’époque, le chant intermittent des oiseaux brise le silence qui règne sur le bosquet qui s’étend sur quarante (40) hectares. Le pas agile, le pantalon jeans retroussé légèrement, le guide contourne les arbustes, alerte ses visiteurs pour qu’ils fassent attention aux arbres épineux.

Puis, devant une grande fosse qui s’étend sur plusieurs mètres, il marque un arrêt. Un projet inachevé de Yacouba Sawadogo, consacré prix Nobel alternatif 2018 et fait Champion de la terre 2020 par les Nations Unies. Devant des arbres, surtout en voie de disparition, il commente, avec un brin de fierté. C’est entre autres l’action salvatrice de ce bosquet qui permet de protéger des espèces presque disparues. Une sorte de dernier sanctuaire pour certaines des 60 espèces, dont une grande partie est médicinale.

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Mais le jeune homme le reconnaît, entretenir une forêt avec une renommée internationale n’est pas facile. Il rassure l’étendue des défis qui est un stimulant au quotidien. Ce d’autant plus qu’il s’est fait sa philosophie. En plus des connaissances acquises auprès de son pater, Lookman Sawadogo s’est inscrit à l’Ecole nationale des eaux et forêts. Pendant deux ans, entre 2015 et 2017, il a pu renforcer ses connaissances en agroforesterie. Outre le projet de terminer le creusage du trou, il  a dans un coin de sa tête l’idée de terminer ce qui tenait à cœur son père qui est de réaliser un forage pour alimenter le bouli.

En plus, mettre en place un petit zoo qui va regrouper un échantillon des animaux sauvages dont regorge la forêt. Sans compter la construction de dortoirs pour accueillir ceux qui voudraient passer plus de temps dans la forêt, pour se soigner avec les plantes, ou juste respirer l’air pur de Gourga.

 Source : studioyafa.org