Bouaké/ Réconciliation : Comme le pape Jean Paul II en 1983, un ancien mutilé de guerre de Korhogo veut rencontrer Fofié Kouakou.

 

Par Fatime Souamée-Afriquematin.net

La guerre imposée à la Côte d’Ivoire en 2002 a fait des victimes. A Korhogo, cette rébellion était dirigée par l’Ex-Commandant Fofié Kouakou. Aujourd’hui 17 ans après, un ancien mutilé veut rencontrer le soldat.

La rébellion imposée à la Nation Ivoirienne en 2002 a fait des victimes de tout genre. Il y a eu des disparus, des morts, des viols et des mutilés à vie pour ne citer que ces cas. Aujourd’hui 17 ans après ces tristes événements, nombreuses sont les victimes qui ont refait leur vie. Parmi elles, certaines trainent aujourd’hui des infirmités, des cicatrices indélébiles.  C’est le cas de notre hôte, reçu dans un maquis de la place. Nous lui attribuons les initiales de P.G. Il nous dit les raisons de cette rencontre avec Fofié Kouakou.

« Je ne voudrais pas me présenter comme un revanchard, mais comme un homme meurtri dans son fort intérieure qui veut aller à la paix, à la réconciliation vraie avec mon frère Fofié Kouakou », affirme-t-il dès l’entame de son récit. Il poursuit. « Fofié Kouakou sait mon histoire. Tant l’histoire de mon arrestation a secoué toute la ville de Korhogo. Il sait ce qui s’est passé quand j’ai été conduit à la Compagnie Territoriale de Korhogo (CTK). Un camp qui était sous le commandement de Fofié Kouakou, puis au camp blindé où j’ai été emprisonné ». Notre interlocuteur subitement perd la voix. Fixe l’horizon comme s’il revoyait encore les images de son arrestation. Il froisse son visage certainement pour exprimer les douleurs puis, quelques secondes après, il soupire profondément. A-t-il évacué les meurtrissures qu’il a subit ? Sans doute P. G, affirme : « C’est Dieu qui est fort. Sans lui, je ne serais plus de ce monde. Que son nom soit glorifié ». A ces mots, nous découvrons un léger sourire. Avec ce sourire est-ce à dire que vous avez pardonné, lui demandai-je ? « Oui un signe de pardon, de paix. Nous sommes tous des enfants de Dieu. Nous devons nous pardonner les uns les autres. Nul n’a raison sur l’un ou l’autre. Nous avons tous tord, nous avons tous raison. J’ai été mutilé à vie, d’autres ne sont plus de ce monde, mais nous devons aller à la vraie réconciliation pour une paix durable et pour sauver la Côte d’Ivoire », affirme-t-il la main sur le cœur.

Donnant la raison profonde de cette rencontre qu’il sollicite auprès de l’Ex- Commandant des FRCI, il poursuit : « Le 13 mai 1981, lors d’une audience, place Saint-Pierre, le pape Jean Paul II (ndlr 1978-2005) est atteint par trois balles tirées par Mehmet Ali Agça. Il est alors blessé au ventre, au coude droit et à l’index de la main gauche. Après de long mois, guéri, Le 27 décembre 1983, le Souverain pontife se rend à la prison de Rebibbia et accorde publiquement son pardon à son agresseur. Je ne suis ni Pape, ni une personne influente mais je voudrais rencontrer le Colonel Fofié Kouakou. Nous allons parler entant que frères et enfants de Dieu pour que cela serve aussi d’exemples. Notre pays la Côte d’Ivoire a besoin de cet acte à tous les niveaux. Pour ce faire, la rédaction d’Afruquematin.net est pour moi, le point de contact», a conclu celui que l’on peut nommer « le miraculé » tant son histoire est pathétique.

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